Divan

L'ouvrage:
Mercedes est mariée, elle a trois enfants. Son couple s'est installé dans la routine. Elle aime son mari, mais a des amants. Elle se sent insatisfaite, mais sans trop savoir ce qui ne lui convient pas. Elle a peur d'être heureuse dans sa routine. Alors, elle va s'allonger sur le divan d'un psychiatre pour se raconter, et tenter de se trouver.

Critique:
Le roman est court et divisé en chapitres très courts. J'ai été un peu déroutée que les séances s'étalent sur trois ans, car cela fait beaucoup d'ellipses... Cela m'a déplu, mais cela peut s'expliquer par le fait que le livre s'attache à décrire le cheminement de son héroïne, et qu'on ne la voit que chez le psychiatre. Cette contrainte fait que j'ai eu un peu de mal à m'attacher au personnage. Cependant, j'ai apprécié certaines choses qu'elle dit. En effet, elle aborde certains thèmes très franchement, et ce qu'elle dit est plein de bon sens. J'ai bien ri, par exemple, lorsqu'elle parle de la masturbation. En général, les femmes clament qu'elles ne le font pas. Certaines jouent même les offensées qu'on ait pu leur prêter un tel vice. Or, notre narratrice en parle sans problèmes. Je trouve cela plus sain que les réactions outragées.
Dans le même ordre d'idées, je me suis fait la même réflexion que l'héroïne à propos des rêves...
D'une manière générale, Mercedes parle librement de ses envies, de ses actes, de ses aspirations.

J'ai également apprécié ce qu'elle dit sur l'enfance. Je m'y retrouve assez. On peut grandir, et garder certains côtés qu'on attribue généralement aux enfants, qui d'ailleurs, ne les ont pas toujours.
J'ai également aimé ce qu'elle dit sur la famille en général. Ce sont des choses que j'ai déjà entendues, mais je pense que dans «Divan», c'est mieux expliqué, plus argumenté, et vraiment très bien dit.
Ce qu'elle dit sur certaines habitudes sociales est également très bien pensé. Il y a une pointe de cynisme, mais tout est tellement vrai.

Mercedes piétine férocement un cliché de notre société, pour mon plus grand plaisir. Elle explique qu'elle n'a pas eu de mère, et se plaint des gens qui profitent d'une souffrance quelconque pour exiger qu'on excuse un comportement déplacé. Je trouve trop facile de dire qu'on agit comme ci ou comme ça parce qu'on n'a souffert. Bien sûr, je ne jette pas la pierre à tous, mais beaucoup abusent de la latitude que d'autres (trop complaisants et faciles à culpabiliser) leur laissent. En outre, comme le souligne l'héroïne, il arrive très souvent que telle personne souffre pour telle raison. Malheureusement, la vie n'épargne personne.

Lors d'une séance, Mercedes explique qu'elle a croisé une patiente et sa mère. Elle en profite pour aborder le thème des différents points de vue, et là encore, tout ce qu'elle dit est très juste.
J'ai aussi aimé la conclusion de la narratrice, le fait qu'elle parvienne à faire un travail sur elle-même.

Malgré tout cela, je n'ai pas vraiment réussi à m'attacher au livre et à ses personnages, sûrement à cause du morcellement, et du fait qu'on ne côtoie pas vraiment les personnages. Je pense que l'auteur aurait pu écrire un documentaire social où elle aurait pu faire passer toutes ces bonnes idées pertinemment exprimées.

Éditeur: Anne Carrière.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Acheter « Divan » sur Amazon