Auteur : Palomas Alejandro

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jeudi, 14 février 2019

Tout sur mon chien, d'Alejandro Palomas.

Tout sur mon chien

L'ouvrage:
Fernando est dans un café. Il attend que son téléphone portable sonne. C'est alors que sa mère, Amalia, fait son apparition. Elle promenait sa chienne quand elle a vu son fils, et s'est demandé ce qu'il faisait ici.

Critique:
Quel plaisir cela a été pour moi de retrouver les personnages si attachants de «Une mère»! C'est bien sûr Amalia qu'on remarque le plus, mais elle ne prend pas toute la place. L'idée qu'on se fait d'elle est un peu plus nuancée: certes, sa priorité reste ses enfants, mais cela ne l'a pas toujours été, ou du moins, elle ne le leur a pas toujours montré. C'est ce que Silvia finit par lui dire, et concernant les faits qu'elle évoque, elle n'a pas tort.
On retrouve les manies d'Amalia (elle emmène son portable aux toilettes, par exemple), son adoration pour Ingrid (qui, selon Silvia, «est débile»), ses idées parfois tranchées...
Cette mère continue de faire rire le lecteur avec ses étranges idées sur tout, son amour du mot «organique», et son envie de bien faire. Comment ne pas s'esclaffer à la découverte de sa nouvelle croisade, au chapitre 12? Bien sûr, on éprouve aussi de la compassion pour elle qui oublie certaines choses. L'auteur montre un côté amusant de cela, lorsqu'Amalia mélange des renseignements, et balance un tas d'informations inexactes à la tête du petit ami de la serveuse.

Je n'ai été ni déçue ni vraiment étonnée d'apprendre comment ont tourné certaines choses pour Emma. Je pense que dès «Une mère», je savais quelque chose que Fernando constate dans ce tome 2.

Ce roman est aussi à lire pour ceux qui aiment les animaux, en prennent soin, considèrent les leurs comme des membres de leur famille, et souffrent de la perte de l'un d'eux. J'ai été très touchée par la détresse de Fernando, par sa peur (et son impossibilité, au début) d'aller vers R, par son amour et son respect des animaux.

Le narrateur émaille son récit de retours en arrière. Ils permettent au lecteur de comprendre pourquoi les personnages en sont là. Il y a aussi des anecdotes concernant la mère d'Amalia, l'enfance de Fernando et de ses sœurs...

Ce livre m'a autant plu que le premier. Il semblerait qu'il y ait encore une suite. J'espère qu'elle sort bientôt en français.

Éditeur: le Cherche midi.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

J'ai été très contente que Martine Moinat, qui avait enregistré «Une mère», enregistre la suite. J'espère qu'elle fera pareil pour le tome 3!

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jeudi, 8 mars 2018

Une mère, d'Alejandro Palomas.

Une mère

L'ouvrage:
Ce soir-là, Amalia est contente: ses trois enfants et son frère seront là pour fêter le nouvel an. La famille s'accroche souvent. Par exemple, Silvia ne supporte pas la poussière, le désordre, les maladresses d'Amalia... et ne se prive pas de faire des remarques. Olga (la compagne d'Emma) ne s'intègre pas vraiment à la famille. Eduardo (le frère d'Amalia) fait souvent des blagues lourdes. Et il y a Fernando qui nous conte le récit. La soirée risque d'être tumultueuse, mais certains espèrent encore qu'elle sera paisible.

Critique:
J'ai eu un peu de mal à entrer dans ce livre, mais je l'ai beaucoup aimé. Il faut dire que cette famille est assez complexe. Comme l'explique Fernando, certains membres recouvrent la moindre larme d'une bonne dose de rire, mais à force, cela peut mener à des difficultés de communication. La championne est sûrement Amalia. Sa façon de se comporter est horripilante, et j'ai très bien compris l'agacement de Silvia. Amalia se donne souvent en spectacle. Mêlant dérision, amour pour sa famille et maladresse, elle m'a déconcertée. Par exemple, lorsqu'il y a trop de lumière, elle a du mal à voir. De ce fait, il lui arrive de faire tomber des choses, surtout en bougeant les mains. Dans le roman, cela se passe lors de moments délicats. Cela fait qu'involontairement (ou non...) elle apporte un peu de rire (ou davantage d'énervement) à une situation tendue. Parfois, ses discours sont clownesques. Par exemple, sa tirade sur le placard où elle fait des tours et des détours est à la fois hilarante et exaspérante. En outre, elle engendre un malentendu dans l'esprit d'Olga (qui connaît encore mal Amalia), et qui, voulant apporter son aide, fait bien rire le lecteur et certains membres de la tablée. C'est la même chose lorsqu'Amalia affirme qu'elle plaint les noirs que leurs cheveux crépus doivent empêcher de dormir, puisqu'ils sont rêches. On hésite toujours entre le rire et la perplexité avec cette femme qui semble faire excessivement confiance au premier venu, met son amie Ingrid (qui a l'air complètement cinglée) à toutes les sauces, et ne sait plus quoi inventer pour rendre sa coincée de fille folle.
Cependant, Amalia, c'est une mère avant tout. Elle pense d'abord et toujours au bien-être de ses enfants. Son numéro, entre rire et désespoir, a pour seul but de rendre ceux-ci heureux. Elle accepte leurs imperfections, leurs faiblesses, et cherche toujours à les apaiser.

Quant à eux, ils cachent leurs blessures sous l'aigreur, le rire, ou l'apathie. Leur mère tente (parfois très maladroitement) de leur faire reprendre le chemin de la vie afin qu'ils l'accueillent au lieu de la subir, qu'ils profitent des joies qu'elle peut apporter au lieu de se replier en attendant le prochain malheur.

Ce soir de décembre, tous se diront de dures vérités, mais feront aussi des pas les uns vers les autres. Eduardo tombe le masque, Silvia accepte qu'on s'attaque à sa carapace, Fernando ouvre la porte aux émotions. On passe en un instant du rire aux larmes et inversement. Jonglant habilement avec les sentiments à fleur de peau de ses personnages, Alejandro Palomas semble se perdre pour mieux nous épater par la suite.

Le seul reproche que je ferai concerne Olga. Je ne vois pas trop ce qu'Emma lui trouve. On dirait que cette dernière préfère être mal accompagnée que seule. Même si on la comprend, dans une certaine mesure, ça passe mal en ce qui me concerne. On me dira qu'Olga est peut-être gênée devant la loufoque Amalia et la psychorigide Silvia, ce qui fait qu'elle ne se comporte pas très naturellement lorsqu'elle est en leur compagnie...

Éditeur: le Cherche-midi.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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