Chanson sans paroles

L'ouvrage:
Liz et Sarabeth sont amies depuis leur adolescence. C'est chez Liz que Sarabeth est allée vivre, à seize ans, après le suicide de sa mère.

Aujourd'hui, Liz a un mari et deux enfants. Sarabeth sort d'une liaison avec un homme marié. Les deux femmes sont toujours aussi proches.
C'est alors qu'un drame se produit dans la petite vie bien rangée de Liz.

Critique:
J'ai aimé ce livre. L'auteur a su planter un décor et présenter ces personnages. On pourra trouver que tout cela démarre lentement, mais j'ai aimé prendre le temps de découvrir les vies de Liz et Sarabeth. Sans grandiloquence, Anne Packer raconte un pan de la vie de personnages moyens, qui essaient de faire du mieux qu'ils peuvent, qui s'aiment, souffrent, s'écorchent, tentent de se comprendre... Il sera très facile de s'identifier à eux.
Autre chose m'a plu: tout au long du roman, on ne peut prévoir où nous emmènera l'auteur. Il y a une chose dont on se doute, car le contraire aurait été impensable, mais sinon, on ne peut qu'émettre des suppositions sur la façon dont tout tournera. Au début, c'est encore plus probant: je me demandais comment Anne Packer allait construire son histoire autour de cette famille à l'air bien calme, bien rangée, sans histoires.
Ensuite, j'ai apprécié que l'auteur s'écarte des clichés. Si le couple de Liz connaît de mauvaises passes, si elle et Brody ne se comprennent pas toujours, ils ne tombent pas dans l'adultère. J'en ai assez que, dans les livres, les couples se trompent pour un oui ou pour un non. Ici, j'ai été reconnaissante à la romancière de ne pas utiliser cette ficelle.

L'un des personnages souffre de mal-être. Au départ, on se demande quelle en est la cause. J'ai cherché une cause tangible et précise. J'ai préféré la façon dont l'auteur explique ce mal-être. C'est beaucoup plus dur à concevoir, mais pas forcément invraisemblable. J'ai aussi aimé que Liz et Brody donne des pistes au lecteur pour comprendre cela.
Ce personnage m'a parfois agacée, mais je me suis efforcée de comprendre ce qui avait mené à son mal de vivre.

Au début, je trouvais Liz trop sûre d'elle, et à mesure du roman, j'ai vu qu'elle doutait, ne savait pas forcément comment réagir face à ses enfants... Je sais que j'aurais agi autrement, mais son incertitude est compréhensible, surtout qu'elle n'hésite pas à se remettre en question.
Brody suit un peu le même schéma, même s'il ne passe pas par les mêmes étapes.

Sarabeth m'a agacée. On me trouvera sévère: la pauvre a vécu un traumatisme, ses parents n'en ont jamais vraiment été... Soit, mais la famille de Liz l'a aimée et aidée à s'épanouir. Elle a souvent l'air d'un poids mort, d'un boulet pleurnicheur. Ce que Liz lui dit à un moment est vrai. En outre, elle larmoie sur Billy, mais je ne l'ai pas plainte un seul instant: voilà ce que c'est que d'aimer un homme marié. Dans l'histoire, c'est lui le plus fautif, Sarabeth est juste le dindon de la farce, mais la façon dont cette liaison s'est terminée était prévisible.

C'est aussi l'histoire d'une amitié vraie. Même si l'une doit blesser l'autre, elles finissent toujours par se dire la vérité. Même si elles pensent s'être fait trop mal pour que leur amitié soit rescapée, chacune a eu la force d'être vraie. La véritable amitié, c'est cela: c'est pouvoir tout se dire.

Un livre qui explore avec délicatesse la complexité des relations familiales et amicales.

Éditeur: éditions de l'Olivier.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Random house audio.
Cassandra Campbell a une voix très douce et agréable. Elle préfère lire de manière sobre. Si elle met le ton appropriée, j'ai trouvé qu'à certains moments, sa lecture était trop lente, et que sa voix était trop basse, rendant l'écoute poussive. Il est bon de ne pas trop en faire, mais à certains moments, on aurait dit qu'elle s'ennuyait un peu...

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