L'hiver d'un égoïste et le printemps qui suivit

L'ouvrage:
Micha Miriaki a cinquante ans. Il a passé une grande partie de sa vie au Japon. Après un accident cérébral, il revient en France, et s'installe dans un endroit calme. Il enseigne le japonais, côtoie ses voisins, rencontre une jeune femme... Il en profite également pour se livrer à une introspection. Il écrit ses réflexions dans un carnet.

Critique:
Sous ses dehors quelque peu légers, ce roman pose certaines questions. Si le narrateur nous fait partager des moments humoristiques de sa vie (sa rencontre avec sa petite voisine, son entretien d'embauche...), il nous conte aussi des moments graves. Il ne laisse aucune prise à ceux qui aimeraient le connaître mieux. Il revient sur son enfance, à jamais marquée par l'abandon de ses parents. Ce n'est que maintenant qu'il réalise comme l'amour de sa grand-mère était profond, à quel point elle souhaitait qu'il ait une belle vie. Il semble qu'il fasse une espèce de psychanalyse, qu'il doive se rappeler ses erreurs, ses méfaits, ses joies d'antan, afin de se libérer de certaines entraves, et de pouvoir se prendre réellement en main.

L'histoire d'amour est quelque peu incongrue. Il est un peu étrange que Micha s'éprenne ainsi d'une jeune femme qu'il connaît à peine. Pourtant, on le comprend: elle a du charisme, représente un mystère, et semble d'autant plus attrayante qu'elle est interdite.
À y bien réfléchir, la jeune femme en question semble être plus compliquée que notre narrateur. Elle traîne une tristesse dont elle ne parvient pas à sortir. Elle juge que Micha lui serait néfaste, mais je pense que c'est elle qui le serait. Elle a manifestement besoin qu'on s'occupe d'elle comme d'une poupée à la fois fragile et docile. Au final, je n'aime pas ce personnage. Pour moi, cette jeune femme n'avance pas, se complaît dans une dépendance à un homme égoïste. Je ne dis pas que le narrateur lui aurait été bénéfique, mais il aurait peut-être fallu qu'elle se prît en main, malgré certaines difficultés (outre ses états d'âme).

L'apparente légèreté du roman, mais aussi le fait que le narrateur parvient à faire le point et à savoir ce qu'il veut, tout cela ne m'avait pas préparée à la fin quelque peu ironique qu'a créée l'auteur. Et pourtant, elle est prévisible, voire appelée par le narrateur. Après cette fin, on peut imaginer ce que deviendront certains personnages.

Éditeur: Grasset et Fasquelle.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Michèle Georgopoulos pour l'association Valentin Haüy.
Je n'ai pas l'orthographe exacte du nom de la lectrice, je lui présente donc mes excuses si celui-ci est mal écrit.
La lectrice a une voix sympathique et dynamique. Elle a su lire ce roman en alliant légèreté et gravité.

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