The Ivy Chronicles

Note: À ma connaissance, ce livre n'a pas été traduit en français.

L'ouvrage:
Ivy Ames est mariée et a deux filles. Elle fait un travail qu'elle n'aime pas, mais il lui permet de mener grand train de vie.
Un jour, l'un de ses collègues fait en sorte de prouver qu'on pourrait bien se passer d'elle, et Ivy se retrouve licenciée. Effondrée, elle rentre chez elle pour trouver son mari dans la baignoire avec Sassie, la femme du collègue traître. C'en est trop!
Ivy va devoir repartir de zéro.

Critique:
Au début, j'avais un peu peur que ce livre soit une insipide comédie sentimentale. Heureusement, malgré quelques aspects du genre, il a davantage de profondeur. Tout ce petit monde que nous décrit Ivy paraît terriblement artificiel. En effet, elle quitte un travail pour un autre où le faux-semblant, la poudre aux yeux, et les apparences sont rois. Les vraies valeurs sont prônées, mais elles sont, en fait, allègrement piétinées par tous. Tipper en est la plus belle illustration. Ivy elle-même doit composer avec ce qu'elle pense être bien et l'intérêt de ses clients.
Le principe même du nouveau travail d'Ivy est aberrant. Je ne pensais pas qu'on pouvait, dès le jardin d'enfants, courir après la meilleure école, et planifier ainsi la vie de son enfant... c'est vertigineux! C'est également écoeurant. Pourtant, je sais que Karen Quinn n'exagère pas, qu'elle dépeint la réalité d'un certain milieu. C'est en cela que ce livre, d'apparence légère, me semble plus creusé que les comédies auxquelles il ressemble un peu.
Quant aux clients d'Ivy, si certains sont un peu caricaturaux (comme Stu ou Omar), ils sont crédibles.

Si des événements sont quelque peu attendus, rien n'est gros ou mal amené.
Sassie est la «méchante» sans vraiment d'épaisseur. On attend bien sûr qu'elle soit anéantie sur place par des foudres vengeresses, après ce qu'elle fait à Ivy. La manière dont les choses finissent pour elle est inattendue, mais crédible. Et c'est moins cliché que si elle avait eu un retour de bâton plus classique ou trop extravagant.
Tout au long du roman, il y a quelques rebondissements qui conduisent à des choses un peu attendues, mais la façon de faire est assez à propos.

Ivy est intéressante parce qu'elle ne réagit pas comme le ferait une de ces petites dindes subitement privée de sa fortune. Il y a des moments où elle leur ressemble, surtout quand elle fait le compte de tout ce qu'elle dépense et de tout ce à quoi elle doit renoncer. Cependant, la manière dont elle fait face à son licenciement est crédible. Elle veut retrouver son train de vie d'antan, mais se comporte de manière responsable.
Quant aux hommes qui jalonnent sa nouvelle vie, là encore, j'ai été agréablement surprise, car si je m'attendais à certaines choses, la façon dont elles sont exposées fait qu'elles passent bien. Cela donne lieu à des scènes cocasses, comme celle de l'adolescent au portable, ou celle (teintée d'émotion) où Ivy se retrouve chantant, les pieds dans le plat de poisson de madame Gardoski.

L'auteur évite un écueil: celui de la meilleure amie traîtresse. Je n'ai pas franchement aimé Faith, mais c'est un personnage passe-partout. Elle joue assez bien son rôle de meilleure amie. À un moment, elle m'a fait rire en se plaignant des inconvénients qu'apportent sa grande richesse... À part ça, je l'ai trouvée un peu fade. Rien ne fait qu'elle se démarque.

Il y a quand même certains passages qui rappellent ces comédies dont je me défie. Je citerai entre autre ce qui se passe lorsqu'Ivy envoie sa candidature à un jeu de télé réalité (ce qui arrive est d'ailleurs bien plus amusant et inattendu que si elle avait été retenue), la façon dont Ivy est quelque peu vengée de ceux qui l'ont bafouée au travail, ce qui se passe lorsqu'Ivy découvre l'adultère, l'épisode George Clooney, et les cheveux teints de Stu.

Ivy et d'autres personnages évoluent, tirent certaines leçons de leurs expériences, deviennent plus responsables.
Ce livre est sympathique, il allie subtilement gravité et légèreté, et dépeint avec justesse un monde où il est parfois dur de rester intègre.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Julia Gibson pour les éditions Recorded Books.
Outre le fait que j'adore le naturel et la voix de Julia Gibson, j'ai bien ri quant à la voix qu'elle prend pour le personnage de Wendy. Par son jeu, elle renforce l'impression que je me fais des personnages. C'est une comédienne de grand talent.

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