Noir comme l'amour

L'ouvrage:
Frances Benedetto est infirmière. Son mari, Bobby, est policier.
Il arrive que Frances ait des avis qui ne plaisent pas à son mari, ou fasse quelque chose avec quoi il n'est pas d'accord. Dans ces cas-là, Bobby frappe sa femme.
Un jour, il la frappe plus violemment, il lui casse le nez. Ce jour-là, elle décide que c'en est trop, qu'elle n'en supportera pas plus. Elle prend son courage à deux mains, et s'enfuit, emmenant son fils, Robert.

Critique:
Ce livre nous brosse intelligemment le portrait d'une femme qui lutte pour s'en sortir. Frances nous explique pourquoi elle n'est pas partie plus tôt. Et même si on a tendance à dire qu'elle aurait dû s'enfuir avant, on comprend ses difficultés et ses raisons. Elle nous raconte également l'amour qu'elle éprouvait pour son mari. Cet amour compliquait encore sa situation. Tout cela montre avec finesse et subtilité que tout n'est pas simple. Bien sûr, on s'étonne que Frances ressente de l'amour pour celui dont elle a peur. Mais là encore, il faudra du temps pour qu'elle ouvre vraiment les yeux, et que son amour soit supplanté par la réalité.
Frances met aussi l'accent sur certains détails auxquels on doit penser lorsqu'on ne veut pas être retrouvé. J'avais déjà penser aux noms avec des initiales différentes, mais je n'avais jamais imaginé qu'il fallait également changer sa date de naissance. Effectivement, cela brouille les pistes.
Outre Frances, la romancière nous présente des personnages ayant tous leurs blessures, essayant de vivre avec, essayant de tirer le meilleur parti possible de la vie.

Le personnage de Mike peut paraître un peu cliché: très patient, très gentil, attentionné... C'est une perle. On devine assez vite qu'il sera celui qui montrera à Frances que les hommes ne sont pas tous comme son mari. Néanmoins, je ne me plaindrai pas du côté cliché de cela, car Anna Quindlen n'introduit pas Mike comme un cheveu sur la soupe, et plusieurs rebondissements nous font penser qu'il ne finira pas forcément par épouser Frances. Et puis, de temps en temps, un personnage de se genre fait plaisir.

La fin n'est pas toute rose, mais elle nous montre un personnage qui a avancé, qui désire reprendre le dessus. Elle doit vivre avec une plus grande blessure qu'avant, mais elle garde espoir. Ce que j'aime moins, c'est que la fin est ouverte. Nous devons décider: tel personnage finira-t-il par aller voir tel autre? Certains indices nous font croire que non, mais d'autres nous font espérer, tout comme Frances.

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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