Auteur : McFadyen Cody

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vendredi, 30 décembre 2011

Abandoned, de Cody McFadyen.

Abandoned

Note: À ma connaissance, ce livre n'a pas été traduit en français.

L'ouvrage:
Le grand jour est arrivé: Callie se marie. Tout est parfait. Mais pendant la fête, une voiture débarque à vive allure. On en expulse quelqu'un devant les convives, et le véhicule repart tout aussi vite. La femme, jetée tel un paquet, c'est Heather Hollister, disparue depuis huit ans. Elle est vivante.

Critique:
Encore une fois, Cody McFadyen décrit des actes affreux, commis par quelqu'un qui va jusqu'au bout du mal. Ce tome 4 m'a fait ressentir une autre sorte de peur. En effet, si les «malades» des autres tomes étaient effrayants, au moins, on pouvait se dire qu'ils étaient fous. Cela se voyait. Ici, le coupable semble tout à fait conscient de tout ce qu'il fait, et du mal que cela cause. Il n'est pas forcément fou, mais il n'a aucune conscience. Il a été élevé avec l'idée qu'il faut broyer avant de l'être, qu'il faut annihiler la volonté afin de triompher, que pour gagner sa vie, il faut semer terreur et chaos. On me dira que c'est une sorte de folie. Peut-être, mais elle est froide, réfléchie, très proche de la raison... Le coupable a un raisonnement fou, peut-être, mais il a l'air plus averti que malade.

L'auteur parsème le début de son récit de retours en arrière qui ne sont pas très gênants parce qu'ils ne durent pas, mais aussi parce qu'ils aident à comprendre la psychologie du coupable. On n'a pas seulement le profil que finit par établir l'équipe de Smoky, et c'est bien plus intéressant. On cerne mieux, et de manière moins artificielle, la personnalité du coupable et de son père. J'ai d'ailleurs trouvé le père fort moralement. Après ce qui lui est arrivé, il aurait pu être pire que ça...
Ces retours en arrière montrent aussi qu'ils sont liés au présent. Comme c'est logique, l'auteur ne fait pas patienter son lecteur trop longtemps avant de lui montrer le lien.

À côté de cela, il y a d'autres personnages qui semblent vraiment fous. Par exemple, Douglas. À un moment, Smoky lui dit qu'il est une caricature. Ce n'est pas faux. Tant d'égoïsme, de bêtise, de refus de se remettre en question en une seule personne, c'est fort! Malheureusement, des gens comme ça existent... Toutes les raisons qu'il donne pour qu'on excuse ses actes sont terrifiantes. Comment peut-il envisager d'être excusé! J'avoue qu'à l'instar de Smoky, j'ai été contente qu'il soit maltraité, en prison.

Certains personnages sont confrontés à des choses terribles, surtout Smoky, ce qui la pousse assez loin... À ce sujet, on comprend qu'ils franchissent une étape lorsqu'Allan explique qu'il y a cinq ans, il aurait fait un rapport sur la conduite agressive (quasi non-professionnelle) de Smoky envers Douglas, mais là, il s'en fiche, parce que son aversion pour Douglas prend le dessus. C'est là qu'il comprend qu'il est peut-être temps pour lui de prendre sa retraite, qu'il a peut-être vu trop d'horreurs, qu'il doit partir avant de ne plus pouvoir profiter de la vie.
À l'inverse, Smoky semble tenir plus que jamais à son travail. À travers ce qu'en dit Tommy et la façon d'être de la jeune femme, il semble que son travail prenne de plus en plus de place, qu'elle puisse de moins en moins s'en passer, comme d'une drogue. Outre que c'est un peu effrayant, je trouve réducteur pour une personne d'être à ce point prise par son travail. C'est bien plus agréable de faire un travail qu'on aime, mais je trouve dommage de n'être plus rien sans son travail. Smoky n'a pas tant de centres d'intérêt que ça. Elle est intelligente, mais on dirait qu'elle n'est vraiment à l'aise que dans son travail ou que parce qu'il lui prend presque tout son temps.

Dans ce tome, Bonnie a treize ans, et elle se cherche. Au départ, elle a réussi à être positive. Après ce qu'elle avait vécu, ce n'était pas forcément aisé. Ici, elle flirte avec le côté sombre qu'elle a côtoyé. Bien sûr, elle fait cela pour tenter de comprendre, et même s'il était nécessaire que Smoky agisse comme elle l'a fait, on peut comprendre (sans excuser) ce qu'a ressenti la jeune adolescente. Même si c'est dérangeant, il est logique que Bonnie ait eu ce genre d'idées. L'auteur a su lui donner davantage d'épaisseur. Je ne sais pas s'il y aura un tome 5 (le tome 4 date de 2009), mais il serait intéressant de voir comment évoluerait Bonnie. Comme je pense qu'au final, elle ferait les bons choix, cela serait une note d'espoir.

L'interrogatoire final m'a paru un peu long. Surtout que Smoky pose certaines questions dont les réponses sont logiques. Par exemple: pourquoi les victimes sont gardées en vie jusqu'à un certain moment. Il ne faut pas être agent du FBI pour deviner la réponse.
En outre, là encore, le coupable est démasqué parce qu'il le veut bien. Il explique que c'est pour pouvoir tout contrôler, et que s'il s'était contenté de s'enfuir sans se manifester, le hasard aurait fait qu'on l'aurait trouvé. Je trouve cet argument très léger. Cela rend l'ensemble bancal, pour moi.

Pour ce qui suit, je suis obligée de dévoiler un pan de l'intrigue. Ce n'est pas une chose qui va gâcher la lecture, mais c'est à propos de Smoky. Si vous ne voulez pas savoir, passez au paragraphe suivant.
L'auteur tombe dans le politiquement correct, ce que je trouve assez indigne et même hypocrite de sa part. Il nous dévoile les pires déviances de ce monde, et... Smoky est enceinte. La doctoresse qu'elle va voir lui explique qu'à son âge, il y a plus de dangers que son enfant soit atteint du syndrome de Down, et qu'on va surveiller cela. Et quand Smoky s'alarme, elle lui dit que de toute façon, ce qui comptera, au final, c'est le bébé, qu'il ait ce syndrome ou pas. Elle illustre ce propos pompeux par une question idiote: Smoky aurait-elle moins aimé sa première fille si elle avait eu ce syndrome. Et Smoky, sotte, répond en minaudant: bien sûr que non. Je trouve cet argument malvenu. En effet, si Alexa avait eu le syndrome de Down, elle n'aurait pas été la Alexa qu'a connue Smoky. Ensuite, notre héroïne affirme que la doctoresse a raison, que ce qui compte, c'est qu'elle veut cet enfant, et voilà. Mis à part qu'elle fait pleurer dans les chaumières, je trouve cette affirmation très légère. Avant d'avoir un enfant, il faut sérieusement se demander si on est capable de l'aimer sans restrictions, et d'accepter un handicap. Sachant que tous les handicaps n'ont pas les mêmes «inconvénients», le parent doit se demander ce qu'il est prêt à accepter. Il faut aussi penser à l'enfant. Il aura besoin de davantage d'attention et de soins qu'un enfant sans handicap. Smoky qui travaille vingt heures par jour (j'exagère, mais si peu), serait-elle capable de ralentir, voire d'arrêter de travailler pour se consacrer à son enfant? Bien sûr, Tommy l'aiderait, mais cela ne suffirait pas. Il faut aussi penser à l'après. Que deviendra l'enfant, s'il ne peut pas s'assumer une fois que ses parents auront disparu?
Je peux paraître très dure, mais je pense qu'il faut se poser ce genre de questions. Smoky étant posée et pondérée, je m'étonne qu'elle ait réagi comme une midinette, sans même réfléchir aux conséquences que cela pourrait entraîner. Cela ne va pas à son personnage. Soit, c'est politiquement correct... et cela me déçoit. J'aurais compris cela de la part de Danielle Steel, mais pas de celle de Cody McFadyen.

Attention! Passez aux renseignements sur la version audio si vous n'avez pas lu le livre.
Il n'est pas très crédible qu'on ait pris la coupable pour un homme tout au long du livre. L'auteur essaie de s'en sortir en expliquant que sa voix devient plus grave quand elle joue les hommes, etc. Mais il est impossible de masculiniser une voix féminine. Une femme peut avoir une voix très grave, on pourra toujours deviner (même si on peut hésiter), qu'elle est une femme. Il aurait été facile pour l'auteur de rendre cela crédible. Élevée comme un garçon, se sentant homme, la femme aurait pu prendre des hormones ce qui aurait modifié sa voix es sa pilosité, etc.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Joyce Bean pour les éditions Brilliance audio.

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jeudi, 29 décembre 2011

The darker side, de Cody McFadyen.

The darker side

Note: À ma connaissance, ce roman n'a pas été traduit en français.

L'ouvrage:
Lisa Reed est morte. C'est la fille d'un homme important. C'est le FBI, et plus spécifiquement l'équipe de Smoky Barrett, qui devra enquêter. Lisa avait une spécificité: elle est né homme. À peine Smoky a-t-elle le temps de commencer l'enquête qu'une autre femme est retrouvée assassinée. Il semblerait que la même personne soit à l'origine des deux meurtres... et que ce ne soit pas les seuls à son actif.

Critique:
J'ai trouvé ce roman moins lugubre que les deux précédents, bien qu'il décrive un comportement contre nature, et expose de manière très fouillée la psychologie de quelqu'un de très malade. Il est intéressant de voir ce qui a créé cette psychologie, cette assurance de soi. C'est le fait d'être élevé avec des paramètres donnés, et aussi d'avoir un caractère faible. En effet, Cody McFadyen décrit ici une déviance: le fanatisme. Le meurtrier es! persuadé d'agir au nom et sous la protection de Dieu. Il a passé sa vie à penser servir Dieu, alors qu'en fait, il donnait des raisons à son cerveau malade d'agir, il se justifiait, se dédouanait pour les atrocités qu'il commettait.

Autre chose est terrifiant aussi bien dans ce tome que dans les deux précédents: les coupables sont démasqués parce qu'ils le veulent bien. Le FBI ne fait que suivre les pistes obligeamment fournies par les coupables eux-mêmes. Les agents sont, en quelque sorte, les pantins des coupables. Outre que c'est effrayant, cela les rend quelque peu ridicules.

J'ai aimé en apprendre davantage sur Smoky, voir sa vie évoluer, lire des scènes familiales entre elle et Bonnie. Ce contraste entre une enquête terrifiante et la vie de tous les jours, c'est le lot de ceux qui font ce métier. Il peut paraître étrange, et pourtant, non.
À un moment, Smoky découvre qu'elle n'a jamais vraiment eu à punir Bonnie, que l'enfant n'a jamais transgressé les règles. Il est assez effrayant et émouvant de voir pourquoi la fillette a fini par les transgresser, et la punition qu'est obligée de lui infliger Smoky a l'air un peu ridicule, même si elle est justifiée et méritée.
J'ai quand même été un peu déçue que l'histoire ne commence pas justement par une scène de la vie des personnages principaux, mais par l'enquête. Et pourtant, c'est plutôt un point positif, car cela brise la routine, les tomes 1 et 2 commençant par nous montrer la vie des personnages avant d'attaquer l'enquête.

Le roman est traversé de personnages qui attendriront d'abord parce qu'ils ont vécu des choses traumatisantes, et ensuite parce qu'ils ont été victimes, alors qu'ils ne méritaient que compassion... excepté pour Valérie. Certains me trouveront peut-être cruelle, mais je pense que Valérie a mérité son sort. Je n'ai pas pu m'apitoyer une seconde sur elle. J'ai aussi frémi lorsque Smoky explique que ce genre de choses arrive: un enfant élevé dans l'amour, à qui on enseigne des valeurs de vie peut être, sans raison apparente, perturbé...

Les personnages principaux sont égaux à eux-mêmes, sauf que la carapace de James se fissure quelque peu, ce que j'attendais depuis le début. Cela me l'a rendu un peu plus sympathique.

Il me semble que ce volume contient moins de lenteurs que les deux précédents. Je n'ai pas d'exemples, d'ailleurs. Il doit y en avoir quelques-unes, mais elles ne m'ont pas sauté... aux oreilles.
Idem pour les incohérences: je n'en ai pas relevé ici. J'aurais pu pinailler en disant qu'il est étrange qu'on ait pu s'introduire chez Valérie impunément, mais c'est en partie expliqué.
Si j'ai trouvé les profils simples à deviner dans les tomes précédents, ici, c'était plus creusé. N'importe qui ne pouvait pas forcément y penser.

J'ai aimé ce que fait Callie à la fin. Cela tord le cou aux clichés.
J'ai aussi apprécié ce qu'a fait Kirby à la toute fin. Comment la blâmer?
Je suis assez d'accord avec Smoky en ce qui concerne Dieu.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Joyce Bean pour les éditions Brilliance audio.
Joyce Bean est un peu moins maniérée quand elle fait les voix masculines, mais ce n'est pas encore ça... disons que c'est un peu plus supportable. Le reste de sa prestation est bon.

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mardi, 27 décembre 2011

La mort en face, de Cody McFadyen.

La mort en face

L'ouvrage:
Smoky est en vacances. Ce samedi-là, elle prend son courage à deux mains, et convie Callie et Elaina chez elle afin de vider la chambre d'Alexa, et d'enlever les vêtements de Matt de son armoire.
C'est alors qu'elle accomplit cet acte difficile, mais nécessaire, qu'Allan, l'un de ses équipiers, lui téléphone. Une famille a été assassinée. La seule personne qui reste dans la maison (la meurtrière ou une survivante épargnée?), est présentement en train de pointer un fusil vers sa tête. Elle se suicidera si elle ne peut pas parler à Smoky Barrett, et seulement à elle.

Critique:
Une fois encore, Cody McFadyen plonge son lecteur dans l'horreur absolue, la terreur à l'état pure. Il décrit des choses qui vont au-delà des mots, des actes qui sont au-dessus du pire. Et pourtant... tout ce qu'il dit est si réaliste! Malheureusement, ce qu'il nous conte sans complaisance est on ne peut plus vraisemblable. Il est évident que ce genre de choses existe. Lire Cody McFadyen, c'est ne plus pouvoir ignorer ces atrocités. Car même si on se doute que ces choses arrivent, l'auteur fait en sorte qu'on ne l'oublie pas, qu'on en soit marqué au fer rouge, et qu'on soit écoeuré jusqu'au plus profond de soi quant à la barbarie humaine.

Le mécanisme de la victime qui devient bourreau est malheureusement reconnu. D'ailleurs, après ce qu'a vécu le personnage, ici, comment ne pas devenir bourreau? Soit on s'écroule, soit on est mené par la vengeance, et on tient debout parce qu'on souhaite faire payer la ruine qu'est sa vie. C'est d'autant plus compliqué qu'on ne pourra éprouver que de très forts sentiments pour le bourreau qui fut victime. On souhaiterait avoir pu l'aider, alors qu'il était victime, on ne pourra qu'admirer sa force de caractère, etc. Mais on ne pourra lui accorder aucune circonstance atténuante ensuite. Surtout que, comme la plupart des vengeurs, il se venge sur les mauvaises personnes. Cela fait d'ailleurs perdre un peu de force au roman. J'imaginais qu'il aurait au moins ourdi un plan machiavélique pour faire payer ceux qui le méritaient. Bien sûr, certains ont vraiment payé, mais les autres... Il se trouve de bonnes raisons (qui montrent bien qu'il a basculé dans la démence), expliquant qu'il fait bien payer les bonnes personnes...
Bref, la psychologie du psychopathe est très bien étudiée.

Malgré cela, j'ai été un peu déçue par la façon dont les agents dressent son profil, au début. En effet, leurs dires ne m'ont pas apporté de grandes révélations. Tout ce qu'ils disaient était évident pour moi. Du coup, je me suis demandé si l'auteur n'utilisait pas des sabots un peu gros... ou si c'était moi qui commençais à très bien comprendre les psychopathes, ce qui ferait froid dans le dos.

Il y a d'autres lenteurs (le profilage en étant une, à mes yeux). D'abord, Sarah explique qu'elle a tout écrit, et veut qu'on lise son journal. Entre ce moment et celui où Smoky le commence, il se passe des choses qui ne sont pas assez palpitantes pour m'avoir vraiment détournée du journal. On voit bien que c'est du remplissage, de façon à retarder la lecture des faits.
Ensuite, il est un peu étrange que Sarah raconte tout en détails, et à la troisième personne du singulier. Elle s'explique longuement à ce sujet, et si ses raisons sont valables, j'ai trouvé que là aussi, c'était une manière de retarder les choses. Surtout qu'il y a une partie dont James dévoile les grandes lignes avant que Smoky ne la lise, ce qui fait que le lecteur sait déjà ce qui va se passer chez Ned et Désirée. Je trouve cela maladroit.

Il y a aussi une très grosse ficelle que je trouve d'ailleurs indigne d'un auteur comme Cody McFadyen. On se doute qu'un auteur sans vraies ressources l'utilisera, mais lui... C'est celle qui consiste à retarder la révélation d'une trouvaille par de très gros procédés. Smoky a deviné une pièce du puzzle, le dit à son équipe, mais pas au lecteur. Elle le dit à d'autres, et toujours pas au lecteur, etc. Concernant l'une des révélations, j'ai bien ri, parce que quand j'ai fini par la savoir, j'ai dit: «Ah, c'est ça! Ça fait plusieurs chapitres que je l'ai trouvé!»

À côté de cela, il y a un pan du récit sur lequel j'aurais aimé que Sarah s'attarde: ce qui arrive à Karen Watson. Elle l'explique, mais j'aurais aimé plus de détails.

Pour moi, c'est une bonne chose que le livre ne commence pas directement avec le meurtre. On prend le temps de voir les personnages principaux auxquels on s'est attaché dans le tome 1. Et puis, on les voit dans leur quotidien, un peu comme le calme avant la tempête.

Le lecteur obtient certaines révélations au long du roman. C'est-à-dire que l'auteur ne le fait pas attendre jusqu'à la fin pour lui donner la solution de l'énigme. Il y a plusieurs faits, plusieurs énigmes, plusieurs choses d'importance qu'on apprend pendant le roman. C'est bien, cela rend le tout moins linéaire.

L'auteur laisse entrevoir certaines notes d'espoir.
Les agents, voyant des horreurs au quotidien, parviennent à trouver des moments de répit en plaisantant ou en se réunissant autour d'un dîner.
En outre, il laisse entrevoir une possibilité de changement quant au mécanisme. Peut-être qu'une personne ne sombrera pas dans les eaux noires... D'ailleurs, les personnages de Cody McFadyen sont tous extrêmes. Ils ont vécu des choses extrêmes, et en deviennent soit très bons (Bonnie, Teresa), soit exceptionnellement mauvais.
Il y a aussi des personnages qui sont, en eux-mêmes, des bouffées d'optimisme. Ici, c'est Kirby Mitchell. Elle a compris qu'il fallait tirer le meilleur parti de la vie, alors, elle vit à cent à l'heure, est fraîche, alerte, caustique... et toujours à l'affût du danger.

J'aime beaucoup Bonnie. Elle fait partie de ces rayons d'espoir. Comme le dit Smoky, elle est très sage. Ce qu'elle a vécu, mais aussi l'amour qu'elle a reçu et reçoit encore, tout cela fait qu'elle sait se construire, sait où est l'essentiel, Elle sait rendre l'amour qu'elle reçoit, mais aussi rendre la haine. Pour moi, c'est une enfant très avisée.

Je ne me fais toujours pas à Elaina. Je ne l'aime pas. Je n'arrive pas à la trouver vraie. On dirait qu'elle n'est pas vraiment altruiste. Elle aide les gens par égoïsme ou pour en mettre plein la vue. Je sais que ma perception est fausse, mais je n'arrive pas à la voir autrement. Je la trouve à la fois inconsistante et exaspérante.

Attention! Passez aux informations sur la version audio si vous n'avez pas lu le livre:
Là encore, l'auteur crée une incohérence. On ne sait pas comment «l'étranger» entre dans les maisons des gens. L'auteur n'effleure pas du tout cet aspect de la question. Je sais qu'une serrure, ça se crochette, mais il est gros que les personnes visées n'aient rien remarqué (surtout, rien entendu) avant qu'il ne soit trop tard. C'est d'autant plus gros lorsqu'il s'agit de Cathy Jones qui, après l'agression, a acheté une alarme dernier cri, alors que vu son métier, c'est avant qu'elle aurait dû le faire.

D'autre part, j'aime bien l'idée comme quoi il faut chercher ce qu'on ne voit pas. C'est comme ça qu'ils découvrent que Gibbs est «l'étranger». Seulement, pourquoi Gibbs aurait-il dû être dans le carnet d'adresses de Cabrera? Pourquoi aurait-il forcément dû être l'avocat de Cabrera? Je ne pense pas que Cabrera le cite comme étant son avocat. Le raisonnement est sûrement le suivant: il n'y a aucune adresse d'avocat, donc l'adresse de l'avocat de Cabrera n'y est pas; le seul avocat que nous avons croisé, dans notre affaire, c'est Gibbs, donc Gibbs est le coupable. Si c'est ça, c'est un peu gros.

Éditeur français: Robert Laffont.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Joyce Bean pour les éditions Brilliance audio.
Si Joyce Bean a une voix agréable, j'ai détesté l'horrible modification qu'elle lui apporte pour faire les personnages masculins! On dirait un robot enroué. À chaque fois qu'elle faisait un homme, j'avais envie de lui dire de se racler la gorge, et de couper l'appareil qui rendait sa voix synthétique. Outre que c'est affreux, ça gâche le roman. Il y a des moments où je l'ai reposé, tant ces singeries m'agaçaient! Le pire, c'est que la lectrice pense sûrement bien faire. La lectrice qui a enregistré le tome 1 a fait cela bien mieux. Malheureusement, c'est Joyce Bean qui lit les tomes 3 et 4.

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lundi, 26 décembre 2011

Shadowman, de Cody McFadyen.

Shadowman

L'ouvrage:
Smoky Barrett travaille au FBI. Son équipe et elle se chargent d'attraper de grands criminels, souvent des tueurs en série.

Aujourd'hui, la jeune femme reprend le travail après six mois d'interruption. L'un de ces tueurs en série a détruit sa famille, tuant Matt, son mari, et se faisant un bouclier du corps d'Alexa, sa fille, alors que Smoky lui tirait dessus. Elle a pensé au suicide, mais elle optera pour la reprise du travail, car son équipe a affaire à un homme qui tortura et tua Annie King, sa meilleure amie.

Critique:
Voilà un livre qui plonge son lecteur au coeur de l'horreur. On a l'impression que cela ne s'arrêtera jamais. Même lorsque le roman est terminé, le malaise persiste. C'est un bon roman parce qu'il est très réaliste. Toutes les horreurs, toutes les déviances décrites ici sont, malheureusement, vraisemblables, et je pense, vraies. C'est un bon thriller, où sentiments et émotions sont disséqués, où les personnages et le lecteur font l'expérience de la terreur à l'état pur.
Si vous aimez frissonner de peur, vous serez servis. Cependant, attention... Ce livre est si juste qu'il est bien difficile de penser que ce n'est qu'un roman. Ce qui arrive (surtout l’intimité violée, les domiciles «visités»), ça peut arriver n'importe où à n'importe qui. En ce qui me concerne, ce livre a fait resurgir certaines de mes peurs, et cela n'a pas été pour me plaire... Pour une fois que je reproche à un livre de sonner trop vrai... ;-)

J'aime la manière dont l'auteur analyse les sentiments de Smoky et son équipe vis-à-vis de leur travail. Il va de soi qu'on est obligé d'être dévoué corps et âme à ce qu'on fait lorsqu'on exerce leur métier. Ça en devient addictif, et il y a un côté quelque peu malsain...

Il y a des lenteurs, mais certaines sont nécessaires. Par exemple, au début, l'auteur prend le temps de présenter ses personnages, surtout Smoky. J'ai aimé cela. On sent que Cody McFadyen a pris le temps de creuser ses personnages, de leur donner corps. Ce ne sont pas de simples détectives qu'on range dans une boîte sitôt leur enquête terminée.
Cependant, certaines autres lenteurs font perdre de sa force au roman. Par exemple, la reconstitution des meurtres, à part écoeurer davantage le lecteur, n'apporte rien. Si elle avait été placée avant qu'on sache la mort des personnes, cela aurait pu être intéressant, parce que le lecteur aurait pu espérer que la victime s'en sortirait peut-être.

Bonnie force l'admiration du lecteur. Elle est obligée de grandir très vite, de s'aguerrir... Je ne sais pas trop comment j'aurais réagi, à sa place. Je ne pense pas que je serais restée saine d'esprit.
Quant à Smoky, on peut comprendre qu'elle flirte un peu avec la schizophrénie, qu'elle parle aux objets ou aux fantômes de Matt et d'Alexa... La force de caractère dont elle fait preuve est presque surnaturelle.
J'ai apprécié les autres personnages, même James, parce que j'ai compris son insensibilité apparente. J'ai compris pourquoi il semblait ne vivre que pour son travail.
Par contre, j'ai eu du mal à réellement apprécier Elaina. Sûrement parce que Smoky en dit trop de bien. Apparemment, la présence seule d'Elaina rassure, calme, apaise. C'est un peu gros. En outre, les rares fois où on la voit, elle ne semble pas avoir beaucoup de personnalité. On dirait que ce qui la caractérise, c'est sa sainteté... J'avoue que ça m'a un peu énervée.
En outre, Bonnie l'adore dès la première seconde... Ce n'est pas crédible.

J'avais deviné qui était le coupable. Au début, j'ai pensé que l'auteur voulait qu'on le soupçonne pour sortir quelqu'un d'autre de sa manche, mais non... En fait, on ne le soupçonne pas forcément, je l'ai fait à cause d'indices que j'ai assemblés, mais vous ne le démasquerez pas obligatoirement. En outre, son nom importe peu.
Le romancier s'attache à montrer un personnage horrible qui, dès sa naissance, était condamné. Le lecteur aura pitié de l'enfant, blâmera l'adulte qu'il est devenu, mais ne pourra oublier que l'adulte est manipulé depuis le début.

Attention! Passez au paragraphe suivant si vous n'avez pas lu le livre.
Il y a quelques incohérences. Peter explique qu'avec Renée, il a transgressé l'un des commandements. Mais apparemment, il en a transgressé un autre: il avait des disciples qui n'étaient pas ses enfants. Et puis, je trouve dommage qu'on n'ait pas su comment il les avait rencontrés... comment il avait fait pour reconnaître des personnes aussi malades que lui.
De plus, on n'arrive pas à savoir comment Peter a pu avoir accès aux clés de Smoky et de Léo. C'est le psy du FBI, d'accord, mais ça ne lui donne pas le droit d'accéder aux clés des domiciles des agents!
D'autre part, Charlotte griffe son agresseur, puis s'arrache l'ongle afin qu'on retrouve l'ADN du bourreau. D'abord, pourquoi s'arrache-t-elle l'ongle? On peut trouver de l'ADN sous les ongles sans besoin de se les arracher. En outre, il est curieux qu'elle ait eu assez de force pour faire cela, et ait supporté la douleur. On me dira qu'elle souffrait déjà beaucoup, et qu'une source de douleur de plus ou de moins ne fait pas grande différence, mais je ne suis pas convaincue.

Remarque annexe:
Callie appelle tout le monde (du moins les gentilles personnes) honey love. Je me demande comment le traducteur français a traduit cela? Chéri-chou? Mon petit chou? Mon coeur-chou? Chéri-coeur? J'opterais pour chéri-chou.

Éditeur français: Robert Laffont.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Kate Reading pour les éditions Books on tape.
La lectrice a une voix sympathique. Elle est parvenue à interpréter ce roman sans trop en faire ni sans être trop sobre. C'est un exploit, car je pense qu'il doit être très facile de tomber dans un extrême à la lecture de cet ouvrage. Par ailleurs, elle ne prend pas d'horribles voix pour les personnages masculins. Elle modifie sa voix, mais de manière intelligente.

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