La vie rêvée des gens heureux

L'ouvrage:
Après un grave accident de voiture, Marcus meurt, et Sarah reste dans le coma. Selon leur souhait, c'est James et Ana (leurs voisins et amis) qui auront la garde de Finn, leur fils de deux ans et demi.

Critique:
Avec subtilité, Katrina Onstad décortique la psychologie de personnages qui voient leur rêve (ou du moins, c'est ce que nous croyons au départ), devenir réalité. En effet, James et Ana ont essayé d'avoir un enfant, en vain. On pourrait croire que s'occuper de Finn les comblera de joie. Bousculant les préjugés de la société, l'auteur montre qu'une femme n'a pas forcément l'instinct maternel, alors qu'un homme le peut. Il y a longtemps que j'adhère à ces idées. J'ai aimé les retrouver sous la plume d'un auteur.

Ana n'est pas forcément facile à cerner. Au départ, elle semble attachée à son couple, à sa carrière. Elle paraît également froide, parfois. Elle exprime certaines choses, et le lecteur devra lire entre les lignes celles qu'elle ne parvient à avouer que plus tard. Ces éléments sont d'ailleurs ressentis, pressentis. Ana se montre assurée, alors qu'elle ne l'est pas forcément. Elle ne se libérera que difficilement de la gangue qu'elle s'est construite. Tout cela rend le personnage épais et terriblement humain.
Quant à James, s'il est plus facile à cerner, il est tout aussi creusé. Lui aussi a des failles. Il semble à la fois stable et sûr de lui, mais on devine très vite qu'il n'en est rien.
Arrive un moment où James et Ana ne voient que ce que l'autre montre. Ils sentent que des choses ne vont pas, mais ne tentent pas de les aborder franchement. Pendant un moment, tout se joue à coups de non-dits. Finn ne sera que le déclencheur de problèmes plus graves qui se révèlent peu à peu. Au moins, les personnages ne restent pas figés.

Je n'aime pas trop les retours en arrière, mais ici, ils sont bien placés, et permettent au lecteur d'avoir d'autres points de vue à d'autres époques de la vie des personnages principaux.

La fin m'a laissée perplexe. Elle est précise, n'est pas bâclée, mais pour moi, certaines questions se posent. Ce n'est pas forcément une mauvaise chose, car cela donne à réfléchir.

Le style est vif et clair. Si les personnages de Katrina Onstad sont complexes, son style n'est pas compliqué. Elle ne noie pas le lecteur dans d'inutiles fioritures.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Belfond.

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