Avancer

L'ouvrage:
Marie-Laure (qui se fait appeler Victoria) vit avec Jean-Marc (qui se fait appeler Marc-Ange). Elle attend que quelque chose lui arrive, elle ne souhaite pas travailler. La vie du couple est rythmée par les visites du Petit (le fils de Marc-Ange), qui, à dix ans, raisonne comme un savant. Ajoutons à cela les Dupont qui vivent en bas de l'immeuble.

Critique:
L'une des forces de ce roman, c'est qu'il conte des événements ordinaires, voire tristes, de manière amusante. L'auteur détourne sans cesse le tragique d'une situation par ce biais. Entre la verve de Victoria, les raisonnements justes et argumentés du Petit, les répliques drôles, et le cocasse que l'on trouve dans certains cas, la romancière immerge son lecteur dans le rire. De ce fait, cette histoire banale est remarquée, on ne l'oubliera pas de si tôt. Des situations pourraient mettre mal à l'aise, par exemple, l'égoïsme flagrant de Marc-Ange qui se fiche complètement de ses enfants. C'est d'ailleurs peut-être une des raisons pour laquelle sa fille est si attardée. En tout cas, c'est le genre de situation qui devient tout de suite dramatique. Pas ici.
La paresse de Victoria est également une chose qu'on trouve dans notre société et qui est assez lourd et pénible. Ici, au lieu d'ennuyer, Victoria amuse. Bien sûr, j'ai eu envie de la frapper, mais le rire rattrape beaucoup de choses. Cette façon de faire fait qu'il peut y avoir plusieurs niveaux de lecture.

D'autre part, les personnages ne passent pas inaperçus. Qu'on les apprécie ou pas, on les remarque! Mon préféré reste le Petit qui, en plus de bien raisonner, de bien parler (même s'il y mêle un brin de prétention et de préciosité), est sympathique et généreux.
Sous la plume de Maria Pourchet, ces personnages superficiels, voire méprisables (pour certains), représentant bien un pan de notre société, acquièrent de l'épaisseur.

L'histoire est simple, et d'ailleurs, je me suis un peu ennuyée à un moment. Malgré la manière de s'exprimer de l'auteur, le tout devient poussif.

Éditeur: Gallimard.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Clély Ladini pour la Bibliothèque Braille Romande.
La lectrice a adopté un ton dynamique et enjoué (mais elle ne surjoue pas, n'en fait pas trop) pour interpréter ce roman. Je pense que c'est exactement ainsi qu'il fallait l'enregistrer.

Acheter « Avancer » sur Amazon