Confidences dérangeantes d'un homme d'église

L'ouvrage:
William Nasarre nous raconte son parcours: comment la prêtrise fut sa vocation, ses années de séminaire, son état de prêtre, puis l'abandon de la prêtrise. Outre le fait qu'il abandonna la prêtrise par amour, il explique les déconvenues qu'il connut tout au long de son parcours.

Critique:
Je pense que ce livre est à lire, surtout par des gens qui ne croient pas en Dieu. Malheureusement, les non-croyants (dont je suis), ont souvent de mauvaises expériences parce que des croyants veulent les endoctriner, les pousser à adhérer à leur dogme. William Nasarre, en plus de rejeter la rigidité du dogme édicté par les hommes, bannit la bigoterie qu'il ne supporte pas. Il a des réflexions assez pertinentes sur l'intolérance de l'église qui rejette les divorcés, les homosexuels, etc, et qui se veut prépondérante. Pourquoi un tel rejet? À qui donc nuisent ceux qui ne rentrent pas dans un moule préétabli? Rejeter quelqu'un parce qu'il est différent ne peut que le frustrer, et le faire se sentir mal dans sa peau.
J'ai malheureusement entendu un discours encore plus hypocrite de la part d'une personne catholique pratiquante: «Bien sûr qu'il faut accepter les homosexuels... afin de les faire revenir dans le droit chemin.» Cette personne se fourvoie: elle perd complètement l'idée de tolérance qui devrait être à la base de sa croyance.
Pour en revenir à William Nasarre, il pense, à juste titre, que si l'église était moins étouffante et plus tolérante, elle serait mieux acceptée.

En outre, il n'hésite pas à montrer toute l'hypocrisie des hommes d'église censés guider les séminaristes dans le droit chemin. Ils prônent la droiture, et lorsqu'un incident éclate, préfèrent punir ceux qui disent la vérité en vue de faire châtier le coupable. Coupable qui reste impuni parce qu'il a des relations haut-placées.

Lorsqu'il évoque sa prêtrise, l'auteur explique bien que son but est de soulager ceux qui viennent lui confier leur peine. Il n'est pas là pour juger, imposer, mais pour aider.

Il s'interroge également sur la raison pour laquelle un prêtre ne pourrait pas se marier. L'argument de départ, m'a-t-on dit, était que le prêtre ne devait être préoccupé que du bien-être de ses paroissiens, et qu'il ne devait pas se marier et avoir des enfants, car ceux-ci passeraient toujours avant Dieu et les paroissiens. Pourquoi tout cela ne pourrait-il aller de pair? Un homme frustré devient facilement aigri et amer. Il finira par faire rejaillir sa frustration sur sa façon d'agir, et cela ne peut pas être bénéfique. Un homme marié, heureux en ménage, heureux d'avoir des enfants, ne sera-t-il pas plus épanoui, et donc plus à même d'aider ses paroissiens?

Ce livre est une note d'espoir. Il faudrait plus de personnes ayant l'esprit critique, et ne se contentant pas de suivre comme des moutons les préceptes de l'église des hommes.
Je ne prétends pas que ce livre va me faire croire en Dieu. Non. Je suis trop rationaliste pour y croire. Mais il me redonne confiance en l'homme. Peut-être tout n'est-il pas perdu.

Éditeur: Jean-Claude Gawsewitch.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Yves Drevous pour la Bibliothèque Braille Romande.

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