Un coup à prendre

L'ouvrage:
Voilà un an qu'Antoine a quitté Alice après dix ans de mariage. Il a la garde de ses deux filles (Alma, sept ans, et Claire, trois ans) une semaine sur deux.
Le lecteur va passer un week-end en compagnie d'Antoine et de ses filles.

Critique:
À la lecture du résumé, je m'attendais à un roman un peu triste, plein de sensibilité et de tendresse du père pour ses enfants.
Je ne pensais pas que le personnage principal serait si détestable. Cela rend l'intérêt du livre nettement moindre.

En effet, Antoine est un sale gosse. Qu'il ne veuille pas des responsabilités que confèrent les enfants, je le comprends tout à fait. Qu'il soit frustré qu'Alice ait davantage la fibre maternelle qu'envie de folles parties de jambes en l'air, je le comprends également. Mais on a envie de lui dire qu'il fallait y penser avant. Il fallait refuser ou s'adapter.
Antoine a dû apprendre seul à connaître et à élever (tant bien que mal) ses filles, après qu'il a quitté Alice. Le lecteur sera effaré de constater à quel point il les négligeait alors qu'il vivait avec elles. Lorsque cela lui arrivait, il aurait sûrement été préférable qu'il ne s'en mêlât pas: il n'y a qu'à voir sa façon de donner le biberon!
En outre, sa propension à toujours vouloir ce qu'il ne peut pas avoir est assez agaçante, et renforce l'impression que c'est un enfant gâté. Parfois, Alma semble plus adulte que lui.
Il est particulièrement antipathique à la fin, à s'engluer dans un raisonnement qu'il croit être le bon, uniquement parce qu'il a agi ainsi, et parce qu'il a ruminé sa rancoeur tout le week-end.
Le summum est tout de même atteint au chapitre 21...! Pris au deuxième degré, c'est drôle, mais le personnage est sérieux! Le pire, c'est qu'il pense que tous les hommes sont comme lui. Cela renforce l'idée de clichés dont est pétri Antoine.
S'il évolue entre sa rupture et le week-end auquel nous assistons, c'est très peu.

De plus, certaines choses sont clichées: Alice est la femme, alors, elle a la fibre maternelle; Antoine est l'homme, alors, il rejette les enfants. Plus arbitraire et plus caricatural que ça, c'est difficile!
Ensuite, lorsqu'Antoine imagine la réaction de leurs amis quant à sa rupture avec Alice, c'est également très cliché: les femmes vont lui donner des conseils sur quoi faire; les hommes vont essayer de coucher avec elle. Le cliché est renforcé par le fait qu'il ne cite personne. Il ne dit pas: «Je suis sûr que Truc dira ceci, je le connais bien.»

Le personnage d'Alice serait peut-être intéressant, mais il n'est pas assez approfondi pour qu'on puisse s'en faire une idée bien nette.

Les titres des chapitres rappellent un peu des livres pour très jeunes enfants. Cela renforce le côté artificiel du personnage.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Philippe Lachaud.
Ce livre m'a été offert par les éditions Au diable vauvert dans le cadre d'un partenariat proposé par Blog-O-Book.

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