Auteur : McKenzie Catherine

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lundi, 10 juin 2019

Hidden, de Catherine McKenzie.

L'ouvrage:
Ce vendredi soir, Jeff Manning a une tâche déplaisante à accomplir. Il doit annoncer à l'un de ses subalternes que l'entreprise le licencie. Il déteste devoir faire cela. Dans la soirée, sa collègue, Tish, à qui il en avait parlé, lui envoie un texto demandant si cela s'est bien passé. Jeff ne répond pas...

Critique:
C'est le troisième livre de Catherine McKenzie que je lis. Je l'ai aimé, même si certaines choses m'ont un peu gênée. L'auteur aborde un thème qui ne me plaît pas, en général, parce que je l'ai vu traité de manière trop peu crédible. Ici, Catherine McKenzie prend le temps, le donne à ses personnages, et ce qu'elle raconte est vraisemblable. Cela me gêne toujours un peu, mais je comprends que les protagonistes soient «tombés» (si on peut dire) là-dedans.

Je n'ai pas toujours apprécié Claire, mais je pense que cela vient beaucoup de l'interprétation d'Angela Dawe. Elle nous fait une Claire qui narre trop fort, sur un ton très peu naturel... Elle est si loin de celle qui a brillamment enregistré «Still missing» («Séquestrée») de Chevy Stevens. Son travail peu sérieux a fait que j'ai eu du mal à me faire à Claire. Bien sûr, je lui ai reproché des choses concrètes, notamment ce qui est arrivé avec Tim dans le passé, mais je pense qu'elle ne m'aurait pas autant déplu si la lectrice n'avait pas pris un ton de sorcière pour la jouer. En parvenant à faire abstraction de cette horrible interprétation, je peux dire que Claire est sympathique, qu'elle n'a jamais agi avec de mauvaises intentions, qu'elle est même plus aimable que sa soeur, Beth, qui a brisé le coeur de leur père, sans scrupules.
À travers ce qui arrive à Claire et ce qui est arrivé à Beth, la romancière pose une question dérangeante. Beth explique que si elle avait ignoré l'infidélité de son époux, sa vie de femme mariée aurait pu suivre normalement son cours. Après cette mauvaise expérience, elle pense que si quelqu'un se rend coupable d'infidélité une seule fois, il n'a qu'à l'oublier, et n'en rien dire à son conjoint. Je comprends cette façon de penser, même si je me dis qu'il vaut mieux savoir...

J'ai apprécié Tish, ainsi que sa fille, Zoé. Ce qui arrive à la fillette force Tish à sortir du marasme dans lequel elle est plongée, et qu'elle ne peut pas vraiment expliquer à son entourage. J'ai bien aimé la petite conversation mère/fille qu'elles finissent par avoir. Je ne pensais pas que la forme de stress que connaît Zoé (qui semble être une variante de ce qu'a expérimenté Tish) existait, mais finalement, je trouve cela logique.

Après avoir fini ce livre, je ne peux pas dire si j'aurais voulu que certains personnages agissent autrement. Bien sûr, si deux d'entre eux avaient fait une chose donnée, cela ajouté à l'événement du vendredi soir dont il est question dans mon résumé aurait absolument tout détruit. Cette chose n'ayant pas été faite, la destruction est plus restreinte. Je reste allergique au thème majeur abordé, et il m'a déplu de le retrouver chez une autrice que j'aime bien, mais Catherine McKenzie a su le rendre presque acceptable, surtout parce qu'elle n'a pas fait comme certains autres qui ont bâclé le chemin qui mène audit thème.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour les éditions Brilliance audio.
Jeff Cummings a lu les chapitres narrés par Jeff, Angela Dawe a interprété ceux vus par Claire, et Amy McFadden a enregistré ceux racontés par Tish.

J'ai déjà entendu Jeff Cummings sur d'autres romans. Étrangement, lorsque je commence un livre qu'il a enregistré, j'ai peur qu'il prenne un ton mièvre, et puis il se lance, et mes craintes sont balayées. Je ne sais pas pourquoi j'ai toujours un peu peur de sa lecture, mais au final, elle est adéquate. Son intonation est toujours appropriée aux sentiments des personnages.

J'ai déjà parlé de ma déception concernant Angela Dawe. Je ne m'explique pas ce ton criard, acariâtre, et donc totalement inadéquat qu'elle adopte dans ce roman, car «Still missing» n'est pas le seul livre qu'elle a, à mes yeux (à mes oreilles, devrais-je dire) bien interprété. Dans «Hidden», elle n'est pas égale à elle-même. J'espère que c'est un accident de parcours.

Amy McFadden fait partie des comédiens dont j'adore le jeu. Elle ne m'a absolument pas déçue. Comme d'habitude, elle a su rendre les émotions des personnages, et a modifié sa voix pour les rôles masculins sans exagération.

lundi, 29 octobre 2018

Smoke, de Catherine McKenzie.

Smoke

L'ouvrage:
Dans la nuit du lundi 1er au mardi 2 septembre, un feu prend près d'un petit village des Rocheuses. Les combattants du feu font leur possible. Elizabeth a été combattante du feu, mais a cessé afin de se consacrer davantage à son mariage. Aujourd'hui, elle travaille pour la police locale, et s'emploie donc à découvrir comment le feu a pris. Son patron a déjà un suspect en tête.
D'autre part, le soir du 1er septembre, la jeune femme est parvenue à convaincre son mari (Ben) qu'ils devaient divorcer.

Pendant ce temps, Mindy Mitchell, ancienne amie d'Elizabeth, sent que son fils, Angus, a des soucis. Elle cherche un moyen de l'aider à se confier.
Catherine McKenzie raconte six jours de la vie du petit village.

Critique:
Ce roman m'a davantage plu que «Les nouveaux voisins», car je n'ai pas de reproches à faire quant à l'agencement de l'intrigue, ou quant au retardement d'une révélation. D'abord, j'ai apprécié les personnages. On côtoie surtout Elizabeth et Ben, ainsi que Mindy et sa famille. Elizabeth est touchante, mais aussi très agaçante. Lorsqu'elle raconte sa dispute avec Mindy, j'ai plutôt pris le parti de cette dernière, parce que je ne vois pas pourquoi elle aurait dû se ranger à l'avis de son amie. J'ai aussi été très déçue lorsqu'Elizabeth raconte l'histoire des gâteaux sans sucre. Je trouve que ce qu'elle a fait à ce sujet est traître et irrespectueux. Ce n'est pas digne d'une véritable amitié. Elle a fait bien pire à son mari, ce qui explique pourquoi celui-ci n'a plus confiance en elle. Cependant, lors des six jours qui nous sont racontés ici, elle se remet sérieusement en question concernant son comportement envers lui. Elle analyse les raisons que Ben a de lui en vouloir, et reconnaît qu'elles sont valables. D'autre part, lorsqu'il s'agit de découvrir qui a mis le feu, elle ne saute pas sur le premier suspect venu.

J'ai trouvé Mindy plus sympathique. Il m'a semblé qu'elle était moins centrée sur elle-même, qu'elle savait davantage ce qu'était la vie. Bien sûr, il m'a paru étrange qu'elle soit amie avec Kate (qui est plutôt plate, cancanière, et pas très bien intentionnée), mais étant donné ce qui arrive à la fin, tout cela faisait son chemin dans la tête de Mindy. J'ai aussi été touchée par son amour pour ses enfants. Malgré sa maladresse et ses erreurs, c'est une bonne mère.

J'ai apprécié la manière dont se déroule l'intrigue. Après avoir planté le décor et montré le quotidien de nos deux héroïnes, l'auteur enchaîne les événements. Mindy découvre ce qui ne va pas avec Angus, et d'autres faits se combinent à cela pour précipiter sa famille dans le cauchemar. À l'instar de Mindy, je me doutais du nom de la personne qui détenait la clé de l'énigme. J'ai été un peu déçue, à la toute fin, d'apprendre que celui qui avait mis le feu ne soit pas celui que je soupçonnais, car j'aurais voulu que cette personne soit punie de manière drastique, et s'en souvienne pendant des années et des années.

J'ai aimé suivre Elizabeth et Mindy dans cette histoire qui est un tournant dans la vie de chacune.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour les éditions Brilliance audio.
Cassandra Campbell lit le prologue et les chapitres du point de vue de Mindy, Amy McFadden interprète les chapitres narrés par Elizabeth, et Dany Campbell lit les articles de journal et le chapitre raconté du point de vue de John.

Cassandra Campbell et Amy McFadden font partie des lecteurs que je préfère. Leur jeu est toujours vivant, naturel, approprié. Cela a été le cas ici.
J'aime moins Dany Campbell, mais les passages qu'il lit ne sont pas très longs, donc je n'ai pas été gênée.

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jeudi, 25 janvier 2018

Les nouveaux voisins, de Catherine McKenzie.

Les nouveaux voisins

L'ouvrage:
Julie Prentice étant harcelée après la publication de son livre («Le jeu de l'assassin»), son mari et elle ont décidé de déménager. Dès le départ, les relations avec certains de leurs voisins s'annoncent mal...

Critique:
Ce livre m'a plu, même si j'ai quelques reproches à lui adresser. Catherine McKenzie montre habilement que tout est toujours une question de points de vue. En tant que spectatrice, j'ai bien compris que certains ont rapidement monté des incidents en épingle, que s'ils avaient pris le temps d'écouter et d'accepter les explications données, ils auraient évité des malentendus. Hanna, par exemple, a très vite une dent contre Julie pour de mauvaises raisons. Mais si on la blâme pour cela, on se rend bien compte, à travers ses propos, que c'est son instinct qui parle. Elle lutte contre un danger qu'elle ne connaît pas (alors que le lecteur, lui, sait de quoi il s'agit), et pour ce faire, elle utilise des éléments tangibles. Elle s'attarde sur ce qui n'en vaut pas la peine parce qu'elle ne parvient pas à trouver où est le problème. Cela fait que si Hanna m'a agacée, je l'ai également comprise.
L'auteur en fait peut-être trop au sujet des relations entre Julie et Hanna, notamment concernant l'exemple de la douche.

Si ma sympathie est allée à Julie, je l'ai trouvée ambiguë sur certains points. J'ai donc gardé un peu de distance vis-à-vis d'elle.

Je n'ai pas vraiment compris pourquoi le voisinage était à ce point inerte concernant la dictature que Cindy s'arroge le droit d'exercer. Elle s'est élue représentante du quartier, met en place des soirées mensuelles entre voisins, décide que tout un tas de règles (dont elle allonge la liste pour un oui ou pour un non) doivent être respectées... Certains tentent bien de lutter, mais plutôt en faisant en sorte que Cindy ne sache pas qu'ils contreviennent aux règles. Susan lui trouve des circonstances atténuantes, mais ses arguments ne m'ont absolument pas convaincue!

La romancière alterne le passé (il y a douze mois, il y a onze mois, etc) et le présent («aujourd'hui»). Même si je n'aime pas cette structure parce qu'elle est totalement artificielle, je reconnais lorsqu'un livre y gagne. Ici, à mon avis, le livre y perd beaucoup. L'auteur s'évertue à faire ainsi afin qu'on apprenne une chose à la fin. Au long du roman, elle donne des indices quant à ce fait, joue au chat et à la souris... C'est vraiment dommage, d'abord parce que les ficelles utilisées sont très grosses. Ensuite, il aurait été plus percutant que son récit soit chronologique. Certes, on aurait appris en cours de route ce qu'elle souhaitait nous faire savoir à la fin, mais cela n'aurait rien gâché. On n'aurait pas su qu'il y avait quelque chose à chercher. Puis une fois connu, cet élément aurait fatalement appelé l'enchaînement avec «aujourd'hui». Ces passages m'auraient paru plus plaisants, puisque sachant pourquoi les personnages en étaient où ils en sont, j'aurais respiré à leur rythme, partagé leur angoisse... Là, je me disais: «Allez, fais-nous un peu de remplissage avec un de tes «aujourd'hui»!» Je n'étais pas vraiment touchée lors de ces chapitres (sauf à la fin), l'auteur étant trop précautionneuse, et tournant autour du pot avec d'énormes sabots, comme si elle jouait à ni oui ni non. D'autre part, ce qui compte vraiment, c'est pourquoi les relations s'enveniment, comment la tension monte, etc. Elle n'avait donc pas à mettre un point d'honneur à cacher ce fait aussi longtemps.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour les éditions Brilliance audio.
Tery Clark-Linden lit les chapitres racontés par Julie, Scott Merriman lit ceux racontés par John, Amy McFadden se charge des mails de Cindy, et James Foster de l'article de journal.

Je ne connaissais pas Tery Clark-Linden. Globalement, j'ai apprécié sa lecture, mais je trouve dommage qu'elle ait modifié sa voix de manière qui m'a paru caricaturale pour Susan, Cindy et Ashley. Lorsqu'Ashley hurle, j'ai trouvé qu'elle surjouait. Cela a fait que sur le moment, j'avais du mal à ressentir les émotions de la jeune fille. Ensuite, prise par l'histoire, j'y ai réussi, mais je regrette l'interprétation de la lectrice.

Je ne connaissais pas Scott Merriman. J'ai apprécié son jeu, et je le retrouverai avec plaisir sur d'autres ouvrages. Je regrette seulement qu'il ait modifié sa voix pour Daniel. Il n'exagère pas, mais cette voix différente m'a plutôt agacée.

J'ai été ravie de l'interprétation d'Amy McFadden, dont j'aime beaucoup le jeu, d'une manière générale. Avec talent, elle campe une Cindy souriante, mielleuse, dégoulinante de l'importance qu'elle se donne... je m'imaginais régulièrement piétiner Cindy avec des talons très pointus, et la brillante interprétation de la lectrice accentuait ce sentiment.

James Foster lit très peu. J'ai un bon a priori quant à son jeu, mais il faudra que je l'entende à nouveau sur un texte plus long.

Ce livre est une lecture commune avec mon mari.

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