Auteur : Mazetti Katarina

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vendredi, 15 mai 2015

Ma vie de pingouin, de Katarina Mazetti.

Ma vie de pingouin

L'ouvrage:
Nous suivons quelques personnages qui ont décidé de se payer une croisière dans l'Antarctique. Parmi eux, Wilma, qui tente toujours de voir les côtés positifs de la vie; Tomas, cynique et blasé; Alba, qui ne supporte pas qu'on la traite comme on croit qu'il faut traiter les personnes de son âge (soixante-douze ans), intrépide, et qui aime bien comparer les humains aux animaux. Chaque personnage a un secret ou des chaînes qui l'emprisonnent.

Critique:
Ce roman m'a plu. Cependant, il faut le prendre comme un divertissement léger, et accepter les petites invraisemblances que l'auteur a glissées. Par exemple, certains vont s'apercevoir de choses lors de cette croisière, et vont trouver la force de se débarrasser des fameuses chaînes qui les attachent à des êtres qui les assujettissent. J'ai trouvé un peu gros que cela se fasse pendant la croisière... On me dira que le changement d'environnement et le fait de voir sa vie à travers les yeux d'inconnus peuvent être des déclencheurs.

Ensuite, beaucoup trop d'idylles se nouent lors de cette croisière. Pourquoi pas? Mais Katarina Mazetti joue encore une fois du coup de foudre. Bien sûr, elle l'enrobe, et fait en sorte qu'il n'arrive pas en un seul regard. Cela aide à le faire passer, mais il faudrait peut-être qu'elle évite d'user trop souvent de cette ficelle.

En outre, la romancière présente deux couples mal mariés. On a envie de demander pourquoi ils se sont mariés au départ, tant ils sont mal assortis. De ce fait, j'ai trouvé cela un peu gros. Je me suis quand même amusée à lire la manière dont Alba (et sûrement les autres témoins) interprétaient les réactions de Lennart.

J'ai apprécié la manière dont Wilma ouvre les yeux de Tomas sur sa situation. En effet, le lecteur pensera comme elle quant aux raisons pour lesquelles le couple de Tomas n'a pas fonctionné. Il est à la fois amusant et fascinant de voir comme une personne peut se fourvoyer concernant sa propre situation...

Les personnages principaux son sympathiques. Je ne sais pas trop comment je réagirais à la place de Wilma... il m'a semblé qu'elle faisait peut-être un peu trop bonne figure pour être vraisemblable, mais il est vrai que chacun réagit comme il peut, et que ce genre de réactions est positif.

Parfois, j'ai eu l'impression que le style était un peu poussif, n'allait pas aux personnages. Par exemple, à un moment, Wilma dit: «À quoi m'étais-je attendue?» Pour moi, ce genre de phrases ne va pas vraiment au style d'histoire et au personnage de Wilma. J'aurais dit: «Je m'attendais à quoi?»

J'ai bien aimé le décor, les scènes racontées entre les animaux, les observations d'Alba... Alba qui compare, refuse les catégorisations (ce en quoi je l'approuve), écoute, et se fait un devoir de ne pas regretter ce qui n'a pas fonctionné dans sa vie...

Je n'ai pas vraiment compris pourquoi Katarina Mazetti avait ajouté une présentation des personnages... Elle est quelque peu amusante si on la lit après avoir lu le roman, mais elle n'apporte pas grand-chose.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par les éditions Audiolib qui me l'ont envoyée.
La distribution est la suivante: Cachou Kirsch: Wilma, Erwin Grünspan: Tomas, Nathalie Hons: Alba, Marcha van Boven: Mona et Ula, Patrick Donnay: Lennart Jansson.

L'éditeur a judicieusement choisi des voix très différentes, impossibles à confondre.
J'ai été ravie de retrouver Cachou Kirsch qu'à mon avis, on entend bien trop peu! Pour moi, elle n'a pas eu la partie facile, notamment à cause de certaines phrases qui détonnaient. Elle s'en est très bien sortie, gommant au maximum ces étrangetés de style, et interprétant Wilma sans trop en faire. En effet, il aurait été possible de tomber dans le surjeu.

Je ne connaissais pas Erwin Grünspan. Je pense que sa voix est en adéquation avec la représentation qu'on se fait de Tomas à la lecture du roman.

Patrick Donnay a su se glisser dans la peau de Lennart. Sa lecture et son intonation font qu'on perçoit très bien la vie et les sentiments de ce personnage.

Nathalie Hons a trouvé le ton juste pour interpréter la dynamique et baroudeuse Alba. Je pense qu'il n'était pas forcément simple de trouver un ton énergique sans trop en faire.
Comme je suis pinailleuse, je soulignerai qu'à l'instar de beaucoup de francophones, elle prononce mal le prénom Miguel. Comme je l'ai déjà dit, à l'espagnole, ce prénom se prononce comme à la française. La prononciation Migouel est fausse, puisqu'en espagnol, quel que soit le mot, «gue» se prononce comme en français.

Devant jouer deux personnages, Marcha van Boven les a un peu marqués pour qu'on les différencie bien. Cela m'a un peu gênée pour Mona qui a l'air d'une cruche. Certes, quelqu'un qui se laisse dicter sa conduite ne forcera pas l'admiration, mais j'aurais préféré que les interventions de Mona soient lues de manière plus neutre. Cependant, je comprends que la comédienne ait fait de son mieux pour donner deux styles très différents aux personnages qu'elle incarnait.

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lundi, 9 avril 2012

Les larmes de Tarzan, de Katarina Mazetti.

Les larmes de Tarzan

L'ouvrage:
Elle lui est littéralement tombée dessus alors qu'elle «jouait» à faire Tarzan sur la plage. C'est donc comme ça que Janne surnommera Mariana.
Janne roule en Lamborghini, papillonne, ne veut pas d'enfants. Mariana arrive à peine à nourrir ses deux enfants, et soupire après Mike, son grand amour, que sa schizophrénie a éloigné pour un temps. Après cette rencontre fracassante, ils se reverront. Une relation compliquée commence.

Critique:
Cela fait un moment que ce livre me tente, mais j'étais réticente, car le scénario est encore un couple que tout sépare. J'avais peur que ce soit une copie (donc pâle) de «Le mec de la tombe d'à côté», que ce livre ait été écrit à la va-vite pour surfer sur la vague du succès qu'obtinrent Benny et Désirée. Je n'ai pas été déçue d'avoir dépassé ma réticence. J'ai été étonnée que l'auteur parvienne à se renouveler avec un scénario ressemblant. D'abord, si le livre est raconté à plusieurs voix, outre celles de Janne et Tarzan, on partage les sentiments de Bella et Billy, les enfants de Mariana. Cela change un peu, donne différents points de vue. La façon dont s'expriment les enfants est aussi un petit changement, au cas où le lecteur s'enferrerait dans la routine.

Ensuite, sous des allures de ressemblance, l'histoire diffère. Ce n'est pas tellement la géographie ou les personnalités des protagonistes qui les empêchent de se retrouver. S'ils viennent de deux mondes différents, ils pourraient se côtoyer sans problèmes, à l'inverse de ceux de Benny et Désirée.
De plus, ils n'ont pas du tout la même personnalité que Benny et Désirée, ce que je craignais. Dans ce roman, je n'ai pas eu de préférence pour l'un ou l'autre. J'ai compris les deux. Mariana a de la repartie, ne s'en laisse pas conter, et refuse de tomber dans la facilité. C'est ce qui en fait quelqu'un de bien, à mon avis. Avec un tel personnage, l'auteur évite le cliché de la femme qui profite de l'argent de l'homme riche. Et pourtant, Mariana est parfois obligée de recourir à Janne... et à son argent.
Elle fait ce qu'elle peut avec ce qu'elle a. Elle ne perd pas ses rêves de vue, élève ses enfants du mieux qu'elle peut, et quand tout lui pèse, elle le recouvre d'une bonne dose d'humour.
Certains soupireront qu'elle a l'air parfaite, et qu'elle n'est donc pas intéressante. Elle n'est pas parfaite. C'est juste une madame tout le monde, ayant certaines qualités qui semblent se perdre quelque peu dans notre société.

Quant à Janne (son prénom me perturbe ;-) ), il est sympathique. On pourrait se demander, comme lui, ce qu'il trouve à Mariana. Étrangement, cela ne m'a pas fait bondir, alors que l'attirance de Janne ne s'explique pas vraiment. (Pour Mariana, tout est expliqué, analysé, décortiqué...) Je pense que c'est sous-entendu: cette rencontre a révélé certaines choses à Janne, choses qui le font grandir presque malgré lui, qui l'obligent à sortir de sa petite vie routinière et un peu fade. Mariana est la cause de ce changement. Cela explique donc l'attirance, voire l'amour de Janne pour elle. Et puis, Mnotre héroïne est quelqu'un de bien, quelqu'un d'aimable, de charismatique.

Cette histoire resterait banale, voire insipide sous la plume d'un autre que Katarina Mazetti. Elle rend cette intrigue explosive grâce à ses personnages qui ne laissent pas indifférents, mais aussi de par son style caustique, vif, enlevé, sans fioritures. Alliant truculence et gravité, elle nous sert un récit brillamment mené. S'il ne fallait retenir que deux moments clés, j'évoquerais d'abord celui où Janne vient voir Mariana, se retrouve seul avec Bella et Billy, et... finit par être perçu comme un pédophile par la voisine! Cette scène est un exemple de l'humour dont sait faire preuve Katarina Mazetti, humour dont son roman est jalonné.
Ensuite, il y a cette scène grave, émouvante, et décisive: Janne donnant un portable à Mariana, et lui disant de l'appeler s'il y avait une urgence. Elle est d'apparence banale, mais si pleine d'émotion et de tendresse qu'elle ne pourra que toucher le lecteur. Je me doutais, après ce don de portable, qu'une situation urgente se présenterait...

Quant à la fin, elle me convient. Elle n'est pas figée, mais va vers la voie que je souhaitais.

Éditeur: Gaïa.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.
J'apprécie toujours autant cette lectrice. Elle lit toujours de manière soignée, sait être sobre sans monotonie, et mettre le ton qu'il faut sans surjouer. Je pense que ce roman ne doit pas être facile à lire à voix haute, car il mélange subtilement humour, gravité, avec des pointes de désespoir, et une touche d'optimisme. Tout cela ne doit pas être simple à faire passer. D'autre part, un roman à plusieurs voix est délicat à lire seul.
Martine Moinat s'en est très bien sorti, sachant rendre le dynamisme de Katarina Mazetti, ainsi que tous les sentiments contenus dans ce roman.

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lundi, 28 novembre 2011

Le caveau de famille, de Katarina Mazetti.

Le caveau de famille

Note: Si vous n'avez pas lu «Le mec de la tombe d'à côté», il vaut mieux ne pas lire cette chronique.

L'ouvrage:
Benny et Désirée ont trois soirs pour tenter de faire un bébé. Si cela n'aboutit pas, ils ne doivent plus se revoir. Pourtant, chacun ne peut s'empêcher de penser à l'autre. Chacun ne se voit pas faire sa vie sans l'autre.

Critique:
Il était très risqué d'écrire une suite, surtout après le succès de «Le mec de la tombe d'à côté». En outre, certaines suites sont souvent insipides, car écrites après que le tome 1 a été très apprécié.
Pour moi, Katarina Mazetti a brillamment relevé le défi. J'ai d'abord retrouvé l'ambiance du premier livre avec plaisir. Ensuite, le magnétisme des deux personnages principaux a opéré. L'auteur a su leur faire dépasser un cap, et à ce qu'ils restent crédibles. J'avais peur qu'à partir du moment où leur situation change, ils ne soient plus eux-mêmes. Cela aurait révélé des personnages peu épais.

Au début, certaines choses m'ont un peu agacée: par exemple, Benny et Désirée semblaient en désaccord sur à peu près tout, sauf le sexe. ;-) Or, il est vrai qu'on ne peut pas toujours s'entendre sur tout, mais là, je trouvais ça un peu exagéré, car une relation où il y a trop de divergences d'opinions sur trop de sujets et de façons de faire n'est pas viable.
Et puis, l'auteur finit par «réajuster» ses personnages, et tout passe beaucoup mieux.

Dans le tome 1, je trouvais Désirée très intransigeante, il me semblait qu'elle ne faisait pas de concessions. Ici, les rôles s'inversent quelque peu. À mon sens, c'est même elle qui fait davantage de concessions. Elle se retrouve complètement happée par sa nouvelle vie. On l'imagine mal s'adaptant à une vie qui est en opposition totale avec ce à quoi elle aspire. Pourtant, elle y parvient tout en continuant d'être elle-même, en n'abandonnant pas ses rêves, même si elle doit mettre certains projets en attente. C'est un personnage positif, au final.
Il semble que Benny la comprenne moins que dans le tome 1.
J'ai aimé la confrontation des points de vue sur les différents travaux que doit effectuer chacun. Là encore, Désirée m'a semblé plus souple.
D'autre part, elle découvre des aspects positifs où elle n'aurait pas cru en voir. J'ai trouvé cela bien. Elle se révèle davantage ouverte que ce que le tome 1 laissait entrevoir, et même davantage que ce qu'elle pensait. Globalement, l'histoire est réaliste. Tout ce qui arrive et la façon de réagir de chacun est crédible.

L'auteur raconte des événements ordinaires qui arriveraient à n'importe qui dans ce genre de situation. Et pourtant, la magie est là: l'histoire, les personnages, les questions soulevées par cette cohabitation explosive, tout m'a plu. Même lorsque nos deux héros s'enferrent dans une routine prévisible, je croyais en eux, et chaque événement était nouveau pour moi, même s'il pouvait paraître attendu. Je trouve ça fort de la part de l'auteur.
La dernière intervention de Désirée est très réussie, car elle m'a fait rire et stressée à la fois! J'ai ri en tant que spectatrice, et stressé en me mettant à la place de Désirée.

Cet été, j'ai discuté du tome 1 avec quelqu'un qui venait de le lire. Alors que j'en disais du bien, il m'a fait remarquer à quel point la fin était, en fait, détestable. Effectivement, vouloir faire un enfant de manière tout à fait égoïste, juste pour avoir un enfant, et l'élever seule, ou pour qu'il voie son père tous les week-ends, c'est affreux. Il n'y a qu'à voir tous les enfants emportés dans la tourmentes de séparations de parents. Donc, vouloir un enfant en pensant qu'on l'élèvera peut-être seule, en ne pensant pas au bien-être de l'enfant, c'est méprisable. D'habitude, je suis la première à blâmer les personnes agissant ainsi. Je me suis donc demandé pourquoi, cette fois-ci, j'avais trouvé cela bien. Parce que pour moi, Désirée ne voulait pas seulement un enfant de Benny. Elle voulait Benny, elle voulait fonder une famille avec lui. Comme elle se sentait incapable de quitter sa vie citadine, et que Benny ne voulait pas quitter sa ferme, elle a couplé son envie d'avoir un enfant avec son envie d'avoir Benny. Dans ma tête, elle ne le savait pas vraiment, c'était inconscient, mais c'était ça. C'est, je pense, ce genre de raisonnement qui a vraiment donné vie aux personnages. S'ils étaient capables de faire des choses inconsciemment, de prendre un chemin tortueux pour parvenir à un résultat souhaité (car aucun d'eux ne laisserait son enfant grandir loin de l'autre, c'était une certitude pour moi), cela faisait d'eux des personnages agissant comme de vraies personnes.

Le seul reproche que je ferai, c'est que le livre se termine trop vite! J'étais si bien avec les personnages! j'étais si contente de partager leur vie et ses aléas. J'aurais voulu que cela dure trois fois plus longtemps. Je n'étais pas prête à les quitter... Je sais qu'un tome 3 est inenvisageable, car l'auteur ne peut pas broder indéfiniment des pages sur la vie du couple infernal.

J'ai l'impression de n'avoir pas assez parlé du livre, mais je me rends compte qu'il est très dur à chroniquer sans être dévoilé. D'ailleurs, j'ai été obligée d'en révéler une partie...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marielle Ostrowski, Michelangelo Marchese, et Cécile Florin. Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib.

Je pense que j'ai facilement retrouvé la magie du tome 1 parce que j'avais beaucoup aimé la prestation des deux comédiens. Là encore, ils n'ont pas démérité. Il me semble que le jeu de Marielle Ostrowski s'est même amélioré. J'espère que ces deux comédiens enregistreront souvent des livres, car ils ont des voix très agréables, et du talent.
Je ne connaissais pas Cécile Florin. Je n'ai pas vraiment apprécié son jeu. À sa décharge, elle avait un très petit rôle, il devait donc être plus difficile pour elle de se mettre dans la peau du personnage.

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mardi, 8 février 2011

Le mec de la tombe d'à côté, de Katarina Mazetti.

Le mec de la tombe d'à côté

L'ouvrage:
Désirée a trente-cinq ans. Depuis peu, elle est veuve. Elle s'habille de couleurs pâles, adore lire, aime le théâtre...
Elle se rend régulièrement sur la tombe de son mari. Elle croise parfois un homme, qu'elle finit par baptiser le Forestier (à cause de l'inscription sur sa casquette) ou le mec de la tombe d'à côté (parce qu'il est en deuil de ceux qui occupent la stèle voisine de celle de son mari).

Lui, c'est Benny. Fermier, pragmatique, préférant les vêtements plus tape-à-l'oeil, ayant très peu de temps à lui, s'accommodant tant bien que mal de sa solitude quasi-forcée...
Désirée et Benny se jaugent. Chacun n'apprécie pas vraiment ce qu'il voit de l'autre. Pourtant, ils finiront par se rapprocher.

Critique:
Ce livre est un coup de coeur. J'avoue que je ne m'y attendais pas du tout, car en général, je suis très sévère envers un ouvrage dont j'ai entendu trop de bien.

Ce roman est intelligemment écrit. Il aurait été très facile pour l'auteur de tomber dans le cliché: le paysan inculte et rustre en face de la femme cultivée rebutée par la seule idée d'entrer dans une étable... Benny est préoccupé de sa ferme, et donc est plus pragmatique que Désirée. Il n'a pas le temps de s'attarder sur l'art et certaines autres formes de culture. Mais ce n'est pas parce que l'opéra ne l'intéresse pas (il me rebute totalement, quant à moi), qu'il n'a pas de culture.
Quant à Désirée, elle passe moins facilement dans le monde de Benny... Il me semble qu'elle fait moins de concessions que lui. Par exemple, elle ne l'aide jamais.

Ceux qui me connaissent seront étonnés que je ne sois pas exaspérée par le coup de foudre. Pour moi, ce n'en était pas vraiment un. Il est quelque peu préparé. En plus, on voit comment les deux protagonistes le vivent après qu'il est arrivé, et tout est très réaliste.
D'autre part, l'auteur a réussi ce tour de force: une histoire d'amour sans mièvrerie. Si ce couple disparate attendrit, exaspère parfois, on ne le trouve jamais mièvre.
J'ai adoré la scène des cadeaux d'anniversaire offerts à Désirée! D'une manière générale, j'ai aimé la découverte de l'amour par les protagonistes. Cela leur tombe dessus, ils ne peuvent rien empêcher, rien contrôler... J'ai trouvé que c'était très bien décrit, et ai apprécié la réaction des personnages.
C'est un livre à la fois drôle, touchant, et romantique.

Katarina Mazetti a su donner de l'épaisseur à ses personnages: on s'identifie à eux, on les comprend, on s'y attache...
Beaucoup de questions sont habilement posées, dont celle de l'amour contre la raison. C'est la plus importante de toutes dans cet ouvrage.
Une autre est celle à laquelle l'auteur ne répond pas vraiment: deux personnes ayant des styles de vie très différents peuvent-elles vivre ensemble?

Dans ce roman, la polyphonie est une très bonne chose. J'ai adoré passer d'un point de vue à l'autre. Cela est fait sans redondances, sans lourdeurs qui sont les pièges dans lesquels tombent certains auteur qui s'essaient à la polyphonie.

Si les deux personnages principaux occupent beaucoup de place, l'auteur a su en créer d'autres très intéressants.
Martha attirera la compassion ainsi que l'exaspération du lecteur.
Madame Lundmark est assez fascinante et un peu effrayante... et bien sûr, elle inspire la pitié.
Orian est assez déconcertant... voire détestable. On dirait un robot. C'est à la fois une force et une faiblesse du roman. C'est une force parce que cela explique que Désirée ait été à ce point assoiffée d'amour, de sentiments vrais... C'est une faiblesse parce qu'il est facile au lecteur de ne pas le regretter.

Que dire de la fin? Elle colle très bien au reste du roman. Mais elle vous laissera avec une kyrielle de questions. Certains s'inventeront une suite pour y répondre. Quant à moi, j'aimerais presque que l'auteur l'écrive elle-même.

Remarque annexe:
Benny habite à quarante kilomètres de la ville. Il est un peu gros qu'il fasse si souvent l'aller retour entre le cimetière et la ferme, surtout qu'ensuite, il le fait moins, alors que son amour habite en ville.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marielle Ostrowski et Michelangelo Marchese.
Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib. Il sort en audio le 16 février.

Les deux comédiens ont brillamment interprété ce roman.
Marielle Ostrowski a une voix caractéristique. Elle fait partie des voix qu'on reconnaît facilement. Elle est douce, malgré un léger enrouement, et très fraîche. De plus, la lectrice joue sans cabotiner. Elle traduit à merveille les états d'âme de Désirée.
Le jeu de Michelangelo Marchese est un peu plus sobre que celui de Marielle Ostrowski, mais je pense que cela est dû au personnage de Benny. Le comédien entre parfaitement dans son rôle. Je n'imagine pas Benny interprété autrement. Outre son jeu sans failles, il a une voix très agréable.

Même si je préfère les livres sans musique, celle qui émaille cet ouvrage n'est pas désagréable.

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