Auteur : McCreight Kimberly

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lundi, 20 juin 2016

Là où elle repose, de Kimberly McCreight.

Là où elle repose

Ce roman sort le 18 août 2016 aux éditions Le Cherche Midi.

L'ouvrage:
Petite ville de Ridgedale, 2015.
Le corps d'un nouveau-né est découvert dans un sac, près d'une crique. Molly Sanderson, reporter au journal de la ville, couvre l'affaire. Cela fait resurgir un événement douloureux arrivé deux ans plus tôt: l'enfant que portait Molly est mort dans son ventre.

Sandy, dix-sept ans, est à la recherche de sa mère, Jenna, qu'elle n'a pas vue depuis deux jours. La jeune fille s'inquiète à cause de la vie chaotique de Jenna.

Critique:
Outre une énigme dont on ne devine pas forcément la solution (Qui a déposé ce bébé?), Kimberly McCreight s'attache à dépeindre les situations de chacun de la manière la plus détaillée possible. Louvoyant entre passé et présent, l'auteur expose la psychologie de femmes qui ont souffert, et en sont restées marquées. On comprend assez vite que la détresse de Jenna vient de son adolescence: entre ce que dit Sandy et les dates inscrites dans le journal intime que découvre le lecteur. Jenna éveillera forcément la compassion et l'admiration du lecteur, surtout lorsqu'elle trouvera la force d'accomplir un geste d'abnégation dont elle sait qu'il est nécessaire.

Quant à Molly, si j'ai compris sa psychologie et ses motivations, elle m'a agacée. À y bien réfléchir, je pense que cela vient de la lectrice qui lisait les passages narrés par Molly qui, pour moi, en faisait beaucoup trop. Molly a une attitude assez saine face à tout ce qu'elle vit. Même lorsqu'elle est ravagée par la tristesse ou la colère, son attitude reste logique. La preuve, c'est qu'elle-même s'effraie: elle sait donc où sont les limites.

On sait rapidement qu'il y a un problème avec Barbara. Fermée, engluée dans ses certitudes, incapable d'admettre qu'elle est un fléau pour ses proches, Barbara fait d'abord penser à ces personnes qu'on rencontre régulièrement au détour de la vie, et qui refusent d'admettre qu'elles ont besoin d'une sérieuse remise en question. À mesure du roman, on se rend compte que Barbara est peut-être plus atteinte que cela.

Kimberly McCreight démontre encore une fois qu'il ne faut pas se fier aux apparences. En effet, Jenna apparaît comme la droguée qui se donne à tous les hommes, alors que Barbara semble être la parfaite mère de famille.
D'autre part, à travers les commentaires postés après les articles de Molly, l'auteur montre la multiplicité des réactions: les avis peuvent être ouverts ou tranchés.

Bien sûr, la romancière tente de donner de faux indices afin que le lecteur soupçonne plutôt tel personnage de ceci ou cela. Cependant, ce n'est pas mal fait, et ce n'est pas insistant. En outre, il est également possible de soupçonner la bonne personne, ce que j'ai fait à un moment. Néanmoins, concernant cette personne, je pense que l'auteur en a trop fait. Il aurait peut-être fallu la montrer plus commune au long du roman.

Éditeur français: Le Cherche Midi.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par les éditions Harper Audio.
La distribution est la suivante:
Tavia Gilbert: Molly
Lauren Fortgang: Jenna
Rachel F. Hirsch: Sandy
Therese Plummer: Barbara

Comme je l'ai dit plus haut, je trouve que Tavia Gilbert en fait trop. Quand elle pleure, je ne ressens pas l'émotion du personnage, j'ai juste envie que ça s'arrête vite! Elle modifie trop sa voix pour les rôles masculins, c'est très désagréable, car cela ne fait pas naturel. D'une manière générale, je trouve sa lecture affectée. Je ne lirai pas les ouvrages qu'elle a enregistrés seule.

Les trois autres lectrices étaient, pour moi, dans le ton. Elles modifient aussi leurs voix pour les hommes, mais le font moins. Je pense qu'elles auraient peut-être pu le faire encore moins, mais cela m'a tout de même moins gênée que chez Tavia Gilbert.

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jeudi, 17 septembre 2015

Amelia, de Kimberly McCreight.

Amelia

L'ouvrage:
24 octobre. Kate Baron est appelée par le lycée de sa fille, Amelia, quinze ans. L'adolescente vient d'être exclue pour plagiat. Kate doit aller la chercher tout de suite. En arrivant au lycée, la jeune femme apprend qu'Amelia vient de se suicider en sautant du toit.

Un mois plus tard, Kate reçoit un texto anonyme: «Amelia n'a pas sauté.» Désemparée, elle décide de demander que l'enquête soit rouverte. En outre, elle va tenter de reconstituer les derniers mois de la vie de sa fille en lisant ses textos, ses mails, sa page Facebook.

Critique:
Kimberly McCreight part d'un thème qui, malheureusement, a trop souvent cours dans la réalité: le harcèlement moral entre adolescents. Pour moi, elle n'exagère pas, les choses peuvent aller aussi loin, d'autant que les nombreux moyens de communication (téléphones portables, réseaux sociaux) facilitent cela. L'auteur montre également l'inconséquence de personnes qui font un caprice, s'en prennent à celle qui les dérangent, et trouvent une certaine jouissance à la pousser à bout. Bien sûr, ici, on découvre que c'est plus complexe, mais ce genre de choses existe, tout comme les «clubs» (ici, les Magpies) dont les membres s'arrogent le droit de vie et de mort (du moins, socialement) sur la population du lycée.

Amelia est une adolescente ordinaire. Kate l'élève seule et a un travail très prenant, ce qui fait que parfois, la jeune fille ressent un manque, mais elle comprend très bien pourquoi c'est ainsi. En outre, Kate instaure des moments privilégiés avec sa fille. Celle-ci est équilibrée, ne cherche noise à personne, et sait qu'elle peut parler de ses problèmes à sa mère. Pourtant, elle ne le fait pas. Avec subtilité, l'auteur expose pourquoi l'adolescente n'y parvient pas. Tour à tour flattée et humiliée, elle se débat dans des sentiments compliqués, et sait que si elle avait la force d'agir, elle ne serait pas la seule à en souffrir. Il faut beaucoup de courage pour braver avec indifférence l'opinion d'un microcosme composés d'adolescents qui jouent beaucoup (même inconsciemment) sur le paraître, et sont prompts à juger. Même si Amelia n'est pas superficielle, elle ne peut être indifférente à ce «jeu» de pouvoir, d'influences, de paraître, etc.

Ensuite, la romancière décrit parfaitement la douleur de cette mère qui comprend qu'elle ignorait des choses importantes concernant sa fille, qui culpabilise, et surtout, qui doit vivre avec le fait qu'elle ne la reverra jamais. Ses réactions sont compréhensibles. Parfois, certains s'offusquent et trouvent qu'elle dépasse les limites. Ce sont seulement des égoïstes qui ne veulent pas faire preuve d'empathie. En effet, l'auteur aborde également les réactions des gens. Si certaines sont logique, au vu de ce que finit par savoir le lecteur, d'autres sont déplacées...

Le roman est parsemé d'énigmes. En effet, le harcèlement n'est qu'une pièce du puzzle, il fait partie d'un grand tout... Les solutions de ces énigmes se tiennent, elles forment une intrigue bien construite, bien menée. Pourtant, il y a une faiblesse. Outre le club de celles qui harcèlent pour s'amuser, quelqu'un tient un blog où sont déversés tous les ragots les plus fielleux sur les lycéens. On finit par savoir qui tient ce blog. La raison que donne cette personne quant à cela me paraît absolument irrecevable. Elle ne peut pas être sérieuse en invoquant cette raison! Cela dénote plutôt un esprit pervers, pernicieux, nuisible. En outre, j'ai l'impression que cette personne n'a pas la «punition» qu'elle mérite. Bien sûr, elle doit vivre avec ça, mais il faut vraiment être très bête (et elle ne l'est apparemment pas) pour avoir pensé que faire cela aurait un quelconque côté positif! Laisser cette personne vivre avec sa conscience (En a-t-elle vraiment une?) n'est absolument pas suffisant. C'est donc une faiblesse de scénario.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Khristine Hvam pour les éditions Harper Audio.

Éditeur français: Le Cherche Midi

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