Homme sans chien

L'ouvrage:
Décembre.
Carl-Eric et Rosemarie Hermansson accueillent leurs trois enfants et leurs deux petits-enfants. La famille fête le double-anniversaire de Carl-Eric et de la fille aînée du couple, Ebba. Le moral n'est pas vraiment au beau fixe dans la famille....

Critique:
Pour moi, ce roman est inégal. J'ai beaucoup aimé le premier tiers. L'auteur plonge habilement son lecteur dans l'univers de cette famille dont les membres ne s'aiment pas. Certains s'apprécient, mais on se demande s'ils sont capables d'aimer. Carl-Eric pense que sa fille aînée est la huitième merveille du monde. Les conséquences sont qu'elle le pense également, et que Robert et Christina (les deux autres enfants de Carl-Eric et Rosemarie) sont abîmés par le désintérêt de leur père. Quant à Rosemarie, elle sait exactement où elle s'est trompée et ne parvient pas à y remédier. Håkan Nesser montre très bien la psychologie complexe de ces personnages en les confrontant les uns aux autres. Je ne les ai pas trouvés particulièrement sympathiques (sauf Christopher et Leif), mais la façon dont leur vie est analysée m'a beaucoup plu.

Ensuite, vient le côté «policier» du roman. Il m'a moins plu. D'abord parce qu'à cause de cela, le récit entre dans une phase trop «classique». Après un début prometteur, on tombe dans une enquête. En outre, le lecteur sait, avant le début de l'enquête, ce qui est arrivé à l'un des personnages. De ce fait, les choses sont très lentes. Bien sûr, l'auteur continue d'analyser la psychologie des personnages. Ebba connaît une sorte d'odyssée intérieure, et tout en passant par une phase de repliement sur soi, est plus lucide et réaliste qu'avant. Christina, elle, déroutera forcément le lecteur... Je ne sais pas trop quoi penser d'elle tout au long du roman. Elle provoque à la fois la répulsion, la compassion, l'agacement...

L'auteur tente de rendre son enquête un peu originale en créant un policier sympathique: Gunnar Barbarotti. Ses conversations avec Dieu sont assez amusantes, sa vie privée est intéressante... L'humour et la psychologie m'ont plu, mais l'enquête m'a paru bien trop banale.

À la fin, il me semble qu'une chose aurait dû être dite. Le lecteur sait cette chose, cependant, la mentionner aurait changé quelques paramètres... Je comprends que l'un des personnages n'ait pas voulu dire cette chose afin de protéger quelqu'un, mais le narrateur omniscient aurait dû en parler, en se plaçant du point de vue de l'un des deux personnages.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacques Frantz pour les éditions Sixtrid.
J'ai été ravie de retrouver la voix caractéristique (reconnaissable entre toutes) de Jacques Frantz. Ce comédien fait partie de ceux qui ne changent pas leur voix pour les rôles féminins. À mon sens, il a tout à fait raison. D'abord, sa voix ne s'y prête absolument pas. Ensuite, il n'en a pas besoin, son jeu est naturel et souffrirait de ce genre d'effets.
Je regrette qu'il ait prononcé Barbarotti en roulant les «r». Certes, le nom est italien, mais à l'oral, parmi des mots où on ne roule pas les «r», cela ne fait pas naturel.

Acheter « Homme sans chien » en audio sur Amazon
Acheter « Homme sans chien » sur Amazon