Auteur : Patterson james

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lundi, 23 janvier 2012

Garde rapprochée, de James Patterson.

Garde rapprochée

L'ouvrage:
Ned Kelly vient de rencontrer Tess avec qui il file le parfait amour. Son bonheur sera bientôt complet: son cousin, ses amis et lui vont cambrioler une riche villa: ils vont y voler des tableaux valant plusieurs millions. Cette opération a été commanditée à la petite bande par un certain Gachet.
Mais le cambriolage tourne mal: les tableaux ont déjà disparu. Les cadavres s'accumulent autour de Ned qui devient le suspect numéro 1.

Critique:
Le livre avance à un rythme effréné. Cela aide à faire passer des ficelles pas toujours subtiles.
D'abord, à partir du moment où le lecteur sait qui est le «vrai méchant» de l'histoire, il y a quelques lenteurs. Les actions s'enchaînent, ce qui gomme un peu ces lenteurs, mais on n'a plus vraiment de révélations. Tout est concentré sur l'action. C'est d'ailleurs, je pense, ce qu'a voulu l'auteur. Il fallait bien qu'il détourne l'attention du lecteur, puisqu'il lui avait révélé le nom du «méchant».

Parmi les péripéties de ce roman qui se déroule à 100 à l'heure, je retiendrai la course-poursuite: moto essayant de distancer quatre quatre. C'est épique, loufoque, mais également inquiétant. Cette scène est très bonne, car l'auteur y dose tous ces ingrédients de manière habile.
Cette rapidité d'action est renforcée par les courts chapitres qui donnent l'impression d'aller vite. Cependant, ce n'est pas le premier roman de cet auteurs où les chapitres sont courts: ils ne servent donc pas forcément une action rapide.

À part cela, l'histoire est assez légère. Les personnages ne sont pas vraiment épais. La sympathie du lecteur ira naturellement vers Ned qui a l'air un peu naïf, et à qui on a envie de donner sa chance. On appréciera également ceux qui l'aident parce qu'ils l'aident, mais ils ne se démarquent pas vraiment. Elie réfléchit davantage que certains autres, donc elle paraît plus creusée, mais il fallait ce genre de personnage à l'auteur pour bâtir son intrigue.
Joff fait rire le lecteur, mais seul ce trait le caractérise.
Quant au «méchant», il est manichéen.
Les rebondissements sont assez prévisibles, ou du moins, n'engendrent pas une véritable surprise.
Pour une fois, je ne me plaindrai pas de l'histoire d'amour. Elle arrive vite, mais elle est à l'image du roman. Et puis, dans ce contexte d'extrême tension, elle peut s'expliquer.

Il faut lire ce roman avec l'idée qu'on va se détendre, qu'on n'a pas besoin de réfléchir, et en gardant à l'esprit qu'il ne faudra pas trop en exiger.

Éditeur: l'Archipel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Nicole Olivet pour l'association Valentin Haüy.
La lectrice a une voix sympathique et un ton dynamique.

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lundi, 2 janvier 2012

On t'aura prévenue, de James Patterson.

On t'aura prévenue

L'ouvrage:
En passant devant l'hôtel Falcon, Christine s'arrête. Des badauds sont attroupés. On est en train de sortir quatre cadavres de l'hôtel. Voulant devenir photographe, et profitant de la moindre occasion, elle dégaine son Leika. Au moment où elle voit le quatrième corps, la jeune femme voit la housse qui l'enveloppe se soulever, et une main en sortir. Elle donne l'alarme... et s'éveille. Outre le cauchemar qui l'effraie, elle enrage, car apparemment, un voisin a mis la radio très fort, et une chanson se déverse de manière insistante dans ses oreilles.
C'est en allant travailler (n'étant pas encore photographe, elle gagne sa vie en étant nounou), que Christine passe devant le Falcon, et se retrouve face à son rêve. Excepté que tout ne se passe pas comme dans le cauchemar.

Critique:
Une fois qu'on a achevé ce roman, on se dit que c'était une histoire banale. C'est vrai. C'est justement ce qui fait que j'admire James Patterson, du moins dans le cas de ce roman. Il a fait de quelque chose d'ordinaire une histoire de suspense. J'avoue que malgré la «simplicité» de l'intrigue, j'ai été perdue pendant un bon moment. C'est ce qui compte! À mesure de l'avancée du livre, j'ai entrevu ce qui se passerait, mais je ne savais pas trop comment cela pourrait arriver. Au final, je n'ai pas trouvé que c'était tiré par les cheveux.

Outre cela, la banalité de l'intrigue (c'est presque un vaudeville), cache certaines complexités. Par exemple, Christine est hantée par son passé: des choses qu'elle n'a pas réglées, d'autres qu'elle a mal faites, tout cela à cause des circonstances. Et il y a l'histoire avec le psychiatre... Il est presque fou qu'elle en soit sortie indemne, et on comprend que tous ses démons reviennent la hanter à un moment. À ce sujet, l'auteur louvoie entre deux explications: l'une rationnelle (le passé de Christine la hante), et une plus fantastique. Les deux se côtoient pendant un bon moment, et on ne peut pas décider laquelle est la bonne. D'ailleurs, même lorsque l'auteur décide laquelle est acceptable, il les entremêle habilement, et ce que cela donne satisfera les amateurs de rationnel et ceux d'explications plutôt fantastiques. C'est également une force du roman.

Les autres personnages semblent un peu fades, parce que le schéma auquel ils obéissent est un peu cliché. Même si le lecteur veut avoir la candeur de Christine quant à sa relation, il sait qu'elle est dans une pièce cent fois jouée, et qu'elle n'aura jamais l'homme qu'elle aime.
Ce qui est curieux, c'est qu'en général, dans une histoire d'adultère, je plains toujours la personne trompée. Ici, tout en pensant pis que pendre du mari trompeur, je n'ai pu que mépriser la femme trompée, et plaindre la maîtresse qui est, dans le fond, la seule abusée. C'est en ce sens que James Patterson renouvelle quelque peu le cliché.

Il est vrai que Penley est vue par les yeux de Christine, et qu'elle noircit forcément le tableau. Mais elle a quand même l'air peu engageant.

Quant à Christine, elle est plus creusée. On la plaint tout en la blâmant pour sa conduite, ses erreurs passées, certains traumatismes de son enfance. J'ai d'ailleurs trouvé qu'elle était traitée assez sévèrement...

Bref, un roman sympathique qui mélange savamment classique et nouveauté.

Éditeur: l'Archipel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Stéphanie de San pour la Ligue Braille.
La lectrice a une voix agréable. La plupart du temps, elle met le ton. Cependant, parfois, sa lecture est saccadée: elle fait des blancs au milieu des phrases, comme si elle avait du mal à lire, ce qui fait qu'elle met moins le ton. D'autre part, je trouve dommage qu'elle ait laissé ses erreurs de lecture.

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jeudi, 24 novembre 2011

Le jeu du furet, de James Patterson.

Le jeu du furet

L'ouvrage:
Geoffrey Shaffer joue à «Les quatre cavaliers», un jeu de rôle dans lequel les forces agissantes sont celles du mal. Shaffer y tient le rôle de la mort. Tous les crimes qu'il y raconte, il les commet en réalité. Il s'en délecte.

Critique:
Encore un livre qui fait partie d'une série... C'est le tome 5 de la série Alex Cross. Je pense qu'il faut les lire dans l'ordre, mais là, je n'ai pas été trop gênée de ne pas avoir lu les autres.

Dans l'ensemble, c'est un bon polar, mais surtout grâce aux personnages d'Alex et de sa famille. Ils sont sympathiques, surtout les deux enfants. En outre, le lecteur voit bien que Nana est très présente et aimante. Cela donne un joli tableau. À côté de ça, Christine paraît assez fade. Tout le monde l'adore, Alex le premier, mais je me suis demandé ce qu'ils lui trouvaient! Elle ne semble pas avoir beaucoup de personnalité... ce qui, bien sûr, sera infirmé à la fin, étant donné ce qu'elle a traversé. Pourtant, cela ne me l'a pas rendue plus sympathique. Je pense (j'espère) que son personnage est plus creusé dans les autres tomes.

Si l'intrigue est d'abord haletante, elle s'essouffle vite. on commence par se prendre au jeu du chat et de la souris entre Alex et Shaffer, ce tueur sordide qui ne suit aucune ligne de conduite, sauf, au départ, celle des dés (mais c'est lui qui fait les règles). La psychologie du tueur est intéressante, mais ensuite, tout est trop lent à force de redondances.

Par la suite, il y a un rebondissement qui relance l'action, et le procès est intéressant, parce que l'auteur montre bien comment on peut manipuler des gens. Malgré sa pertinence, cette ficelle a déjà été exploitée ailleurs.
Après le procès, on retombe dans une succession d'événements un peu attendus, ce qui fait qu'on trouve le temps long. Même la traque finale m'a paru lente. Surtout qu'à ce moment, la police semble avoir deux mains gauches...
Quant à la toute fin, je m'y attendais. La ficelle est souvent exploitée dans les mauvais films d'horreur.

Tout au long du roman, Shaffer est censé inspirer l'angoisse et le dégoût... Mais le personnage est si caricatural, sa personnalité est si rudimentaire, que je l'ai très vite vu avec distance. En outre, l'auteur recouvre tout cela de flots de sang, ce qui me fait toujours soupirer: il étale le peu qu'il a à dire en tentant de masquer que c'est peu avec du spectaculaire...

Je sais que James Patterson a écrit une multitude de romans. De ce fait, ils ne peuvent pas tous être très bons. Voilà pourquoi j'en lirai d'autres. Par exemple, il faudrait que j'essaie de lire la série Alex Cross en commençant par le tome 1.

Éditeur: Jean-Claude Lattès.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Patrick Kaplan pour l'association Valentin Haüy.
J'ai été contente de retrouver ce lecteur que j'apprécie pour sa lecture vivante. J'ai quand même été déçue qu'il reste des erreurs de lecture.

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vendredi, 12 août 2011

L'amour ne meurt jamais, de James Patterson.

L'amour ne meurt jamais

L'ouvrage:
Jennifer a beaucoup de mal à se remettre de la perte de son mari. Alors qu'elle endure vaillamment ce coup du sort, sa grand-mère, Sam, de qui elle est très proche, fait une chute et reste dans le coma. Désespérée, la jeune femme va s'installer chez Sam, afin d'aller la voir tous les jours, à l'hôpital près de chez elle.
En entrant dans la chambre qu'elle occupe habituellement chez Sam, elle découvre, en évidence, un énorme paquet de lettres par lesquelles Sam lui raconte toute sa vie, comme Jennifer le lui demande depuis longtemps.

Critique:
Ce livre est un repose-cerveau.
Les deux histoires d'amour qui s'entrecroisent en sont les thèmes centraux. C'est un peu moins mièvre que du Danielle Steel, et certaines situations sont amenées un peu plus finement.
Dès que Jennifer rencontre Brandon, le lecteur sait tout de suite qu'une histoire d'amour naîtra entre eux. Elle est un peu moins clichée que le traditionnel coup de foudre que je déteste, car ils se connaissaient enfants.
En outre, l'intrigue est un peu mélodramatique, mais c'est le lot de toutes les histoires de ce style. J'avoue ne pas trop aimé ce genre de livres, mais un de temps en temps, ça ne fait pas de mal, surtout que celui-là est un peu moins nunuche que certains du genre.

Les personnages ne m'ont pas paru assez creusés. On éprouve un peu de compassion pour Sam, mais après tout, elle l'a un peu cherché.
Quant à Jennifer, Charles, et Brandon, ce qui leur arrive touche le lecteur, mais ces événements toucheraient s'ils arrivaient à n'importe qui. J'ai trouvé ces personnages un peu passe partout. Ce sont des personnages ordinaires, soit, mais ils n'ont pas de plus qui fait qu'on les apprécie. Ils ne sont pas complexes.

Éditeur: l'Archipel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marianne Paquette pour l'INCA

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mardi, 24 mai 2011

Dernière escale, de James Patterson.

Dernière escale

L'ouvrage:
Katherine Dunne a trois enfants: Carrie (dix-huit ans), Mark (seize ans), et Ernie (dix ans). Elle est médecin, et n'a jamais vraiment pris le temps de s'occuper de ses enfants. Après la mort de son mari, Stuart, elle a épousé Peter Carlyle, un avocat renommé. La famille se disloque de plus en plus.
C'est alors que Katherine décide de partir en croisière avec ses enfants et son beau-frère, sur le bateau de la famille, afin que chacun se rapproche.
Cette croisière se transforme rapidement en cauchemar.

Critique:
Il est incontestable que James Patterson sait écrire des romans policiers. Il est au-dessus de ceux qui produisent d'énormes pavés pleins de pages inutiles. Ce livre n'est pas très long, l'auteur y a mis ce qu'il fallait. Il n'y a pas de longueurs. Il y a même une ellipse qui n'était pas absolument nécessaire, mais qui donne davantage de force au roman.
On n'a pas le temps de se poser trop de questions, on n'a qu'à se laisser porter par l'histoire.

Les rebondissements sont à propos. D'autre part, ils sont de plusieurs nature. En effet, l'auteur ne fait pas s'éterniser une situation qui menace de s'enliser, ce qui lui permet de créer d'autres coups de théâtre. Ce sera ainsi jusqu'à la fin.
Il réussit le tour de force de faire monter le suspense alors que le lecteur sait quelque chose d'important. Il est d'ailleurs plus judicieux de sa part d'avoir donné ce renseignement au lecteur presque tout de suite, car, pour ma part, je m'en suis doutée très vite, et j'aurais été agacée qu'il le dévoile plus tard.
Il y a un élément que j'aurais dû trouver, tant il était évident. Et pourtant, je ne l'ai pas deviné. L'auteur l'a habilement inséré dans son histoire, et bien que la ficelle ait été maintes fois utilisée, elle ne m'a pas du tout dérangée. D'abord, parce que j'ai été incapable de la déceler, et ensuite, parce que James Patterson a su l'utiliser en la renouvelant.
J'avoue avoir été déçue par une chose, mais j'aurais été la première à crier à l'invraisemblance si l'auteur avait fait ce que j'aurais voulu! ;-)
Le rebondissement final est logique, voire attendu, mais il ne m'a pas gênée. J'aurais été déçue qu'il n'y soit pas.
Tout se tient, il n'y a pas d'incohérences.

Les personnages sont sympathiques, surtout la famille Dunne, parce qu'ils évoluent. On pouvait s'en douter, mais n'était pas certain, et l'évolution aurait pu se faire dans un sens différent. Cela n'aurait pas été invraisemblable.
Il est peut-être un peu gros qu'Ernie, a dix ans, doive déjà faire des dissertations de 500 mots sur un écrit d'Abraham Lincoln. Malgré cela, c'est un personnage très bien campé, et très attachant, ainsi que les autres Dunne. J'avoue avoir adoré ce que fait le garçonnet à la fin du procès!

Un polar sympathique, qui m'a totalement dépaysée, tenue en haleine. Bref, un très bon moment.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Hervé Lavigne et Isabelle Miller pour les éditions VDB.

J'aime beaucoup Hervé Lavigne. Il fait partie de ses comédiens capables de prendre des voix différentes sans que cela soit agaçant. Ici, il n'a pas démérité. En outre, il interprète sans surjouer.

Isabelle Miller a enregistré deux romans pour les éditions Audiolib avant de se tourner vers les éditions VDB. Je suppose que c'est parce qu'elle a davantage de travail chez VDB. En effet, Audiolib préfère une plus grande diversité de comédiens. On en retrouve certains, mais de manière plus sporadique que ceux travaillant pour VDB. Il est vrai que depuis qu'elle enregistre pour eux, elle a déjà lu six ouvrages.
Si elle cabotinait un peu lors de ses premières lectures, je l'ai trouvée très bien dans «Dernière escale». Outre une voix très agréable, elle joue sans trop en faire. Sa mission était d'autant plus délicate qu'elle devait, pendant quelques secondes, jouer une scène d'amour. Elle s'en est très bien sortie. Il semble que cette comédienne améliore son jeu à mesure de ses lectures.

En général, je déteste que des musiques coupent les livres. Ici, même si, pour moi, elle est superflue, la musique n'est pas gênante, parce qu'elle est appropriée. Elle colle bien à l'ambiance du roman.
Quant à l'habillage sonore, il ne m'a jamais déplu, sauf lorsqu'il s'agissait de musiques d'ambiance. Ici, je l'ai également trouvé approprié. Il a contribué à me mettre davantage dans l'ambiance voulue par l'auteur.

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