Les tribulations d'une cuisinière anglaise

L'ouvrage:
Margaret Powell naît dans les années 1910. Elle souhaite être institutrice, mais sa famille ne peut pas lui payer les études. Après avoir fait plusieurs petits boulots, elle devient fille de cuisine. C'est ses années de fille de cuisine puis de cuisinière qu'elle racontera plusieurs décennies plus tard, dans ce livre.

Critique:
J'ai pris ce livre sans trop savoir à quoi m'attendre. Je me demandais comment l'auteur allait pouvoir rendre ce genre de récits intéressant. J'ai eu raison de tenter cet ouvrage: il m'a plu. D'abord, Margaret Powell plonge son auteur dans une ambiance particulière. Elle raconte comment c'était au début du siècle, surtout lorsqu'on était pauvre. Je me dis que certains devraient lire son livre juste pour ça: voir comme c'était à l'époque.

Outre un sens approprié du détail (l'auteur fait toujours des descriptions justes et jamais ennuyeuses), Margaret Powell a également une grande capacité d'observation et d'analyse. Voilà pourquoi son récit est intéressant. Elle décrit ceux chez qui elle travaille, tout en se demandant pourquoi les gens agissent comme ils le font. De plus, elle analyse ses sentiments, ses ambitions, etc. Elle souhaite sortir de sa condition, et pour cela, utilise les moyens qui sont à sa portée. Le lecteur comprendra très bien cette femme qui tente de s'en sortir comme elle peut. En outre, il n'est jamais question de manipulation ou de faux sentiments.

Elle travaille dans plusieurs maisons, et de ce fait, rencontre plusieurs types de personnalités. Elle insiste sur le clivage entre maîtres et domestiques. Même les patrons bien intentionnés voyaient les domestiques comme des rustres, ou du moins, les mettaient dans des catégories, puisqu'ils sont surpris que Margaret lise, se cultive, cherche à comprendre le monde et la société.
Margaret Powell met en relief des choses que nous aurions tendance à oublier parce que cette époque est de plus en plus lointaine: par exemple, une domestique devait toujours avoir une recommandation de son précédent employeur.

Au long du livre, la narratrice nous fait partager ses considérations sur certains points. Par exemple, elle assure que le pain et les gâteaux de son enfance étaient bien meilleurs que ceux de maintenant (du moins, ceux des années 60). Elle assure également que le surgelé, pour qui a connu le frais, est insipide, etc. Je suis tentée de la croire sur beaucoup de points.

Par ailleurs, certains passages sont cocasses: par exemple, le cours de cuisine où Margaret s'évanouit à cause de la saleté de l'endroit.

Un livre sympathique, qui permet que certaines pratiques, certaines façons d'être ne tombent pas dans l'oubli.

Éditeur: Payot.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour le GIAA

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