La nature de l'air et de l'eau

L'ouvrage:
Irlande, années 60.
Clodagh Sheehy a grandi dans une grande maison non loin de la mer. Sa mère, Agatha, a été reléguée dans cette maison après la mort de son mari, Franck. Les soeurs de Franck ont toujours désapprouvé ce mariage qu'elles considéraient comme une mésalliance.

Clodagh cherche à se faire aimer de sa mère, jeune femme égoïste et instable, et tente également de percer le mystère qui émane d'elle.

Critique:
J'ai été déçue par ce livre que j'ai trouvé inégal. Au début, je me suis attachée à Clodagh, enfant qui recherchait l'amour de sa mère, et qui, à part la domestique, n'avait pas de personnes sûres sur qui s'appuyer. J'ai même admiré la jeune fille qui finit toujours par accepter sa mère telle qu'elle est, alors que celle-ci ne sait que rejeter ceux qui veulent l'aimer.
Par la suite, le caractère bien trempé de l'héroïne m'a plu. Elle n'avale pas tout rond les dires des religieuses, elle s'accroche à ses opinions, refusant de se compromettre en échange d'une amitié qu'elle sait frelatée, mais dont, pourtant, elle a grand besoin.

Seulement, le côté malsain du personnage me l'a fait trouver antipathique. Elle a hérité du charme, de l'impétuosité, et de la sensualité de sa mère, c'est une chose. Parfois, elle flirte même avec un brin de folie. Cependant, le plus terrible n'est pas là. Il est dans ce qu'elle continue de faire alors qu'elle est au courant d'une certaine situation. Comme sa mère, elle semble n'avoir aucune conscience.

Outre le personnage, si l'intrigue a un certain charme, au début, si on a envie de savoir la suite, cela s'émousse rapidement. À l'adolescence de l'héroïne, l'histoire s'essouffle. Par ailleurs, la jeune fille et sa mère sont les seuls personnages vraiment forts du roman. Les autres gravitent autour d'elles, mais ne laissent pas vraiment d'empreintes. Elles les écrasent de leur présence. Elles prennent trop de place, car elles ne sont pas positives, surtout Agatha. Angus est peut-être un peu plus consistant que les autres (il a également l'avantage de «combattre» l'aura des deux femmes), mais on le voit trop peu pour qu'il fasse réellement contrepied.

D'autre part, Regina McBride emploie une ficelle bien trop facile. Lorsque Clodagh «donne son nom» à Angus, on se doute que si elle disait la vérité, l'espèce de «surprise» que réserve la romancière serait éventée. Je l'ai vue venir de très loin! La technique manque beaucoup de subtilité. On me dira que Clodagh a sûrement fait ça pour garder une part de mystère, et peut-être aussi par folie, mais cela ne cadre pas vraiment avec son comportement habituel.

L'ambiance est certes bien rendue: cet endroit de l'Irlande, peuplé de légendes, cette intrigue où la mer joue un rôle important... Mais l'atmosphère et le décor ne font pas tout.

Éditeur: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par madame Dejoie pour l'association Valentin Haüy.

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