L'oiseau-tempête L'ouvrage:
Gabrielle a quarante-cinq ans. Elle est mariée, avec Alain, qu'elle aime profondément. Ils habitent à Genève. Elle a publié un livre. Puis elle a consacré sa vie à son marie, passant son temps à attendre qu'il lui donne autant d'amour qu'elle en donnait. Elle n'est pas comblée par Alain. Elle commence à perdre ses illusions. Elle n'est pas aigrie, car elle a assez de caractère pour ne pas le devenir, mais toutes les frustrations qu'elle connaît la rapprochent lentement du désespoir.

C'est alors qu'elle va passer quelques jours à Paris avec son amie Catherine. Celle-ci lui présente deux de ses amis: Boris et Marc, un couple d'homosexuels. Gabrielle est tout de suite attirée par Boris, bien qu'elle le sente étrange. Une curieuse relation va se nouer entre elle et ces hommes. Une relation malsaine, où elle sera toujours en position de demandeuse...

Critique:
Par certains côtés, ce livre m'a rappelé "La salamandre", de Jean-Christophe Rufin. J'ai eu peur que ce soit encore l'histoire d'une femme que l'on met plus bas que terre, et qui en redemande. Au début, cela semble être le cas. Gabrielle, dont le coeur est assoiffé, tombe amoureuse de Boris, puis de Marc. On a un peu pitié de cette femme qui est tant en quête d'amour qu'elle aime le premier qui semble la regarder comme une femme. Boris et Marc lui font beaucoup de mal. Boris commence par souffler le chaud et le froid. Puis elle connaît une passion violente et déchaînée avec Marc. Mais Marc, qui se défend d'aimer, lui fait payer cher ses moments d'abandon, en l'humiliant, la rabaissant, en se montrant froid avec elle.

(Ne pas lire ce paragraphe, si vous comptez lire le livre, j'y parle de la fin.)
Gabrielle touche le fond, et puis... elle se relève. Elle comprend qu'elle a aimé ces hommes pour de mauvaises raisons. Elle comprend qu'elle ne doit plus dépendre du regard des autres pour exister, qu'elle n'a pas besoin de se forcer, de s'auto-refouler pour être aimée. Les horreurs vécues à cause de Marc et Boris font qu'elle se trouve elle-même. Elle se sert de ce mal comme d'une leçon. Elle apprend de son erreur.
Donc, même si le livre traîne, et qu'on a du mal à comprendre pourquoi Gabrielle aime ces hommes si destructeurs (cela ne s'explique que par son énorme besoin d'amour), le livre est une note d'espoir pour tous ceux et celles qui aiment quelqu'un qui n'en vaut pas la peine, qui s'accrochent à des êtres qui les piétinent et les utilisent pour flatter leur ego. Un jour, Gabrielle en a eu assez de la cruauté et des humiliations, et s'est reconstruite.

Je conseille donc ce livre, même si je ne l'ai pas trop aimé, pour son message d'espoir.

Éditeur: JCL.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Laurence Gargantini pour la Bibliothèque Braille Romande.

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