L'assassin ne peut plus dormir

L'ouvrage:
Au coeur de la nuit, un homme affolé interpelle les agents de police, et les implorent de venir chez lui. Il explique qu'un cambrioleur s'est introduit dans sa maison, et est enfermé dans la chambre avec sa femme. La police s'y rend, somme le criminel de se rendre. Un coup de feu lui répond. En entrant dans l'appartement, les policiers constatent la mort du cambrioleur. Ils en déduisent qu'acculé, il s'est fait justice, après avoir assassiné la maîtresse de maison.
L'inspecteur Douarel trouve néanmoins cela étrange. D'abord, l'individu aurait pu s'échapper: il y avait une issue; ensuite, pourquoi s'est-il suicidé en serrant dans sa main la photo d'une femme? L'affaire est classée, mais Douarel décide de poursuivre l'enquête.

Critique:
Le livre est court, donc il ne souffre pas de longueurs. À l'époque des romans policiers de plus de 500 pages, il est reposant de lire un petit livre sans prétention, qui n'a pas besoin de s'étendre sur des tonnes de pages pour être agréable et palpitant.
Le lecteur tique un peu lorsqu'au départ, Douarel est le seul qui trouve l'histoire étrange, mais après tout, c'est un topos du genre.

Bien sûr, on éprouve une grande pitié pour le personnage de François Claudier, et en même temps, on admire sa droiture. On aurait aisément compris qu'un homme ayant connu tant de malchance devînt criminel ou fou. C'est donc un personnage admirable, même si on me rétorquera qu'il est trop parfait. D'habitude, la perfection m'agace, dans les romans, mais ici, il y a un tel contraste entre François et les aspirations malheureusement banales de Raoul, qu'à tout prendre, on préfèrera louer la perfection.
En outre, il est agréable, de nos jours, de lire (même dans un roman) que des gens se portent garants de l'honnêteté de quelqu'un. Ici, malgré les apparences, les gens qui connaissaient François n'ont pas pensé un seul instant qu'il fût réellement coupable.

L'auteur sait ménager le suspense en utilisant la ficelle un peu éculée du policier qui, après quelques fouilles, finit par découvrir les grandes lignes de l'affaire, mais qui, n'ayant pas encore toutes les cartes en main, ne dévoile pas ce qu'il sait.

J'ai bien aimé le dernier sursaut de la fin... cela fait un peu justice naturelle. C'est reposant de lire des romans où le méchant est puni. Ça fait plaisir. ;-)

C'est un livre repose-tête. Ce n'est pas l'énigme du siècle, mais c'est un roman bien ficelé, qui se tient, et qui est agréable à lire.

Éditeur: Librairie des Champs-Élysées.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Arlette Bratschi pour la Bibliothèque Braille Romande.

Acheter « L'assassin ne peut plus dormir » sur Amazon