Ce qui n'est pas écrit

L'ouvrage:
Carlos Mendoza et Carmen Maldonado sont divorcés. Ce week-end-là, Carlos va le passer avec son fils, Jorge. Chacun est anxieux quant à ce week-end. Parallèlement, Carlos remet un manuscrit à Carmen: il souhaite qu'elle le lise.

Critique:
Voilà un livre assez particulier. Les personnages sont pleins de rancoeur et d'égoïsme. Aucun n'est vraiment positif.
Carlos n'arrête pas de se dire sur tous les tons qu'il aime son fils, mais pendant les trois quarts du roman, il ne se met pas à sa place, lui fait des reproches pour des broutilles, voudrait le modeler à une image donnée sans tenir compte de son caractère. Il est persuadé de bien faire. Pour lui, Jorge a été trop couvé par sa mère, ce qui l'a transformé en pleureuse, et Carlos pense qu'il doit changer cela.
Il ne se remet en question qu'à la fin. Il évolue, mais après avoir fait beaucoup de dégâts.

Carmen n'est pas mieux! Elle se repasse les événements arrivés après son mariage puis son divorce, et à chaque fois, se répète qu'elle a bien fait. Même lorsqu'elle a été injuste envers Carlos, elle a bien fait parce que lui aussi avait été injuste... Elle ne se remet pas en question.
Ces deux personnages sont compliqués, butés, tourmentés, se fâchent à la moindre occasion... On n'a pas vraiment envie de les comprendre tant ils sont antipathiques.

Au milieu de cela, Jorge. S'il n'agit pas toujours comme il le faudrait, on le comprend davantage. Il se tait, tente de faire plaisir à ses parents, est agacé de tous les côtés... On comprend aisément qu'il finisse par se rebeller, s'éloigner, et perdre pieds.

Yolanda est trop facile à détester. Outre qu'elle est la caricature de la marâtre lorsqu'il s'agit de Jorge, je n'ai pas vraiment compris pourquoi elle avait attendu Carlos tout ce temps, si c'est, ensuite, pour être toujours acariâtre.

L'intrigue principale est agencée comme une énigme. La tension entre les personnages est palpable, et elle s'accroît lorsque Carmen ne parvient pas à joindre son fils. De plus, on se demande comment tout cela va se terminer.

Parallèlement, l'intrigue secondaire est celle contée par le roman de Carlos. Je n'ai pas aimé cette histoire. Les «bandits» sont caricaturaux, le langage est cru, l'intrigue est plus que classique. On me dira que c'est compréhensible, car c'est un premier roman, et en plus, il semblerait (si on se fie à ce que pense Carmen) que ce soit surtout destiné à passer des messages à son ex-femme. Celle-ci est d'ailleurs assez pénible à voir des indices partout, à tout interpréter... Ce jeu de pistes m'a davantage ennuyée que captivée.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Philippe Lachaud.
Ce livre m'a été offert par les éditions Métailié.

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