The fall of butterflies

L'ouvrage:
Willa Parker, seize ans, a vécu jusque-là avec son père dans un petit village d'Iowa. Au moment où elle commence son récit, elle est dans un train qui l'emmène à Chicago, car elle doit entrer dans un prestigieux lycée privé, Pembroke, où ne vont que les enfants du gratin de la société. Elle y a été admise, car sa mère (une économiste qui ne s'est jamais préoccupée de sa fille) a le bras long, et a décidé que Willa devait devenir sophistiquée.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Willa est très attachante: pleine de verve, dépourvue de mièvrerie, très lucide quant à ce qui l'entoure, elle attire la sympathie, d'autant qu'elle doit s'accommoder de la décision que sa mère a prise pour elle. Andrea Portes nous raconte l'espèce de parcours initiatique que traverse l'adolescente. Malgré certaines situations prévisibles, elle ne tombe pas dans le cliché, principalement grâce aux réactions de son héroïne. Celle-ci, aidée de son fort caractère, saura composer avec les embûches qu'elle rencontrera. Si j'ai désapprouvé certains de ses actes, je les ai toujours compris.

Parfois, Willa interpelle le lecteur, et lui dit: «Là, je sais ce que vous imaginez.» Cela m'a fait rire, d'autant que les pensées fleur bleue qu'elle me prêtait n'étaient pas du tout les miennes. J'étais donc ravie qu'elle dise, ensuite: «Eh bien, cela n'arrivera pas.»

Outre une narratrice dont la repartie et la finesse d'esprit plairont forcément, l'auteur parsème son roman de situations cocasses qui rendent le reste des événements un peu moins dur. Par exemple, l'histoire de la salle de bains hantée. À la fois étrange et drôle (pour qui ne la vit pas, car Willa me dirait certainement qu'elle n'a pas du tout ri), cette anecdote m'a divertie tout en me proposant un petit mystère.

Dès le début, je n'ai pas aimé Remy. J'ai compris la fascination qu'elle exerçait sur la narratrice, même si j'avais envie de lui dire: «Willa, tu vaux mieux que ça!». Il est logique que notre héroïne, esseulée, soit captivée par une fille pleine d'assurance qui daigne poser les yeux sur elle. Je ne peux pas trop parler de l'amitié entre les deux jeunes filles, mais elle est l'épicentre du parcours initiatique de Willa, et lui fera comprendre beaucoup de choses, notamment quant aux valeurs qu'elle souhaite avoir.

Récit dont la gravité est teintée de drôlerie, qui aborde intelligemment le thème de l'amitié, portrait d'une jeune fille à la fois forte et sensible, ce roman est à découvrir.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Harper Audio.

Cassandra Campbell fait partie des lecteurs dont j'aime beaucoup le jeu. Il fut un temps où je trouvais qu'elle était trop sobre, et où j'appréciais beaucoup moins ses lectures qu'aujourd'hui. Depuis quelques années, je suis ravie de lui avoir redonné sa chance, car je trouve qu'elle s'est renouvelée, et a introduit des subtilités toujours à propos dans ses interprétations. Ici, elle n'a pas démérité.

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