L'avocat de Portland

L'ouvrage:
Daniel Ames est avocat au cabinet Reed et Bricks. Il se retrouve à défendre un groupe pharmaceutique qui a commercialisé un médicament, l'Insufort, qui entraînerait des malformations congénitales.
Tout se complique lorsqu'après une erreur qu'on lui a fait commettre, Daniel est renvoyé du cabinet d'avocats. Les choses se gâtent franchement lorsqu'il est soupçonné après le meurtre d'Arthur Bricks, l'un de ses anciens patrons.

Critique:
On me dira que ce roman est un polar classique. C'est vrai qu'on retrouve des ficelles déjà maintes fois utilisées: par exemple, le personnage principal que tout accuse, précipité dans une machine infernale. Il est innocent, mais personne ne le croit, sauf un autre personnage (ici, Kate Ross), personnage duquel il finira par tomber amoureux.
Il est vrai que la trame du roman est assez classique, mais il m'a plu. D'abord, si on devine certaines choses, on ne trouve pas tout. En outre, j'ai trouvé intéressantes les deux théories quant à l'Insufort (médicament imaginaire). Là encore, ce genre de procès doit être monnaie courante, mais je trouve que l'auteur a su exploiter ce pan de l'intrigue.
À un moment, Daniel fait un court passage en prison, et là encore, on trouve des choses qui ne surprennent pas, mais qui ne m'ont pas déplu.
Le lecteur astucieux devinera qui tire les ficelles, Le mobile est, lui aussi, très classique, mais si réaliste.

Si certaines choses sont prévisibles, il y a quand même des rebondissements, et l'auteur ne fait pas traîner son roman. Je pense que c'est cette absence de longueurs qui fait qu'on pardonnera une trame et certains événements classiques à Philippe Margolin.

Les personnages de Daniel et de Kate sont attachants. Bien sûr, ils sont là pour éveiller la sympathie du lecteur. De plus, on n'a pas grand-chose à leur reprocher, ils sont assez manichéens. En général, cela m'agace, mais ici, c'est bien passé. Des personnages comme ça font plaisir, de temps en temps.
Les personnages de Martin Alvarez et de Gene Arnold sont également intéressants. On les voit peu (surtout Gene), mais on comprend leur souffrance, et leurs motivations.
Les autres personnages, malgré leur absence de complexité, sont terriblement réalistes... même le pire.

Éditeur: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Yves Fournier pour l'association Valentin Haüy.
J'ai bien aimé l'interprétation de Jean-Yves Fournier. Outre sa voix agréable et dynamique, il met le ton approprié, et n'en fait pas trop. J'ai déjà tenté de lire un roman enregistré par lui («Le problème de Turing»), et ce livre m'ayant ennuyée, la seule chose que j'avais regrettée était de ne pas continuer à entendre un lecteur agréable.

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