Les Aventures Improbables de Julie Dumont

L'ouvrage:
Julie est journaliste de mode à Paris. Ce jour-là, elle se rend dans son petit village natal de Normandie pour fêter l'anniversaire de mariage de ses parents. Alors qu'elle fait le plein dans une station-service non loin dudit petit village, un homme amoché est jeté d'une voiture qui repart aussitôt. Julie se résout à emmener l'homme à l'hôpital. Ses ennuis ne font que commencer.

Critique:
Il semblerait que Cassandra O'Donnell écrive du fantastique, des romances historiques... Si sa série «Rebecca Kean» ne me tente pas du tout, j'ai été interpellée par cette comédie policière.
Si la route de Julie est jonchée de cadavres, c'est le rire qui domine dans ce roman. Entre les répliques enlevées qui fusent et les situations embarrassantes dans lesquelles se met notre héroïne, on sourit assez souvent. Par exemple, l'expédition de Julie dans la seule boîte de nuit du village: celui qu'elle veut interroger souhaite la tabasser au bout de deux ou trois répliques, elle tombe sur son ex qu'elle met exprès mal à l'aise, puis déclenche un pugilat. Ce n'est qu'un exemple parmi d'autres de la manière dont les situations dégénèrent lorsque Julie (qui se définit comme une fille à emmerdes) est dans les parages.

L'héroïne est attachante. Elle a un caractère bien trempé, n'est pas en reste quant à une cinglante repartie, et je songe à la nommer grande amie virtuelle, car elle partage mon incommensurable amour pour la nourriture.
Les autres personnages principaux ne laissent pas indifférent, même si certains m'ont agacée. La palme revient sûrement à la mère de Julie qui veut diriger la vie de tout le monde, et est de mauvaise foi. Bien sûr, avoir créé un personnage de ce genre permet à la romancière de mettre en scène d'autres situations cocasses. En outre, certaines mères sont (en beaucoup moins horrible, je l'espère) comme celle de Julie, et certains lecteurs compareront peut-être... ;-)
Le grand-père de Julie m'a beaucoup amusée. Menant une petite guerre des nerfs avec sa belle-fille, restant en forme (à tous points de vue...), c'est une autre source de rire. En outre, lui et certains de ses congénères détruisent allègrement les clichés sur les personnes âgées, ce qui me plaît bien.
Étrangement, tout cela ne m'a pas paru trop gros. Après tout, des personnes n'ayant pas la langue dans leur poche et des situations à la fois graves et amusantes, on en rencontre dans la vie.

L'enquête est assez banale, mais n'est pas ennuyeuse, puisque «fondue» dans la vie de l'héroïne, et dans les situations et répliques rocambolesques qu'elle crée. En plus, je n'avais pas trouvé la solution. Celle du premier meurtre était pourtant simple, me suis-je dit, après coup.

Dans ce genre de romans, il y a forcément une histoire d'amour. Heureusement, ici, elle n'est pas trop mal amenée. De plus, on n'assiste pas au coup de foudre (absolument pas crédible) qui aurait gâché ma lecture. C'est plus nuancé. C'est quelque chose qui pourrait arriver. D'ailleurs, à la fin, rien n'est absolument sûr...

La porte est ouverte pour une suite. Je ne sais pas si l'idée serait judicieuse, le tout pourrait s'essouffler, mais pourquoi pas?

Comme je suis pinailleuse (et très à cheval quant à la langue française), j'ai remarqué quelques erreurs. Celle qui m'a le plus déçue est une erreur de passé simple sur le verbe «enquérir» dont la conjugaison en «a» à la troisième personne du singulier est impossible, cette règle ne s'appliquant qu'aux verbes du premier groupe.

Un roman dont la légèreté est teintée de gravité, et dont les éléments se tiennent. Un bon moment de détente.

Service presse des éditions Audible FR, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Ingrid Donnadieu.
J'aime beaucoup Ingrid Donnadieu qui, malheureusement pour moi, a surtout enregistré des ouvrages qui ne me tentent pas. Ici, sa lecture est très vivante. À mon avis, un roman de ce genre doit être lu ainsi. Bien sûr, il y a le danger du surjeu. Je trouve que la comédienne s'en sort globalement bien.
Je regrette qu'elle ait fait une voix trop marquée au grand-père de Julie. Je connais beaucoup de personnes âgées qui n'ont pas la voix chevrotante. Ce type de voix est d'ailleurs, à mon sens, un cliché du genre.
Je n'ai pas vraiment compris pourquoi la comédienne donnait un accent du Midi à madame Constantine... Il ne me semble pas avoir entendu préciser qu'elle en avait un... D'autre part, je n'ai pas trouvé cet accent très naturel.
Par contre, je trouve judicieux d'avoir pris un ton particulier pour la mère de Julie, car cela renforce l'image qu'en donnent les dires de l'héroïne.
De plus, si Ingrid Donnadieu a modifié sa voix pour d'autres personnages, elle n'a pas exagéré. Je ne sais pas trop si j'aurais préféré qu'elle ne change pas sa voix pour les hommes, mais qu'elle le fasse ne m'a pas dérangée.
Je trouve aussi qu'Ingrid Donnadieu sait pleurer. En effet, il est très difficile de pleurer sans surjouer. J'ai déjà entendu des comédiens en faire beaucoup trop.
Enfin, l'un des personnages a un accent étranger. Personnellement, je préfère, dans ce cas, que le lecteur ne fasse pas l'accent, car je trouve cela affreux et laborieux à écouter. Pourtant, dans la vie de tous les jours, une personne qui me parle avec un accent ne m'agace pas du tout. Ici, je suis contente que le personnage n'ait fait qu'une brève apparition. Je reconnais que la comédienne n'a pas forcé sur l'accent, je pense qu'elle a fait au mieux.

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