À la vie à la mort

L'ouvrage:
Clara O'Connor a disparu. Sa meilleure amie, Rachel, est au coeur de l'enquête, en tant que journaliste. Elle ne couvre pas l'affaire, mais fera tout pour l'élucider.

Critique:
Si le roman m'a globalement plu, il ne sera pas un coup de coeur.

Colette McBeth présente la psychologie de ces deux jeunes femmes avec brio. Elle s'arrange pour que le lecteur n'ait aucune certitude d'emblée. Ensuite, lorsqu'on commence à savoir où on va, et pourquoi il faut se méfier de certaines choses, on a tout le loisir de constater l'habileté avec laquelle l'un des personnages manipule son monde. Pourtant, rien n'est simple. S'il est évident que l'un des personnages arrange les choses à son avantage, certains faits sont là. Personne n'est absolument sombre ou absolument blanc.
L'auteur montre également comment un esprit retors peut avoir raison de quelqu'un qui n'est pas forcément très bien dans sa peau. Par exemple, à un moment l'un des personnages parvient à en embrouiller un autre sur un fait. Or, pour le lecteur, ce fait est limpide. Je me suis même demandé comment il se faisait que l'autre personnage avait pu se laisser convaincre. Cela s'explique par son grand désarroi, mais aussi, semble-t-il, par une certaine fragilité d'esprit. Je n'ai pu m'empêcher de penser que ce genre de choses pouvait arriver dans la vie, même si ce n'était pas de manière si poussée, et qu'il fallait se montrer vigilant.
Il restera des faits sur lesquels certains lecteurs douteront peut-être. En effet, on finit par se dire qu'aucune des deux filles n'est fiable à cent pourcent. Cela ne gâche pas la lecture, ça pousse plutôt à réfléchir sur la perception et surtout l'équilibre mental de chacun.

En revanche, la toute fin gâche le tout. Quelque chose arrive, mais on attend la suite. Ce n'est pas parce que ce fait s'est passé que le lecteur devinera comment se termineront les choses. Certaines fins peuvent être ouvertes: pas celle de «À la vie à la mort». Il fallait quelque chose de net qui aurait indiqué la totalité du dénouement.
Autre chose semble bâclé: sachant ce qu'on finit par savoir, il est très gros que justement ces deux filles deviennent amies. La romancière aurait facilement pu combler cette sorte d'incohérence.
En outre, il y a beaucoup de lenteurs. Je ne parle pas des retours en arrière qui, eux, montrent bien le caractère de chacune des filles, mais de certains passages du présent.

Un roman dont la psychologie est très bien pensée, mais que certaines déconvenues viennent ternir.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Penelope Rawlins pour les éditions Headline Digital.
J'ai trouvé dommage que Penelope Rawlins modifie sa voix à ce point pour les personnages. Elle est sûrement anglaise: lorsqu'elle lit les dires des personnages, elle prend un accent anglais exagéré qui ressemble à la caricature d'un accent snob. J'ai également trouvé qu'elle en faisait beaucoup trop lorsqu'un personnage pleurait. Si elle s'était trouvée à côté de moi, je lui aurais donné des raisons de pleurer pour de bon tant j'étais agacée! ;-)

Éditeur français : Les Escales

Acheter « À la vie à la mort » sur Amazon