Wakolda

L'ouvrage:
Argentine, années 60.
Alors qu'il fuit ceux qui le recherchent, Joseph rencontre une famille qui l'intéresse au plus haut point car l'un de ses membres (Lilith, âgée de douze ans), est naine. Quel plaisir ce serait pour Joseph de tenter certaines expériences sur elle! Il s'arrange alors pour s'attacher à la famille.

Critique:
Le nom de famille de Joseph n'est jamais écrit, mais outre que la quatrième de couverture le donne (ce qui, à mon avis, est une erreur, car c'est au lecteur de le trouver), tous les indices sont là. Lucia Puenzo a donc écrit un roman autour d'un personnage ayant existé, imaginant comment il évolue après la guerre. Pour moi, ce qu'elle décrit est très réaliste... et assez effrayant.

C'est ce personnage qui fait que l'ambiance du roman est oppressante. À partir de cela, la romancière tisse tout un réseau d'éléments qui rendent cette ambiance de plus en plus lourde. On sent le danger sourdre des pages, et on ne sait pas vraiment comment l'arrêter. Par exemple, la poupée, élément de jeu, censé inspirer de la joie, est pervertie. D'abord,il y a ce curieux échange fait au coeur de la nuit, échange dont Lilith et le lecteur pressentent qu'il sera néfaste. Ensuite, il y a l'utilisation que fera Joseph des poupées.

Au long du roman, je me suis demandé pourquoi Lilith, qui sentait confusément que Joseph était dangereux, acceptait certaines choses. Bien sûr, elle avait l'espoir de grandir... En outre, à la fin, elle agit d'une manière qui pourrait paraître incompréhensible. Pourtant, cela s'explique encore une fois par son espoir de grandir... Une phrase montrera que Lilith prendra la mesure de ce qu'elle a fait, mais bien plus tard.

Les personnages sont bien analysés. L'intrigue avance inexorablement vers un dénouement qu'on devine sombre, à l'image du reste. Pourtant, cette noirceur qui court au long du roman n'est pas perçue par ses protagonistes, hormis peut-être Lilith et Nora.
La fin m'a semblé un peu rapide. Pour moi, il reste des questions.

Éditeur: Stock.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Acheter « Wakolda » sur Amazon