Auteur : Michelet Claude

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jeudi, 14 juillet 2011

Les copains d'Aristide, de Claude Michelet.

Les copains d'Aristide

L'ouvrage:
Toute sa vie, Aristide Klobe a joué de malchance. On s'est souvent moqué de lui, entre autres de son patronyme. Lorsqu'il a tenté de venger certains affronts, cela s'est toujours retourné contre lui.
Aujourd'hui, il est accusé de tentative de meurtre sur la personne de l'éditeur pour qui il travaille comme nègre.

Critique:
Voilà un petit livre sympathique, divertissant, un livre de vacances. On suit avec intérêt l'histoire de ce pauvre Aristide, on s'identifie à lui, on se demande comment on aurait agi à sa place. Il ne se laisse pas décourager par les coups du sort. J'ai apprécié qu'il ne soit pas passif. Malgré son amertume, il s'en tire assez bien, et garde une certaine combativité. En outre, ses idées de vengeance sont assez amusantes. D'une manière générale, le livre est assez léger et humoristique. Il appelle une fin à son image, et celle de l'auteur m'a satisfaite.

Les personnages ne sont pas vraiment attachants, sauf le héros et son avocate.
Bérénice est une espèce de folle assoiffée de sexe, et charlatan avérée. Sa bêtise fait sourire, mais agace aussi. Si elle n'est pas sympathique, elle est malheureusement crédible. Elle rappelle toutes ces fausses voyantes qui s'en mettent plein les poches en disant aux gens ce qu'ils veulent entendre. (Je ne dis pas que toutes les voyantes sont comme ça, mais que Bérénice rappellent les charlatans profiteurs.)
L'éditeur d'Aristide est également détestable: opportuniste, coureur de jupons, roublard, superficiel... Il est un peu dommage que ce soit le seul ami de notre héros pendant assez longtemps.

Il est d'ailleurs un peu gros qu'Aristide n'ait pas d'amis. Les gens se moquent de son nom, il n'a pas de chance... soit. Mais pourquoi ne rencontre-t-il personne qui en vaille la peine? C'est le seul reproche que je ferai. On me dira que c'est fait pour accentuer la malchance d'Aristide, et que c'est fait pour être drôle. pourtant, cela m'a un peu agacée... C'est manichéen, et donc, pas très crédible. Bien sûr, cela ne m'empêchera pas de conseiller ce livre, et d'espérer que vous prendrez autant de plaisir à sa lecture que moi.
En outre, quand on connaît Claude Michelet pour ses sagas (notamment celle des gens de Saint-Libéral, déclinée ensuite), il est sympathique de lui découvrir une autre facette. J'en avais eu un aperçu avec «Une fois sept», récit très drôle de son enfance.

Éditeur: France Loisirs.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sandra Morel pour l'Étoile Sonore.

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lundi, 20 octobre 2008

Quelque part dans le monde, de Claude Michelet.

Quelque part dans le monde

L'ouvrage:
Fin du dix-neuvième siècle.
Sylvestre Neyrat est le fils du bottier de Tulle. Son père est reconnu dans le métier. Cela devrait lui attirer le respect et l'admiration de Sylvestre. Pourtant, le jeune garçon ne ressent que gêne et frustration à la vue de son père s'agenouillant (dans tous les sens du mot) et léchant les pieds (si j'ose dire) de ses clients. Sylvestre ne supporte pas les caprices et les injustices dont font preuve ces derniers. Il sait qu'il ne se pliera jamais à ce genre de règles. Par conséquent, il n'a pas sa place dans le magasin de son père.
Un jour, après s'être longuement préparé, il s'en va retrouver Jules-Félix, le colporteur. Son père est sûr que Sylvestre reviendra bientôt, et le suppliera de lui donner du travail.

Critique:
En général, les romans de Claude Michelet sont divertissants. Depuis un moment, je commençais à en avoir un peu assez de cet auteur, trouvant qu'il se répétait, et que sa série "Les gens de Saint-Libéral" comportait trop de tomes (cinq à ma connaissance), et ne voulait plus rien dire.
Avec ce roman, j'ai été agréablement surprise. On découvre d'abord un jeune garçon pugnace, courageux, et persévérant. Bien sûr, il agace un peu le lecteur, car tout lui réussit, ce qui le rend moins crédible. Néanmoins, on oublie ce léger désagrément.

D'abord, on découvre ou redécouvre le monde des petits villages de campagne où on apprenait les nouvelles grâce au colporteur. J'ai trouvé agréable de me plonger dans cette période, ces façons de faire. C'est bon de se souvenir, de temps en temps, qu'avant, c'était comme ça.
J'ai tout de même été déçue que Claude Michelet ne fasse pas un clin d'oeil plus appuyé à sa saga "Les gens de Saint-Libéral". En effet, à un moment, Sylvestre passe par ce village pour son métier de colporteur. Il aurait été amusant qu'il rencontrât Pierre-Edouard et Léon, ou qu'il essayât de vendre quelque chose à la famille Vialhe...

J'ai moins aimé la suite. On apprécie toujours de suivre Sylvestre, il n'y a pas de longueurs, et on rencontre des personnages très attachants, comme les frères Wong. On se retrouve face à des situations cocasses, comme quand Sylvestre doit goûter au tord-boyaux déconseillé par Rémi... Cependant, j'ai été moins immergée que lorsque j'ai suivi Sylvestre sur les routes.

Je vous recommande ce roman qui serait plutôt un roman de vacances, une aventure dans laquelle on se plonge pour être un peu dépaysé dans le monde d'autrefois.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Yves Mugler pour les éditions VDB.

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