Les mantes religieuses

L'ouvrage:
1924.
Paul Canova et sa femme prennent chacun une grosse assurance vie.
Près de vingt ans plus tard, en 1946, Paul Canova se remarie avec Véra, sa première femme étant décédée. En cas de malheur, Véra bénéficiera automatiquement de l'assurance de vie de Paul.

Mai 1948.
Paul embauche une nouvelle secrétaire, Béatrice. Elle est jeune et jolie. Paul la séduit. Mais elle est bientôt courtisée par un ami du couple Canova.

Critique:
Ce livre est écrit comme si c'était une histoire vraie: à partir de lettres et d'extraits de journal intime, retrouvés après les faits. J'ai apprécié cette façon de faire, car ça change un peu. Bien sûr, cela n'est pas plus crédible que si un narrateur omniscient avait raconté l'histoire, mais c'est une façon différente de faire, et cela engendre une polyphonie intéressante. C'est une manière un peu plus raffinée de nous conter cette intrigue où des personnages égoïstes et sans scrupules manipulent leurs proches.

L'intrigue est bien imaginée, et il n'y a pas de remplissage. Heureusement, étant donné que le livre est très court.
Néanmoins, elle est assez prévisible. J'ai tout de suite su qu'il y avait manipulation quant à la mort de Xavier, et le suicide «provoqué» de Gertrude Souriceau. On lit l'histoire avec intérêt, malgré tout.

Les personnages ne sont pas tellement attachants. Ils ne sont pas vraiment creusés. Chacun poursuit son idée, tente de s'en sortir comme il peut...
Christian se repent, mais uniquement parce qu'il est pris au piège. C'est un faible, un lâche, et au début, il est guidé par ses hormones (pour être polie)!
Véra n'a aucune personnalité. Tout ce qu'elle veut, c'est écraser les autres, et tirer son épingle du jeu. Certains diront qu'elle est admirable, qu'elle réagit avec un remarquable flegme, un extraordinaire à propos... Je n'ai pas trouvé. Elle m'a agacée. J'avais envie qu'elle souffre, tant elle a été ignoble.
Béatrice a trouvé quelque peu grâce à mes yeux, mais seulement au début. À sa place, j'aurais été tentée de faire ce qu'elle fait, c'est tellement grisant d'avoir du pouvoir! Mais justement, je l'ai trouvée lassante, à la longue.

Ce livre nous montre que l'argent et le pouvoir pourrissent tout. On le sait déjà, mais les protagonistes de ce roman sont si détestables qu'on est plus écoeuré par eux. On ne leur trouve aucune excuse. On est bien content qu'ils souffrent.
Un livre avec des protagonistes moins manichéen aurait peut-être été plus intéressant. Cependant, il est indéniable qu'on trouve ce genre de personnes dans la vie.

Éditeur: éditions de Fallois.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Bernard Delannoy pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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