A Nameless Witch

À ma connaissance, ce roman n'a pas été traduit en français.

L'ouvrage:
À cause d'un sort jeté sur sa famille, elle est née sorcière, non-morte, et éternellement belle. Après avoir vécu dans le grenier de ses parents (qui n'ont pas pris la peine de lui donner un prénom), elle a été recueillie par une sorcière qui en a fait sa protégée. C'est à la mort de sa bienfaitrice qu'elle part à la rencontre de son destin, mais aussi avec lidée de venger le meurtre de son mentor. D'abord accompagnée de Newt, le canard démoniaque qui est son familier, elle rencontre d'autres êtres au cours de son périple.

Critique:
J'ai eu un peu de mal à entrer dans ce roman. Au départ, l'héroïne m'agaçait un peu, avec sa gentillesse. Cependant, j'ai fini par la comprendre et l'accepter (au chapitre 3 sur 29), et j'ai pleinement apprécié le roman. Il faut garder à l'esprit que l'auteur utilise les codes du conte, de la fantasy, du roman de chevalerie et de sorcellerie, tout en en parodiant certains. Par exemple, Newt, le canard, a toujours envie de tuer et se plaint très souvent. C'est un râleur. Il ressemble aux familiers des sorcières, mais certaines de ses faiblesses font qu'il est plutôt drôle. Par exemple, il ne sait pas voler. De plus, il est superstitieux quant à un très grand sorcier dont il ne faut absolument pas prononcer le nom sous peine (selon Newt) de périr dans d'atroces souffrances (comme par exemple, être étranglé par ses propres intestins). Ce passage est peut-être un clin d'oeil à la série «Harry Potter», dans laquelle on ne doit pas prononcer le nom de Voldemort. Mais A Lee Martinez détourne un peu la chose, puisque les terribles histoires que raconte Newt à propos de ceux qui se risquèrent à prononcer le nom tabou donnent plutôt envie de rire. Newt lui-même se ridiculise quelque peu, alors qu'il se veut effrayant.

Comme dans les contes, notre héroïne part pour une quête. Elle rencontre des embûches dont certaines la feront évoluer. C'est là que l'auteur introduit un concept intéressant. À un moment, l'héroïne comprend quelque chose à propos des gobelins. J'aime beaucoup l'idée énoncée ici parce que je pense que dans une certaine mesure, on peut l'appliquer à la vie. Bien sûr, pas littéralement, mais c'est une invitation à faire preuve de courage, et parfois, à penser autrement pour résoudre un problème.

Comme dans tous contes, la jeune et belle héroïne rencontre l'amour. Cela donne l'occasion à A Lee Martinez d'introduire un autre topos du genre: le chevalier blanc. Là encore, on trouve les codes propres au genre, mais ils sont quelque peu détournés.

Outre Newt, les personnages merveilleux sont empruntés à plusieurs genres, et là encore, certains codes sont détournés. La sorcière a, bien sûr, un balai. Ce balai est une fille et s'appelle Pénéloppe. On rencontre également Gwurm, le gentil troll, et l'énigmatique renarde... mais aussi (comme dans les contes) une route qui voudrait bien qu'on la débarrasse de sa saleté (et dont les réactions sont assez drôles), et une rivière qui a une étrange requête.

Sans tomber dans le niais, A Lee Martinez joue habilement des codes qu'elle emprunte à plusieurs genres. Malgré une apparente simplicité, ce roman fera rire et réfléchir.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Ann Marie Lee pour les éditions Tantor Media.
J'aime beaucoup cette comédienne. Ici, elle a modifié sa voix pour certains personnages. Je n'aime pas trop cela, d'habitude, mais ce roman s'y prête. En outre, la voix qu'elle prend pour Newt est appropriée au personnage. Elle prend une voix peut-être un peu trop douce (une voix qui se veut sage) pour l'héroïne. C'est parfois un peu agaçant. Pour le troll, elle fait un accent anglais puisqu'il a un accent anglais. Heureusement, elle ne l'exagère pas trop. D'une manière générale, les voix qu'elle fait sont assez réussies.

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