Auteur : O'Riordan Kate

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lundi, 13 mars 2017

La fin d'une imposture, de Kate O'Riordan.

La fin d'une imposture

L'ouvrage:
Rob, dix-neuf ans, s'est noyé accidentellement alors qu'il était en voyage en Thaïlande. Sa soeur cadette, Maddie, assure qu'elle est responsable de cette mort. Alors qu'elle s'enfonce dans un marasme qui semble sans fin, sa mère (Rosalie) et elle intègrent un groupe de parole où chacun peut exprimer sa douleur quant à la perte d'un être cher. Elles y rencontrent Jed Cousins, qui a le même âge que Rob. La fréquentation du jeune homme semble rééquilibrer Maddie. Tout devrait aller mieux...

Critique:
Après avoir adoré «Un garçon dans la lune», et n'avoir pas pu finir «Un autre amour», j'ai pris ce roman pensant que c'était à double-tranchant. Je n'ai pas pu le lâcher!
Le premier point positif, c'est que pendant assez longtemps, je n'ai pas su où irait l'auteur. Le livre commence par l'annonce de la mort de Rob, puis on passe à six mois plus tard. J'ai tout de suite été passionnée par le récit, j'étais toujours dans l'expectative.

Ensuite, Kate O'Riordan aborde un thème auquel d'autres se sont essayés avec plus ou moins de succès: la manipulation. À mon avis, elle a fait cela avec davantage de subtilité que certains autres. En effet, au départ, je ne savais pas trop quoi penser, certains faits pouvant sembler neutres, alors que chez d'autres, j'ai tout de suite vu où était le piège. Je pense surtout à «Ma meilleure ennemie», où le lecteur n'a aucun doute quant à la fausseté d'un personnage, et se demande même comment il se fait que le plus abusé de tous ne s'en rende pas compte. C'était un peu gros. Chez Kate O'Riordan, le lecteur ne voit les choses qu'au fur et à mesure. Il y a quand même un moment où le lecteur sait à quoi s'en tenir, ainsi, d'ailleurs que Rosalie, et où cette dernière est complètement apathique. Elle laisse les choses arriver, préférant se cacher derrière l'idée qu'elle ne peut rien contrôler. Pourtant, elle pourrait essayer. À ce moment, elle m'a agacée parce qu'elle est trouble, et ne fait pas grand-chose pour arrêter une situation qu'elle sait néfaste, et se trouve des excuses peu valables.

Pour moi, le roman ne traîne pas. Tout s'enchaîne de manière fluide, les découvertes sont bien placées. Certes, il y a un moment où la romancière tarde un peu à révéler une information, alors qu'un personnage la détient, mais cela ne m'a pas vraiment dérangée, car chaque partie du récit m'intéressait.
D'autre part, rien n'est bâclé, tout est cohérent. La fin pose une question assez dérangeante. Là encore, j'ai lu des romans où les personnages agissaient comme finissent par le faire Luke et Rosalie. Seulement, dans ces autres romans, on ne peut que condamner leur attitude. Je pense surtout à «La mer les emportera». Ici, l'auteur s'arrange pour que cette question mette le lecteur mal à l'aise. Qui est le plus à blâmer? Comment peut-on finir par approuver certaines choses?

J'ai apprécié que le confident de Rosalie soit un pasteur. En effet, cela permet à l'auteur de montrer un homme d'église très ouvert. Entre ce qu'il voit au quotidien, ce qu'il vit, et son désir d'aider les autres, le père Tom n'est pas un de ces bigots qui met Dieu à toutes les sauces, et ne l'évoque que pour critiquer l'attitude d'untel ou unetelle. Le père Tom cherche réellement à faire le bien. Il se préoccupe vraiment des autres. Sa foi le pousse dans cette direction. C'est un personnage très attachant, car sans la juger, il tente de montrer à Rosalie ce qui est le mieux pour sa famille.

Un très bon thriller psychologique, avec des personnages profondément humains.

Éditeur: Joëlle Losfeld.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.
Je suis toujours ravie de retrouver cette lectrice que j'apprécie beaucoup. Encore une fois, sa lecture fluide et naturelle m'a plu. Comme je pinaille, je dirai que j'ai été déçue qu'elle prononce «Maydie» pour Maddie. En anglais, Maddie ne se prononce pas ainsi. La prononciation la plus proche et la moins affectée est, à mon avis, la simple prononciation à la française. Je trouve dommage qu'à vouloir bien faire (je sais que les lecteurs sont toujours désireux de bien faire), elle se soit trompée.

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mardi, 4 juin 2013

Le garçon dans la lune, de Kate O'Riordan.

Le garçon dans la lune

L'ouvrage:
Brian, Julia, et leur fils (Sam), se rendent chez le père de Brian (Jeremiah) pour des vacances. C'est alors que l'impensable se produit. Après le drame, Julia quitte Brian, et se retire chez Jeremiah. Elle se met à s'interroger sur la vie de la famille, sur les drames qui la traversèrent. C'est alors qu'elle trouve le journal de Margaret, la défunte épouse de Jeremiah.

Critique:
Ce roman est bien pensé. La psychologie des personnages est très forte. Tout est crédible et dit avec justesse. C'est dense, oppressant, l'atmosphère est lourde. Les personnages ont des comptes à régler avec leur passé, leur famille, et eux-mêmes. Le lecteur comprendra très bien pourquoi ils agissent comme ils le font, sauf peut-être Jeremiah. Pourtant, il existe des personnes comme lui, des gens qui sont simplement méchants, despotiques, aiment faire régner la terreur, contrôler tout et tous. Son influence malsaine, le fait que ses enfants cherchent, malgré tout, son amour, tout cela fait qu'il les manipule, et parvient, à un moment (même s'il n'est pas présent au départ) à les faire se battre pour rien.
Jeremiah fait quand même quelque chose de bien sans vraiment le vouloir: en permettant à Julia de rester chez lui, en faisant d'elle sa nouvelle esclave, il lui permet de combattre sa douleur. Julia ne souhaite pas être plainte, elle ne veut pas qu'on la traite comme une petite poupée en sucre. L'aide involontaire de Jeremiah lui donne la force de se préoccuper de quelqu'un d'autre que d'elle-même. C'est au plus fort de cette douleur qu'elle s'ouvrira, et sera prête à comprendre ceux qu'elle côtoya, mais dont elle ne voulut jamais prendre la mesure de la souffrance, voire de la détresse.

Ce roman ne souffre d'aucun temps mort. Il est structuré d'une manière qui, souvent, me déplaît, mais qui est pertinente ici. Le récit du présent des protagonistes est émaillé de retours en arrière. Ce sont souvent des scènes extrêmement fortes en émotions, en tension.
Il y a bien un moment où Kato O'Riordan retarde sciemment une révélation, mais je lui ai pardonné cette ficelle facile, car elle a su ne pas faire de remplissage. D'autre part, cette révélation peut être devinée, car le lecteur connaît bien les personnages. Ce qui est réellement attendu, c'est la réaction de certains, car cela aura un énorme impact sur les personnes concernées.

Ce livre est une épreuve que doivent traverser ses personnages. Il leur faut affronter leur erreurs, leurs blessures... S'ils sont irrémédiablement meurtris, ils ont un peu d'espoir.
La question du pardon se pose. Peut-on pardonner un acte irréfléchi à quelqu'un? Un acte qui a eu d'horribles conséquences, et qui aurait pu aisément être évité? Peut-on vivre avec quelqu'un à qui on sait qu'on ne pardonnera jamais un tel acte? Peut-on se pardonner soi-même?

Éditeur: Jeëlle Losfeld.

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