Garden of love

L'ouvrage:
Alexandre Astrid est policier. Un jour, il reçoit un manuscrit. Cela raconte une amitié destructrice entre deux adolescents, l'histoire d'un garçonnet qui adorait sa soeur, l'histoire d'un couple et de sa rencontre...
Alexandre connaît en partie cette histoire. Il sait en distinguer le vrai du faux. Mais pourquoi Edouard Dayms, l'homme qu'il a longtemps traqué, lui a-t-il envoyé cela?

Critique:
La construction de ce livre est quelque peu déroutante. On finit par la comprendre vers le chapitre 5 (les chapitres sont courts).
Outre cette construction, le lecteur doit distinguer le vrai du faux dans le manuscrit envoyé par Edouard Dayms. Il y sera aidé par l'histoire que raconte Alexandre, mais là encore, il est dérouté, car certains détails sont employés différemment selon qu'on est dans le manuscrit ou dans ce qui a été vécu. Tout est étroitement mêlé.

À un moment, j'ai pensé que la construction et l'entrelacs vrai/faux était la poudre aux yeux qui cachait une intrigue médiocre. En effet, on sait déjà ce qui s'est passé, tout est terminé, et Alexandre ne fait que plonger dans ses souvenirs. En fait, il ne faut pas lire ce livre comme un polar. C'est l'erreur que j'ai faite, au départ. Pour moi, c'est plutôt un jeu de pistes, et une étude psychologique. Toute la perversité de la personne qui manipule son monde est peu à peu dévoilée. Le lecteur sera également frappé, et un peu écoeuré, par la fascination qu'Edouard exerça sur Alexandre. J'ai trouvé ça un peu gros. Alexandre connaît déjà ce monde glauque et lugubre, il a déjà dû rencontrer des Edouard Dayms au long de ses enquêtes... C'est le thème du bien fasciné par le mal ou quelque chose de ce genre... j'ai trouvé cela peu crédible.

Si on peut comprendre pourquoi Edouard en est arrivé là, si l'explication psychologique est plausible, elle m'a paru un peu facile... Il me semble que ce genre de ficelle a été maintes fois utilisée. Elle n'en reste pas moins réaliste.

La psychologie d'Alexandre est également intéressante. Il est complexe: à la fois sympathique et antipathique au lecteur. J'avoue l'avoir plus blâmé que plaint. Mais il passera le reste de sa vie à expier, et contera son histoire sans complaisance. Là encore, les thèmes m'ont paru un peu fades, car beaucoup utilisés, et pas tellement renouvelés ici.

La toute fin est une note d'espoir. Alexandre doit accomplir une espèce de geste symbolique, qui est un peu une catharsis. Peut-être va-t-il pouvoir se construire une nouvelle vie avec de nouveaux objectifs (pas si nouveaux que ça, finalement)...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre, édité par les éditions Gallimard, m'a été offert par la librairie Dialogues dans le cadre d'un partenariat.

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