Auteur : North Patterson Richard

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jeudi, 2 décembre 2010

Jugement sans appel, de Richard North Patterson.

Jugement sans appel

L'ouvrage:
Ce soir-là, Brett et James sont allés se promener près du lac. Ils ont fait l'amour, puis Brett est allée se baigner. À son retour, James était mort, un couteau enfoncé dans les côtes. Tout accuse la jeune femme. En effet, sous l'emprise de la drogue que James et elle avaient absorbée, elle a fait des déclarations confuses à la police, et a mis huit heures avant de pouvoir raconter ce qui, selon elle, s'était passé.
Shaning Masters, le grand-père de Brett, va faire appel à sa fille, Caroline (la tante de Brett), qu'il n'a pas vue depuis vingt ans. Caroline est une brillante avocate, et Shaning pense qu'elle est la seule à pouvoir tirer Brett de ce mauvais pas.

Critique:
Ma critique va être paradoxale. J'ai apprécié ce livre, mais j'ai beaucoup de reproches à lui faire!
D'abord, il est trop long. Son épaisseur engendre des lenteurs.
On devine pas mal de choses. On ne sait pas exactement qui a tué James, mais on oscille entre deux personnes dont le coupable.
L'auteur utilise certaines ficelles qui m'agacent. Par exemple, il simule le mystère. Il dit que Caroline a rompu avec sa famille, fait des allusions, mais ne dit pas pourquoi. Tout ça pour que le lecteur tire la langue, et se pose des questions. Et plus tard, il fait un retour en arrière, et nous explique tout. À ce moment, on a plus ou moins deviné. Pas tout, bien sûr, mais les grandes lignes.
J'avais également deviné très vite ce qu'il y a à savoir sur Brett.
Certains personnages n'évoluent pas. Shaning, Larry et Betty vivent dans un huis clos. Larry et Betty ne font rien pour échapper à l'emprise de Shaning. Seules, Caroline et Brett veulent avancer. En outre, à part Caroline, et peut-être Brett, les personnages ne sont pas vraiment creusés. Ils sont caractérisés par une chose: Larry est faible, Shaning est exclusif et excessif, Betty est possessive, Megan est manipulatrice...

Voilà donc un livre qu'il vaut mieux lire quand on ne veut pas trop réfléchir, quand on veut se reposer la tête. On ne s'ennuie pas vraiment, une fois qu'on a accepté la lenteur du livre. On devine les secrets, mais on prend un certain plaisir à parcourir ces deux intrigues entrecroisées.

Remarque annexe:
Si mes souvenirs sont bons, on retrouve Caroline Masters dans «Pour l'amour d'un enfant». Elle a un rôle secondaire, mais elle est toujours aussi sympathique au lecteur.

Éditeur: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Henri Duboule pour la Bibliothèque Sonore Romande.
J'aime beaucoup Henri Duboule. Il a une voix sympathique, et sait mettre le ton qu'il faut. J'ai quand même été gênée qu'il tente de mettre un accent anglophone sur les noms américains. C'est affecté. Avant, il ne le faisait pas, il prononçait les noms anglophones de manière plus naturelle.

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lundi, 4 janvier 2010

Pour les yeux d'un enfant, de Richard North Patterson.

Pour les yeux d'un enfant

L'ouvrage:
Teresa Peralta est mariée avec Ricardo Arias depuis cinq ans. Ils ont une fille, Elena.
C'est alors qu'excédée par l'attitude de Richie (parasite manipulateur), Terry le quitte. C'est ici que son calvaire commence: Richie et Terry vont se battre pour la garde d'Elena, et Richie n'hésitera pas à manipuler l'enfant pour obtenir ce qu'il veut: de l'argent, toujours plus d'argent.

Critique:
Ce livre est très long. Je ne sais pas combien il y a de pages, mais en audio, il dure vingt-trois heures et quelques. Rassurez-vous, on ne passe pas vingt-trois heures sur le combat pour la garde d'Elena. Beaucoup d'événements se passent, justifiant la longueur du roman. Cependant, il souffre de longueurs. En plus, ces longueurs sont très balisées: description démesurée de petits détails du style: il s'assit, il prit un verre, il la regarda, etc. Ces longueurs sont donc d'autant plus exaspérantes qu'on voit gros comme une maison qu'elles sont là pour faire du remplissage.

Les personnages et les situations vécues sont très réalistes. C'est à se demander si l'auteur ne s'est pas inspiré de faits réels. Richard North Patterson nous expose les rouages du système judiciaire de manière très détaillée. J'ai déjà lu des romans dans lesquels il y avait des combats pour une garde, des enquêtes, des procès pour meurtre, mais jamais un livre rassemblant tout cela. C'est ce qui en fait un roman complet, à mon avis. Par exemple, avant le procès, nous assistons au choix des jurés, puis le procès est très détaillé: nous avons droit à des scènes comme celle du médecin légiste reconstituant la scène du meurtre d'après les indices trouvés sur le corps, la psychiatre de Richie décrivant son caractère... Tout cela est très intéressant.
En outre, l'enquête est menée normalement. On ne retrouve pas un policier teigneux qui s'acharne délibérément sur un innocent, qui n'envisage aucune autre hypothèse, qui se braque dans un raisonnement idiot. Bien sûr, les résultats des recherches finissent par incriminer quelqu'un, mais le policier ne lui en veut pas spécialement, il veut simplement mener à bien son enquête. Il peut parfois se montrer cruel, mais c'est pour pousser la personne interrogée dans ses derniers retranchements. Cela change un peu des livres où les policiers sont de doux idiots dont on se demande comment ils ont réussi dans ce métier, puisqu'ils ne veulent pas envisager d'autres hypothèses que celle à laquelle ils s'accrochent, et ce malgré les preuves ou l'absence de preuves, ou les éléments qui ne collent pas.
En bref, l'intrigue est bien menée, tout s'imbrique et s'explique à la fin.

Certains éléments sont un peu gros: le lecteur sait très bien qui abuse d'Elena, et se demande pourquoi Terry ne le devine pas tout de suite. En outre, l'une des preuves découvertes contre l'un des personnages a été laissée de manière un peu tirée par les cheveux. (Pour ceux qui ont lu le livre, je parle de ses empreintes sur le répondeur.)
En outre, le verdict auquel les jurés aboutissent semble gros au lecteur.

Je ne sais toujours pas pourquoi, mais je n'ai pas réussi à apprécier le personnage de Chris. Pourtant, c'est un personnage sympathique.
Ma sympathie allait à Terry, Elena et Carlo: personnages réalistes, qui tentent de faire au mieux, et qu'on sent intègres.
Le personnage de Richie est très intéressant, et terriblement réaliste! Quel portrait réussi!
Le personnage de Rosa m'a mise mal à l'aise. Je n'ai pas adhéré à cette femme maltraitée qui n'a su que se résigner (ce qui l'a menée, par la suite, à agir comme elle l'a fait), qui conseille à sa fille de rester avec Richie afin que le combat pour la garde d'Elena cesse... C'est un personnage sombre, qui a tiré des leçons de ses souffrances, mais ses leçons ne sont pas toujours les bonnes...

Éditeur: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Suzanne Walsh pour la Ligue Braille.

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