La princesse et l'assassin

L'ouvrage:
Nina et ses parents viennent d'emménager. La jeune fille découvre donc un nouveau lycée. Elle y est parrainée par Lénita, une fille à la fois crainte et détestée par beaucoup de lycéens. D'autre part, elle s'aperçoit que Marcus, un élève de sa classe, est son voisin.

Un jour, le corps d'un jeune garçon est retrouvé en forêt. La ville est petite... Marcus a vu des choses...

Critique:
On passe un bon moment avec ce livre dont le point fort est surtout la description assez juste de la vie sociale des adolescents. Ce jeu pervers qui place chacun dans une caste est subtilement analysé à travers les réactions des différents protagonistes. Nina souhaite s'intégrer, et est flattée d'attirer l'attention de Lénita. D'un autre côté, elle voit bien que la jeune fille n'est qu'égoïsme, caprices, paraître... Il est même un peu perturbant de voir que Nina se pose beaucoup de questions quant à l'amitié de Lénita, alors que son père, qui devrait bien la conseiller, se montre plus inconséquent en lui disant de rester amie avec elle sans chercher à savoir si ce ne serait pas néfaste.
Quant à l'histoire d'amour, j'ai compris le semi-aveuglement de Nina, mais elle m'a déçue. Cependant, elle représente bien l'adolescente qui se cherche, qui se rend compte que certains choix la mèneront dans le mur, mais qui souhaite les faire, car cela lui procure du plaisir, voire du bien-être.

Marcus n'entre pas dans ce jeu social, car il sait qu'il y serait piétiné. C'est un gentil garçon, sage, dont l'ambition est d'être heureux, et il ne se frotte pas à la dangereuse Lénita. Certes, il est ami avec Théo qui a quelque peu le rôle du mauvais garçon, mais c'est justement une amitié bénéfique. S'il peut y avoir frictions entre eux, chacun permet à l'autre d'avancer.
Quant aux deux meilleures amies de Lénita, elles représentent les suiveuses qui n'ont pas vraiment de personnalité, et qui seraient probablement perdues sans celle qui les vampirise.

Quant à l'énigme, la ficelle utilisée est extrêmement grossière. En effet, presque dès le départ, tout accuse l'un des personnages. Dans ce cas, le lecteur pensera: soit l'auteur veut que je sache tout bien avant les personnages, soit il veut que je cherche tout de suite un autre coupable. Je n'aime pas cette ficelle, car elle est éculée et déloyale. Cependant, Magnus Nordin ne l'exploite pas trop mal. Il parvient à faire en sorte qu'il n'y ait pas d'incohérence, et que certaines choses entraînent une profonde remise en question de ce que l'un des personnages croyait acquis. En effet, plus que l'énigme policière un peu facile, compte la psychologie des personnages. Outre celle des adolescents, il sera intéressant de réfléchir quant aux choix des parents de Nina, de Marcus... Chacun tente de préserver les enfants, et ne s'y prend pas toujours de la meilleure manière.

Éditeur: éditions du Rouergue.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour la Ligue Braille.
Ce roman a été enregistré par une classe d'étudiants, afin que des personnes ne pouvant lire «en noir», y aient accès. Là encore, cela a été bien fait. Les lecteurs ne sont pas monotones, et jouent quelque peu sans que cela fasse affecté. Bravo à eux!

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