La sage-femme de Venise

L'ouvrage:
Venise, 1575.
Hannah Lévy est juive. Son mari, Isaac, est parti pour Malte, espérant faire fortune. Malheureusement, il a été capturé et réduit en esclavage. S'il veut revoir sa ville, il faut payer une rançon.
C'est alors que le comte di Padovani, un chrétien, vient chercher la jeune femme. Il a à tout prix besoin d'une sage-femme: sa femme va accoucher, et les choses se présentent mal. Il sait qu'Hannah est la plus compétente. Malgré l'interdiction de son rabbin, la jeune femme accepte de suivre le comte en échange de la somme qui paiera la rançon de son mari.

Critique:
Roberta Rich emporte son lecteur par-delà le temps, et l'immerge dans une société pas toujours facile à comprendre. Elle parsème son ouvrage de détails historiques quant à la vie et aux moeurs de l'époque. De plus, son style est à la fois fluide et relevé.
Je ne savais pas (j'avais oublié) que la religion avait un tel impact sur la vie de chacun, à l'époque. J'ai apprécié que l'auteur présente des personnages qui savent braver les préjugés et certaines règles iniques afin d'agir selon ce qu'il croient être le mieux. Malgré de fortes croyances, ils ne sont pas fanatiques, ils ont l'esprit critique.
N'allez pas croire qu'Hannah est parfaite. Au long du roman, elle évolue, se rend compte qu'elle a commis des erreurs. En outre, les événements la poussent à faire quelque chose dont elle ne se serait pas crue capable.
Hannah et Isaac sont atypiques. Ce sont eux et leurs pendants chrétiens (le comte et sa femme) qui illustrent le mieux cette idée d'ouverture d'esprit.
N'oublions pas Jessica qui ne fit peut-être pas toujours les choix les plus judicieux, mais qui tenta d'échapper au carcan, à la ligne de conduite qu'on lui avait tracée. Je n'ai pu que l'approuver lorsqu'elle met Hannah en face de ses responsabilités.

J'ai aimé la structure du roman. On voit Hannah et Isaac en alternance. Il y a parfois des jeux de miroirs quant à leurs situations, à leurs pensées, leurs aspirations... L'auteur a juste un peu «triché» avec le temps. Pendant une grande partie du roman, le lecteur croit quelque chose, car l'auteur le souhaite. Elle fourvoie le lecteur à dessein, ainsi, celui-ci imagine une chose... Je trouve ce procédé quelque peu déloyal. C'est le seul reproche que j'adresserai à ce roman, et étant donné que j'ai passé un excellent moment, ce désagrément est mineur.

L'intrigue est pleine d'aventures et de rebondissements. Certains événements arrivent comme à point nommé, mais je n'ai pas trouvé que c'était invraisemblable. Parfois, la vie fait ce genre de surprises, réserve ce genre de coïncidences, de rencontres fortuites et bénéfiques.
L'ambiance du roman me rappelle celle de «La rebelle», de Valeria Montaldi.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été offert par MA éditions par l'intermédiaire de l'agence de communication Gilles Paris.

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