Le refus

L'ouvrage:
1917. Julien Lacombe est en permission depuis quatre jours. Cette permission est brutalement interrompue: il doit regagner son régiment. Alors qu'il est sur le quai de la gare, il assiste aux retrouvailles d'un couple: l'homme a la moitié du visage arrachée vraisemblablement par un obus. Julien repense alors à son frère, mort au combat, à tous ces hommes tués d'un côté comme de l'autre. Incapable de retourner au milieu de cette boucherie, il déserte.

Critique:
Ce roman s'attache d'abord à montrer l'absurdité d'une guerre. On se dispute et on tue des hommes par centaines. Des hommes qui, eux, ne sont pas responsables des disputes entre gouvernements. Outre cela, l'auteur analyse les raisons pour lesquelles d'autres guerres sont possibles: l'oubli étant la plus importante.

Ensuite, Christian Marcon nous raconte la vie d'un petit village à cette époque. En effet, malgré la guerre, la vie continue. Les gens ont encore la force de se préoccuper de cancaner et de juger la conduite de l'une des leurs. Je pense à Eulalie, la soeur de Julien, décriée parce qu'elle est en ménage avec un homme plus vieux qu'elle, alors que son mari a été tué au front. Même dans sa propre famille, on la juge mal. J'ai d'ailleurs été déçue que les rôles soient si tranchés: les hommes la comprennent alors que les femmes la condamnent.

Certains diront que mis à part ces thèmes, très bien exploités, l'histoire est un peu légère. Soit, mais j'ai aimé cette légèreté, cet espoir au milieu du malheur.
Julien est peut-être un peu trop parfait, mais il est crédible.

L'histoire d'amour est sûrement ce qui m'a fait le plus tiquer. Elle commence par un coup de foudre... Plus tard, ce malaise a été renforcé par le fait qu'un autre rencontre celle qu'aime Julien, et tombe amoureux d'elle en quelques heures. Cela s'explique par sa solitude, ce qu'il a vécu, sa tristesse en amour. Mais c'est quand même très gros.

Éditeur: Gérard Tisserand.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Brigitte Bordron pour l'association Valentin Haüy.
Je n'ai pas l'orthographe exacte du nom de la lectrice, je lui présente donc mes excuses si celui-ci est mal écrit.
La lectrice a une voix un peu grave. En général, je n'aime pas trop que les lectrices aient la voix grave, mais là, cela ne m'a pas dérangée. Son interprétation est sobre sans être monotone.

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