La musique

L'ouvrage:
Le docteur Shiomi est psychanalyste. Un jour, une femme, Reiko, pousse la porte de son cabinet. Elle affirme qu'elle n'entend plus aucune musique. En faisant parler la jeune femme, le praticien se rend compte qu'elle est hystérique et frigide. Ce cas l'intrigue.

Critique:
Ce livre est une véritable enquête. Le lecteur plonge dans l'esprit de Reiko. Il se surprend à se laisser convaincre par cette femme et ses histoires... juste avant de découvrir que, sur certains points, elle l'a mystifié. Il y a, comme dans une enquête, des rebondissements: par exemple, la rencontre du docteur et du petit ami de Reiko. Elle se fait dans des circonstances assez particulières, et a une suite à laquelle on ne s'attendait pas.

On se rend vite compte que ce que Reiko n'entend pas, au travers de la musique, c'est celle de la vie, celle qui fait qu'on se sent bien. Et lorsque le lecteur pensait avoir exploré tous les nombres méandres de l'âme tortueuse de la patiente, voilà que celle-ci entend à nouveau la musique dans un contexte déconcertant. L'attitude même de Reiko, en ces circonstances, est assez étrange.

Si l'intrigue est intéressante, si le lecteur s'y plonge avidement, la tête pleine de questions, elle s'essouffle un peu. Vers le milieu, je trouve que ça tourne un peu en rond.
La fin est assez étrange. Soit l'auteur a voulu une fin nette, et l'a bricolée à la hâte (et dans ce genre d'histoires, une telle fin n'est pas très crédible), soit il souhaite se moquer de la psychanalyse d'un bout à l'autre de son roman, et la fin est une apothéose.
Cette idée de moquerie est renforcée par la ficelle éculée, utilisée en début d'ouvrage pour le rendre plus crédible en le faisant passer pour une histoire vraie. Justement, cet artifice fut tant utilisé qu'il a l'effet inverse.

Les personnages sont peu sympathiques. Si Reiko a besoin d'être soignée, elle n'est pas toujours très franche, et son âme comporte des zones d'ombre.
Le docteur est parfois suffisant, même s'il est plus sympathique que Reiko. S'il veut sincèrement aider Reiko, elle passe une bonne partie du livre à en faire son pantin, surtout parce qu'il veut lui appliquer certains schémas. Quant à sa vie privée, il n'est pas tout à fait honnête avec sa maîtresse. Lorsqu'elle se remet en question, s'il lui assure qu'elle a une vie saine, et se comporte de manière posée, c'est surtout pour lui-même, non pour le bien de la jeune femme.
Seul, le petit ami de Reiko trouve grâce à mes yeux.

Éditeur: Gallimard.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Claude Durak pour l'association Valentin Haüy.
J'apprécie ce lecteur dont la voix est agréable, et dont l'interprétation est toujours juste. En effet, j'ai déjà entendu d'autres livres qu'il a enregistrés, mais je ne les ai pas terminés, l'histoire et/ou le style ne me plaisant pas.

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