Meurtres entre soeurs

L'ouvrage:
Edwin et Maureen sont veufs. Chacun a une fille. Ils se rencontrent, se marient... Les deux filles (Emily et Olivia) ont du mal à s'accepter. C'est alors que naît Rosie. Edwin et Maureen tombent en adoration devant elle, c'est leur petite princesse. Cela donne à Emily et à Olivia des envies... de meurtre.

Critique:
Si le livre m'a plu, globalement, j'ai eu du mal à y entrer pour plusieurs raisons. D'abord, au début, le style ne va pas au roman, à mon avis. C'est un style précautionneux, relevé, agréable. Cependant, il est trop lisse, trop poli. Jolies phrases bien tournées, vocabulaire recherché... tout cela ne va pas vraiment avec ce que raconte le roman. Je m'attendais à une écriture au scalpel, percutante. Et l'histoire, servie par ce style, me paraissait plate. C'était une banale intrigue familiale assez prévisible.
D'autre part, il y a beaucoup d'ellipses. Le temps passe très vite. Je n'aime pas ça, en général, et ici, cela m'a gênée en plus du reste. Cela donne une impression de bâclé. On n'a pas vraiment la possibilité de découvrir les personnages: ils sont trop «morcelés» par le temps.

Par la suite, les choses s'arrangent. Le style devient fluide. On dirait que l'auteur a trouvé ses marques. Elle est plus à l'aise. Cela reste une histoire de famille qui ne s'entend pas, mais j'y ai vraiment pris part, parce que les personnages prennent davantage d'épaisseur, l'histoire devient plus complexe, et moins prévisible. En outre, il n'y a plus d'ellipses. Ce qui se passe alors qu'Emily et Olivia sont plus âgées est un mélange subtil de comédie et de drame. C'est là que le récit devient vraiment palpitant. Le lecteur suivra avec intérêt les coups bas, les manipulations psychologiques, les retournements de situations, et les coups du destin.

Si Emily et Olivia finissent par attirer la sympathie du lecteur, les personnages ne sont pas très creusés. Ils le sont un peu plus à partir du milieu du livre, mais il ne faut pas s'attendre à des protagonistes très complexes. D'ailleurs, on prend parti pour elles parce qu'elles sont plus sympathiques que Rosie... ce qui n'est pas très difficile!
De plus, le lecteur sera sensible à l'affection, et à la solidarité qui se nouera entre les deux femmes. Les coups durs qu'elles subissent ne les aigrissent pas, et elles finissent par prendre les bons côtés de la vie.

Rosie, son mari, et sa fille sont absolument détestables. Ils en sont presque incroyables. Ils ont tous les défauts, tous les vices. À partir du moment où l'histoire prend son essor, ce n'est pas trop gênant, mais cela reste un peu dommage.

Remarque annexe:
J'adore le passage où Maureen ne reconnaît pas Rosie et Rupert et où Emily et Olivia en rajoutent en disant haut et fort à leur mère qu'elle devrait se souvenir de Rupert, puisqu'elle l'appelle Porcinet, et qu'elle constate toujours qu'il mange tous les petits gâteaux.

Éditeur: Autrement.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Catherine Michault.
Au début, la lectrice a également été gênée par le style qui ne va pas au thème. Elle cherche son ton. On voit qu'elle hésite, qu'elle se demande comment lire ceci ou cela.
J'ai constaté que sa lecture était bien plus fluide et juste à partir du moment où les choses s'arrangent, où le style et l'intrigue s'imbriquent. À partir de ce moment, elle met le ton approprié.

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