Auteur : Pilcher Rosamunde

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lundi, 7 septembre 2009

Les pêcheurs de coquillages, de Rosamunde Pilcher.

Les pêcheurs de coquillages

L'ouvrage:
Pénélope Killing vient d'avoir un infarctus. Ses enfants s'inquiètent pour sa santé. Nancy, sa fille aînée, souhaite qu'elle ait une dame de compagnie.

D'autre part, Nancy tombe, par hasard, sur l'annonce d'une vente aux enchères où on propose l'un des tableaux de son grand-père, Lawrence Stern. Elle apprend que ces toiles sont très prisées. Elle qui a des soucis d'argent, imagine déjà Pénélope vendant toutes les toiles ou esquisses de Lawrence Stern qu'elle possède, et partageant l'argent entre ses enfants.

Critique:
Rosamunde Pilcher prend le temps d'installer ses personnages, de nous dévoiler leurs pensées bonnes ou mauvaises, leurs craintes, leurs aspirations. Le roman est donc un peu lent, mais il n'y a pas de longueurs, on n'a pas envie de sauter des pages. Au contraire, ces longues descriptions de ce qui se passe dans la tête des personnages font qu'on se les approprie petit à petit, et qu'on a l'impression de les connaître, comme si on les côtoyait tous les jours.
En outre, l'auteur ne se cantonne pas à une tranche d'âge, comme c'est souvent le cas chez celles qui s'essaient à ce type de roman. Tout comme dans «September» (écrit après, mais que j'ai lu avant), on retrouve des sexagénaires, des personnes d'âge mûr, des jeunes adultes, des adolescents. La romancière arrive à nous faire ressentir pareillement les émotions de chacun d'entre eux. C'est une preuve de son talent: elle sait se glisser dans la peau de n'importe quel genre de personnages.

La plupart des personnages évoqués sont attachants. Il y a, bien sûr, des exceptions. Par exemple, Nancy est guindée, a énormément de préjugés, ce qui rend ses pensées et ses attentes superficielles. Son esprit est étriqué, ses aspirations sont égoïstes, elle ne voit que par le paraître et l'ostentation. Elle en devient presque caricaturale.
Noël aussi est assez méprisable. Sans être aussi détestable que Nancy, c'est, si on veut le résumer, un parasite. On le retrouvera d'ailleurs dans «September», où son caractère opportuniste est un peu moins marqué, et où, à la fin, il semble prendre certaines responsabilités. On dirait que Rosamunde Pilcher s'est jugée un peu sévère envers ce personnage, et a tenté de le racheter quelque peu aux yeux du lecteur dans «September».

Le roman est construit de moments du présent, et de retour en arrière: deux personnages se remémorent quelque chose, et le lecteur peut suivre leurs pensées, et donc tel pan de leur passé, ce qui permet de comprendre tel aspect de leur vie ou de leur personnalité.

J'ai tout de même deux reproches de taille à faire. Le premier renvoie à un préjugé de la société. Le personnage de Danus ne boit pas d'alcool. A chaque fois, les autres lui disent des choses du genre: «Ça ne te réussit pas?», ou «Tu es malade?». Pourquoi les gens ne peuvent-ils pas concevoir qu'on ne boive pas d'alcool parce qu'on n'aime pas ça! Pourquoi l'idée est-elle si ancrée dans la tête de chacun que quelqu'un qui ne boit pas a soit une maladie soit un problème avec l'alcool?! Cela m'insupporte au plus haut point, ressentant moi-même une grande aversion pour tout ce qui est alcoolisé. J'ai même eu droit à: «Tu bois pas d'alcool! Tu sais pas ce que tu perds.» Ben, je déteste ça, patate! Donc je perds rien!

Le deuxième reproche touchera plus de monde. Il semblerait que Rosamunde Pilcher ait eu envie de prolonger son roman, mais que son inspiration se soit quelque peu envolée. En effet, la raison pour laquelle Danus désire s'en aller, et quitter Antonia est peut-être valable, mais exposée de manière mélodramatique, avec un tas de mystères autour, des tonnes de précautions oratoires... On se croirait dans du Harlequin! Cela m'a presque dissuadé de finir le livre.

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Simonne Frenssen pour la Ligue Braille.

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jeudi, 25 août 2005

September, de Rosamunde Pilcher.

September L'ouvrage:
Nous sommes en Ecosse, dans le petit village de Strathcroy. Verena Steynton voudrait donner un grand bal, en septembre, pour les vingt-et-un ans de sa fille, Katy (Septembre est le mois des bals, en Ecosse.) Elle décide d'inviter tout le village, ainsi que les parents de certains qui sont partis , et habitent dans d'autres pays. Ce bal et les invitations envoyées par Verena vont causer certains remous inattendus. Elle va inviter Pandora Blair, la soeur d'Archi Balmerino, le châtelain. Il y a vingt ans que Pandora est partie. Adolescente, elle était assez délurée. Elle avait l'habitude qu'on ne lui refuse rien. Elle a voulu séduire une personne de trop... Elle a voulu forcer quelqu'un à lui donner quelque chose qu'il ne pouvait pas lui donner. Mais elle n'est pas la seule fautive dans l'histoire. Ce qui s'en est suivi engendra un malentendu qui durera vingt ans entre Archi et son meilleur ami. Pandora n'étant pas revenue depuis vingt ans, pourquoi va-t-elle décider de revenir, après réception de l'invitation de Verena?

Alexa Aird, la fille d'Edmund, est invitée, elle aussi. Alexa est une jeune fille timide et gauche, qui ne s'épanouit vraiment que dans son métier: préparer la cuisine pour des réceptions. Quelques mois avant le bal de Verena, elle fera une rencontre qui bouleversera sa vie.

Quant à Edmund et Virginia, c'est un couple très amoureux. Mais ils se font du mal, n'étant pas d'accord en ce qui concerne leur fils de huit ans, Henry. Edmund pense qu'il est assez grand pour entrer dans un pensionnat. Virginia pense qu'il a peut-être l'âge requis, mais qu'il n'est pas assez mature, trop effacé... Ils vont se déchirer à ce propos, et pendant cette dispute, Virginia découvrira quelque chose appartenant au passé d'Edmund...

Critique:
Les personnages que je présente dans le résumé ne sont pas les seuls. D'autres personnages jalonnent ce roman: Lucilla Blair (une jeune fille fraîche, que j'aime beaucoup), Violet Aird, Noël Killing, Lottie Carsters, Eddy Finhorn, Conrad Tucker... Ils auront tous un rôle plus ou moins important. Par exemple, Violet est une épaule, une confidente, une personne sage pour Alexa et Virginia. Grâce à Noël, Alexa va devenir un peu plus assurée, va découvrir l'amour.
C'est donc un roman plein de personnages, d'intrigues qui s'entrecroisent, de situations délicates... Nous allons voir évoluer tous ces gens de mai à septembre. Puis, le 16 septembre, ils se retrouvent tous au bal de Verena. Cette soirée, et le pique-nique de Violet, seront des moments de dénouement pour tous les personnages... Petit à petit, nous découvrons les secrets, les blessures, les failles de chacun. Le roman est très long. Je le trouve bien construit, et les découvertes que nous faisons ne sont pas tirées par les cheveux. En outre, malgré sa longueur, il ne traîne pas. Il s'attarde sur tel ou tel personnage, nous montrant bien sa psychologie, ses buts.

A la fin, les personnages ont évolué. Et même si on ne peut pas être tout à fait satisfait à cause d'un événement qui, de toute façon, aurait eu lieu, c'est une bonne fin. Les personnages ont compris des choses sur eux-mêmes, sur les autres, sur la nécessité de mieux communiquer entre eux.

Et les personnages sont attachants. Alexa, la jeune fille timide, un peu boulotte, introvertie, effacée, qui adore son métier, et à qui certaines jeunes filles pourraient s'identifier. Virginia, qui avait énormément de succès auprès des hommes, et qui est la femme d'un seul homme. Archi qui a du mal à vivre avec ses souvenirs de guerre. Isabel, la parfaite femme au foyer, qui est très patiente, très douce. Lucilla, l'aventurière au coeur tendre. Pandora, belle, mystérieuse, ayant fait les quatre-cent coups...

D'autre part, Rosamunde Pilcher nous plonge dans la campagne écossaise. L'univers qu'elle nous décrit nous attire, nous enchante: plats locaux, coutumes, fêtes locales, danses du coin... Tout cela donne envie d'aller en Ecosse, dans ce petit village.

Il y a eu un film ou un téléfilm avec Jacqueline Bisset, adapté de ce roman. Il ne porte pas le même titre, ce qui est dommage, car si on cherche à voir un film qui s'appelle "September", on peut toujours chercher, et on peut rater "Le dernier automne", ne sachant pas que c'est le titre du film adapté de "September". En tout cas, c'est ce qui a fait que je l'ai moi-même raté, il y a longtemps. Je n'ai vu que la fin, parce que je venais de raconter "September" à une amie qui m'a appelée et m'a dit qu'elle venait d'en voir un bout à la télé. Maintenant que je connais le titre, je guette le prochain passage du film (cela a peut-être déjà eu lieu, étant donné que je ne suis pas assez vigilante avec le programme télé), parce que j'aimerais savoir si le livre qui m'a tant plu est bien adapté.
En outre, "Le dernier automne" est un titre inexact. S'ils ne voulaient pas garder "September", ils n'avaient qu'à l'appeler "Le dernier été", le livre se déroulant de mai à septembre.

Je suis très enthousiaste par rapport à ce livre, mais peut-être ne suis-je pas totalement objective. C'est une des premières sagas que j'ai lues.

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Laurence Gargantini pour la Bibliothèque Braille Romande.

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