Le bonhomme de neige

Note:
Ce livre fait partie d'une série qu'il vaut mieux lire dans l'ordre pour bien comprendre la vie de l'inspecteur Harry Hole. J'ai commencé par le tome 7 parce que j'aime beaucoup la lectrice qui l'a enregistré. Du reste, je ne pense pas en lire d'autres. Pour ceux que cela intéresse, voici l'ordre:
1: L'homme chauve-souris
2: Les cafards
3: Rouge-gorge
4: Rue Sans-Souci
5: L'étoile du diable
6: Le sauveur
7: Le bonhomme de neige
8: Le léopard

L'ouvrage:
Harry Hole est aux prises avec ce qu'il pense être un tueur en série. Les victimes? Des femmes mariées avec enfants. La signature du tueur: un bonhomme de neige non loin des maisons des victimes.

Critique:
Je me suis trouvée face à un thriller très classique. Connaissant certains mécanismes, j'ai démasqué le coupable et ai deviné son mobile dès que le premier faux coupable a été pointé du doigt. (C'est assez tôt...) En effet, trop d'indices l'accusaient. Bien sûr, l'auteur les glisse subtilement, subtilité qui ne fonctionne pas si le genre n'est pas renouvelé, si le schéma est trop précis, trop balisé. En outre, sa culpabilité relançait une intrigue secondaire... Il faisait un «méchant» idéal. À partir de là, je me suis un peu ennuyée, même si je suivais certaines choses avec intérêt.

Au moment où l'un des personnages semble perdre la tête, j'ai pensé que le livre devenait n'importe quoi. Cependant, l'auteur a redressé la barre, et l'attitude du personnage est apparue très crédible. À ce sujet, je trouve que l'auteur a exagéré en faisant accuser ce personnage par les policiers. Je trouve qu'ils ont mis un moment à comprendre ce que j'avais déjà deviné à son sujet. Ce personnage est (si je me souviens bien) le troisième faux coupable... Tout ça pour dire qu'il y a un peu trop de faux coupables. Au bout d'un moment, ça devient grotesque.
Outre les faux coupables, Jo Nesbo nous précipite sur de très grosses fausses pistes. Par exemple, lorsque le sang de Jonas est prélevé, c'est raconté de manière propre à effrayer. J'ai trouvé cela très lourd. Idem lorsqu'Harry se met en chasse contre un bonhomme de neige près de chez lui... Le lecteur sait tout de suite que c'est une fausse piste. Ça ne dure pas longtemps, mais c'est agaçant.

J'ai lu que les romans de Jo Nesbo étaient dans la lignée de ceux de Connelly, et que Hole ressemblait à Bosch (ils ont d'ailleurs le même prénom, du moins, le même diminutif). Ce n'est pas faux. C'est peut-être ce qui m'a agacée. Voilà quelques années que je trouve les romans de Connelly trop plaqués sur un schéma, schéma que j'ai retrouvé ici.
En outre, j'en ai un peu assez des policiers meurtris qui ne font pas grand-chose pour que ça s'arrange.

Au début, la structure est un peu brouillonne. On a le prologue qui se passe en 1980 (et qui donne beaucoup trop d'indices sur le reste). Puis, le présent. Puis, 1992 (pour un petit passage). Enfin, le présent. Pour moi, les événements de 1992arrivent un peu comme un cheveu sur la soupe. Je les aurais placés après le prologue.
En outre, il y a certaines lenteurs. Par exemple, lorsqu'on voit les femmes avant les meurtres, c'est un peu répétitif.

Éditeur: Gallimard.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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