Love may fail

L'ouvrage
Portia Kane surprend son mari en flagrant délit d'adultère. Après avoir envisagé de faire sauter la cervelle de l'infidèle, elle décide qu'il ne vaut pas des années de prison, et quitte la Floride pour retourner dans son village natal. C'est là qu'elle apprend le drame que vécut Nate Vernon, un professeur qui lui tint quelque peu lieu de père.

Critique:
Ce roman m'a plu. L'une de ses forces, c'est que l'auteur est parvenu à ce que je ne m'écrie pas que son histoire était trop grosse. Par exemple, lorsqu'on apprend l'identité de la personne avec qui Portia a fait le voyage depuis la Floride, on peut trouver cela énorme. Pourtant, je me suis dit: «Pourquoi pas?». On ne peut nier que ce genre de coïncidences arrive dans la vie. Ce qui, pour moi, est moins bien passé, c'est ce qu'on découvre sur Ken, vers la fin. L'auteur aurait peut-être dû moins exagérer le trait.

Si j'ai bien lu, ce roman est classé à «humour». Je ne comprends pas trop pourquoi... Y aurait-il des événements parodiques? Peut-être justement celui que je disais trouver exagéré, ou bien le fait qu'au moment où un des personnages va replonger dans la drogue, son téléphone sonne... Plutôt qu'un ouvrage humoristique, je préfère penser que c'est l'histoire de quelques personnages qui tentent de se débrouiller des aléas de la vie. J'espère, en tout cas, que l'auteur n'a pas souhaité être drôle lorsqu'il raconte ce que fait Albert Camus (le chien de Nate Vernon), car ça ne l'est absolument pas. C'est d'ailleurs une fausse note du roman, à mon avis. Peut-être que l'attitude de la mère de Portia doit paraître drôle, mais pour moi, elle ne l'est pas non plus... Rire d'elle serait s'en moquer. Les deux nones sont parfois amusantes, étant donné qu'elles se chamaillent «comme un vieux couple» (pour citer Portia) et qu'elles s'aiment beaucoup.

L'auteur décrit assez bien les surprises (bonnes ou mauvaises) que nous réserve la vie. En un instant, une personne heureuse et épanouie peut tout perdre, quelqu'un qui touche le fond peut apprendre une nouvelle qui lui redonnera espoir... Les chapitres s'enchaînent bien, on ne s'ennuie pas, l'auteur sort de nouvelles cartes de sa manche à mesure qu'on avance, et le tout se tient.

J'ai compris Nate Vernon. Je ne sais pas du tout comment j'aurais réagi à sa place. Je l'ai trouvé attachant. J'ai aussi bien aimé Chuk, qui fait de son mieux, tente de veiller sur tout le monde...
Quant à Portia, je l'ai appréciée jusqu'à un certain point. Après sa déconvenue maritale, elle se centre sur l'essentiel, souhaite vraiment aider Nate, et aller de l'avant. Lors des coups durs, elle s'occupe de Chuck et de Tommy avec amour et attention. Cependant, j'ai trouvé sa réaction disproportionnée lorsqu'une certaine chose ne tourne pas comme elle le souhaite. Il est normal qu'elle soit très déçue, mais elle savait qu'elle courait un risque. J'espère qu'à sa place, je n'aurais pas réagi comme ça... La toute fin me laisse quelque peu perplexe... Elle fait partie des éléments que je trouve un peu faciles et pas forcément crédibles. Pourtant, elle est sympathique.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cris Dukehart, Jim Meskimen, Lorna Raver, Tim Fannon, et Tonya Campos pour les éditions Harper Audio.

Je connais peu Cris Dukehart. J'ai apprécié son interprétation. Elle modifie beaucoup sa voix pour faire la mère de Portia, et ça passe très bien, même auprès de moi qui n'aime pas trop ça. D'une manière générale, son jeu me plaît.

Je ne connaissais ni Jim Meskimen, ni Tim Fannon. Je ne sais pas lequel fait Chuck et lequel fait Nate. J'ai apprécié leur jeu. Je les entendrai à nouveau avec plaisir.

Je ne connaissais pas du tout Tonya Campos, et ici, elle a un tout petit rôle. Je ne peux donc pas me prononcer. À première écoute, son jeu me plaît.

Je n'aime pas le jeu de Lorna Raver, parce que je le trouve affecté. Ici, j'ai été servie! Heureusement qu'elle lit peu de chapitres! Elle joue une personne âgée, et elle surjoue à outrance! Cela m'a été insupportable! Tous les clichés y passent: voix tremblotante et pleurnicharde, débit haché, élocution très lente... Je vais continuer de fuir les romans qu'elle lit seule!