We are called to rise

À ma connaissance, ce livre n'a pas été traduit en français.

L'ouvrage:
2008, Las Vegas.
Après plus de vingt ans de mariage, Jim quitte Avis pour vivre avec une femme plus jeune. Avis tente de se reconstruire. D'autre part, elle sait que son fils, Nate, ne va pas bien, qu'il peut être incontrôlable. Jim ne semble pas avoir conscience de cela.

Bashkim a huit ans. Ses parents, des immigrés albanais, sont vendeurs de glace ambulants. Son père est souvent en colère...

Luis est soldat en Irak. Il vient de vivre un événement dont il pense ne pas pouvoir se remettre.

Critique:
Avec justesse, Laura McBride évoque ces personnages avec qui la vie n'a pas été tendre, et qui tentent (comme l'indique le titre) de se relever.
Outre son présent, Avis raconte (par petites touches) son passé auprès d'une mère inconséquente. Avis est lucide quant aux autres et à elle-même. Elle sait qu'elle n'a peut-être pas été une mère parfaite, son ambition étant surtout d'être différente de la sienne. À un moment, elle explique qu'elle préfère agir plutôt que de se lamenter, et ne comprend pas les gens qui le font. Je partage son opinion. Bien sûr, il n'est pas toujours facile d'agir, mais à terme, c'est plus bénéfique que passer son temps à pleurer.

Bashkim est un personnage très sympathique. Il a parfois des réflexions amusantes, une façon de voir les choses à la fois drôle et pertinente. Sa naïveté d'enfant se teinte d'un savoir qu'il a acquis en entendant son père se plaindre et fulminer, en voyant vivre les autres. Au long du roman, Bashkim va apprendre assez durement qu'on peut être écoeuré de la vie et des coups bas qu'elle peut faire.
Luis suit un peu ce schéma. Il est parachuté dans un monde de mort dont il ne pouvait imaginer la teneur. Lui aussi devra apprendre à assumer les coups durs, d'autant qu'il fut acteur de certains.

Outre ces personnages dont elle analyse très bien les pensées et les actes, Laura McBride aborde le thème de l'immigration. Le père de Bashkim s'adapte mal à son pays d'adoption, car il sait seulement revendiquer et se fâcher. Le lecteur oscillera entre exaspération et compassion à l'égard de ce personnage. Il a fui son pays pour des raisons politiques, après avoir passé vingt ans en prison. On peut comprendre qu'il soit écorché vif. Cependant, cela ne l'autorise pas à rudoyer les autres et à agir comme si tout lui était dû.
La mère de Bashkim, elle, s'adapte mieux, et pourtant, son pays lui manque. En effet, il ne faut pas perdre de vue que _ceux qui s'exilent pour ce type de raisons ne sont pas ravis de quitter tout ce qu'ils aimaient dans leur pays.

Concernant Nate, j'ai ressenti un peu la même chose qu'envers le père de Bashkim. Ses traumatismes ne l'autorisent pas à être violent, à agir inconsidérément. Cependant, si personne ne prend son courage à deux mains, et ne lui dit pas clairement qu'il a besoin d'aide, il n'avancera pas. C'est surtout en cela que Jim m'a déplu. Il n'est pas glorieux. Il pense protéger son fils, alors qu'il ne fait que l'enfoncer. Avis nous présente une autre facette de son mari lorsqu'elle évoque l'épisode où Emily lui met ses mains pleines de glace sur le visage. Là encore, Laura McBride exhorte son lecteur à voir au-delà d'un acte isolé. Jim aussi a été malmené par la vie. Cela n'excuse pas sa piètre façon d'agir ensuite, mais cela peut l'expliquer.

Le roman est à plusieurs voix. J'aime beaucoup cette façon de faire. J'ai un peu moins accroché aux parties racontées par Roberta, surtout au début. À partir du moment où elle est impliquée dans l'intrigue principale, cela a été plus facile. Je ne sais pas vraiment pourquoi Roberta m'a moins plu... Elle est pourtant sympathique.

Un livre profondément humain, sur lequel il y aurait encore beaucoup de choses à dire.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par les éditions Simon and Schuster Audio La distribution est:
Cassandra Campbell: Avis
Kirby Heyborne: Bashkim
Madeleine Maby: Roberta
Pete Simonelli: Luis.

Avant de lire ce roman, j'ai lu des chronique sur Audible.com. Certaines m'ont choquée. L'une disait que ce livre n'était que tristesse, et qu'elle ne voulait pas lire ça. Elle avait l'air de sous-entendre qu'on l'avait trompée sur la marchandise. Pourtant, lorsqu'on lit le résumé, on comprend très vite qu'on ne va pas rire en lisant ce roman.
Une autre se plaignait que Kirby Heyborne ne prenne pas un accent pour Bashkim. Pour ma part, je suis contente qu'il ne l'ait pas fait. D'abord, Bashkim va à l'école aux États-Unis, il parle anglais presque toute la journée. Ensuite, il est très jeune. Il est logique qu'il n'ait pas d'accent albanais lorsqu'il parle anglais. En outre, si le lecteur avait fait un accent, cela aurait été extrêmement laborieux pour lui à faire et pour moi à écouter! Enfin, il prend un petit accent pour les parents de Bashkim (il ne l'exagère pas), car il est logique qu'eux aient un accent.
D'une manière générale, j'ai apprécié les voix et la lecture de ces comédiens. J'ai trouvé la plupart des chroniques irrespectueuses. On peut dire qu'on n'a pas aimé un livre et une interprétation, mais pourquoi le dire agressivement et en dénigrant le travail des comédiens. Par exemple, au lieu de dire: «Mais c'est quoi, ces immigrés qui n'ont pas d'accent!», la personne aurait pu dire qu'elle aurait trouvé plus judicieux que Kirby Heyborne prenne un accent. Je suis la première à dire qu'une façon de lire ne me plaît pas, qu'un roman ne me plaît pas. J'espère toujours le faire sans agressivité.

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