Le coeur par effraction

L'ouvrage:
Ritchie a trompé sa femme, Karine, avec une mineure.
Bec, la soeur de Ritchie, a refusé la demande en mariage de Val, un rédacteur en chef. Celui-ci imagine une vengeance raffinée.

Critique:
Le livre m'a plu, parce que l'auteur a su créer une espèce de «comédie humaine». J'ai regardé vivre ces personnages en me réjouissant qu'ils ne fassent pas partie de mon entourage. En effet, il n'y en a pas un pour racheter l'autre. La palme revient sûrement à Ritchie qui se persuade qu'il est un homme bien, alors qu'il ne cesse de mal agir. Il en devient ridicule.
Alex n'est pas mal non plus: confit dans son égoïsme, n'hésitant pas à quitter une femme (sans se demander s'il l'aime ou pas), parce qu'il ne peut pas avoir d'enfants avec elle. En outre, si Alex désire des enfants, ce n'est pas pour le bonheur d'en avoir, c'est pour s'intégrer à l'idée qu'il se fait de ce qu'est la vie.
Bec m'a été sympathique, même si elle n'agit pas toujours comme il le faudrait. Il faut dire qu'elle semble presque angélique à côté des deux autres. Et puis, j'ai été fascinée par son histoire de chercheuse.
Quant à Val, il m'a plutôt fait rire. Son idée machiavélique force nos héros à montrer le pire d'eux-mêmes.
Il y a d'autres personnages sur lesquels il y aurait des choses à dire, mais je ne veux pas trop en dévoiler. Ils sont tous plus ou moins détestables, mais ils reflètent une certaine société. Malheureusement, de plus en plus d'humains leur ressemblent. C'est ce qui fait que le roman m'a plu: l'auteur montre des personnages détestables, et nous renvoie leur humanité à la figure, nous force à admettre que nos contemporains sont ainsi. Bien sûr, j'attendais que toutes ces personnes soient châtiées. L'auteur ne leur envoie pas un énorme cataclysme sur la tête, mais il fait certaines choses. Tout arrive à point nommé et tout est vraisemblable.

L'intrigue est un peu lente, mais James Meek prend le temps de présenter personnages et décor. Dans un livre où il y a beaucoup de protagonistes, je préfère un début de ce genre. En effet, si je rencontre trop de personnages en peu de temps, je trouve le tout brouillon, et n'ai pas le temps de m'attacher à eux.

Éditeur: Métailié.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacques Zurlinden pour la Bibliothèque Sonore Romande.
J'ai été heureuse de retrouver Jacques Zurlinden dont j'apprécie la voix et la façon de lire. J'ai cependant été gênée qu'il prononce les noms à l'anglophone. Par exemple, Ritchie en faisant un «r» anglais, ou Harry en marquant le «h» et en faisant le «r» anglais. Dans un texte en français, je trouve que ce n'est pas du tout naturel. Il me semble qu'avant, Jacques Zurlinden prononçait de manière plus naturelle. Il me semble que ce n'est que le deuxième livre que je lis où il s'attache à mettre des accents aux noms propres.

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