Auteur : MacDonald Patricia

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jeudi, 22 mars 2012

Le poids des mensonges, de Patricia Macdonald.

Le poids des mensonges

L'ouvrage:
Noah et Caitlin Eckert sont mariés depuis deux ans. Ils aiment tendrement Jordy, le fils de Noah et de sa première femme.
Un matin, Caitlin emmène le garçonnet à l'école. C'est là qu'il disparaît. La famille connaît les affres de l'angoisse, d'autant qu'aucune demande de rançon n'est faite.

Critique:
Les romans policiers de Patricia Macdonald sont classiques. Cependant, pour la plupart d'entre eux, elle entremêle ficelles attendues et rebondissements, ce qui fait qu'on ne tombe généralement pas dans l'ennui. Ce roman fait partie de ceux qui m'ont plu.

Comme à son habitude, elle ne se contente pas de brosser à grands traits d'inconsistants personnages. Leur psychologie est intéressantes, leurs motivations sont compréhensibles.
L'auteur démarre avec un événement dont n'importe qui comprendra l'impact sur la famille. Il est très facile d'imaginer la douleur de ce couple qui ne sait pas ce qu'est devenu son enfant, qui n'a aucune prise sur ce qui arrive.

Ensuite, je me suis interrogée: comment la romancière allait-elle remplir les pages qui me sépareraient de la fin? En effet, dans ce genre de romans, on sait qu'on ne connaîtra la vérité qu'à la fin. Heureusement, elle évite les lenteurs. Il y en a bien quelques-unes, mais elles ne sont pas nombreuses. Elle commence par relancer l'attention du lecteur en dévoilant quelque chose qu'il avait deviné depuis le premier chapitre. Au moins, ai-je pensé, elle ne prend pas le lecteur pour un idiot, et ne retarde pas trop cette révélation qu'il a devinée. Cela lui permet de montrer le caractère de Noah et de Caitlin. Là encore, le lecteur comprendra pourquoi l'un des personnages s'est d'abord tu, et pourquoi l'autre se laisse guider par sa colère et son désespoir.
D'autre part, même si le lecteur avait deviné ce pan de l'histoire, la romancière change quelque peu la donne en introduisant un élément qu'il était impossible d'imaginer au départ.

Après cela, Caitlin commence à soupçonner certaines choses... Là encore, le lecteur suivra ses péripéties avec intérêt. J'ai été reconnaissante à l'auteur de frôler certains écueils, mais de les éviter. Par exemple, elle ne jette pas un faux coupable en pâture au lecteur, pour ensuite lui désigner le vrai. Elle fait autre chose qui est plus fin. Certes, j'avais deviné ce tour de passe passe, mais j'ai trouvé que cela avait été bien fait.

Patricia Macdonald a créé un rebondissement quelque peu dangereux, car il est à double-tranchant. Il relance l'attention du lecteur, soit. Mais si celui-ci a déjà deviné certaines choses (ce qui était mon cas), ce coup de théâtre est un indice supplémentaire qui montre que les suppositions sont justes.

Certains thèmes sont abordés de manière intelligente. Par exemple, Caitlin est victime de préjugés à cause de son passé et du fait qu'elle n'est pas la mère de Jordy, et elle finit par soupçonner arbitrairement quelqu'un sous prétexte qu'il est homosexuel. Le thème du pardon et des circonstances entourant les événement est également intéressant. L'auteur n'exhorte pas tout le monde à s'aimer et à se pardonner.

J'ai deviné toute l'histoire à partir du moment où Travis râle à propos du ratissage des feuilles. Je m'étais simplement trompée sur un détail. Il y a plusieurs raisons à cela: d'abord, je commence à connaître Patricia Macdonald, et je sais décrypter les indices qu'elle disperse, mine de rien, en faisant comme s'ils n'étaient pas importants. Ensuite, ce thème commence à être beaucoup exploité par divers auteurs, ce qui fait qu'on y pensera assez vite. Cela n'a pas gâché ma lecture, parce que les événements s'enchaînent assez vite, que les personnages sont attachants, et que tout est crédible.

Je me souviens que j'avais trouvée un peu tirée par les cheveux l'attitude d'un personnage dans un roman de Linwood Barclay, attitude sur laquelle reposait l'intrigue. Ici, tout s'est enclenché à cause du même genre d'attitude, et j'ai trouvé cela bien plus crédible que dans le roman de Linwood Barclay.

Attention! Ne lisez pas ce paragraphe si vous n'avez pas lu le roman.
L'auteur explique bien que personne ne soupçonnait rien. C'est crédible concernant presque tout le monde. En effet, les pervers savent dissimuler, les enfants sont effrayé et ont honte. Seulement, je trouve un peu gros que Paula et Emily n'aient absolument rien vu. C'est possible, mais moins crédible que pour les autres. Être quotidiennement aussi proche d'un individu de cet acabit, et ne jamais se douter de rien... cela m'étonne. C'est d'ailleurs pour ça que je pensais qu'Emily avait, elle aussi, subi cela dans son enfance.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Philippe Lachaud.
Ce livre m'a été offert par les éditions Albin Michel

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mardi, 6 mars 2012

Petite soeur, de Patricia Macdonald.

Petite soeur

L'ouvrage:
Beth vit à Philadelphie. Elle est coupée de son père et de sa soeur, Francie, depuis plusieurs années. Elle ne s'est jamais bien entendue avec son père, et connaît peu Francie, qui était très jeune, au moment de son départ.
Un jour, Beth apprend que son père est mort d'une crise cardiaque. Elle doit retourner dans la petite ville où elle a passé son enfance pour l'enterrement. Sa «rencontre» avec Francie ne sera pas vraiment cordiale.

Critique:
En général, Patricia Macdonald écrit des romans où l'énigme domine sur la psychologie des personnages. Elle se sert de la psychologie pour son énigme. Dans ce roman (qui est l'un de ses premiers), elle fait le contraire. Il y a bien quelques petites énigmes, mais l'auteur s'attache surtout à analyser ses personnages. Je trouve que c'est très bien. Cela change un peu de ce qu'on voit d'habitude, cela démarque ce roman. En outre, les personnages sont bien analysés, surtout Beth et Francie.
L'une des énigmes est un peu faciles. Je m'étais fait piéger, mais je trouve quand même que c'est un peu déloyal d'attraper le lecteur avec cette ficelle. Remarque, c'est le lecteur qui imaginera, l'auteur ne fait que disperser de menus indices, et jouer avec un certain a priori qu'aura fatalement le lecteur. La ficelle est bien utilisée, mais un peu facile.
L'auteur parvient à ne pas faire de remplissage, et à doser ses effets.
Il est peut-être un peu gros que Francie et Gina s'attachent si vite l'une à l'autre, mais cela s'est déjà vu.

C'est sûrement Francie qui attirera le plus la sympathie du lecteur. Sa psychologie est assez simple, et pourtant, tellement réaliste! Elle est jeune, a besoin de protection. Elle vient de perdre celui qui l'aimait le plus. Elle voit débarquer une étrangère qui ne s'est jamais donné la peine de prendre de ses nouvelles, et qui n'est pas très chaleureuse... il est normal qu'elle se braque, et se montre désagréable. Il est également logique qu'elle ait voulu être la petite amie d'Andrew. À ce moment-là, elle avait encore son père, mais apparemment, elle a toujours été un peu effacée, n'a pas réellement d'amis. Elle se rapproche d'Andrew plus par désœuvrement que par réel intérêt, au départ.

Quant à Beth, elle est très froide. On peut la comprendre: elle ne s'est jamais entendue avec son père, elle adorait sa mère et n'accepte pas sa mort, et sa petite vie est perturbée par ce qui lui arrive. Cependant, elle ne fait pas preuve d'empathie. On comprend qu'elle soit désorientée, mais son espèce de colère permanente est assez agaçante. En outre, elle est facilement injuste avec tout le monde. Elle paraît insensible. Elle ne l'est pas, mais elle est beaucoup moins «abordable» que Francie.

Mike est un peu trop parfait pour être vraisemblable. Cela fait un gros contraste avec Beth. Si cela m'a un peu gênée au début, j'ai fini par m'en accommoder.

Concernant Andrew, je ne sais pas si sa psychologie est bien creusée. Sa personnalité est bien montrée, en tout cas. D'un autre côté, il n'est pas si simple de creuser un tel personnage.

Éditeur: éditions de la Seine.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Evelyne Rochat pour la Bibliothèque Sonore Romande.
Cela faisait un moment que je n'avais pas entendu Evelyne Rochat. J'avais oublié qu'elle prononçait les noms anglophones exactement comme j'aime, c'est-à-dire qu'elle n'essaie pas de faire un accent, et prononce les noms de manière naturelle. Elle prononce juste «Andrew» de manière un peu étrange, mais cela ne m'a pas trop gênée.

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jeudi, 22 décembre 2011

Une nuit sur la mer, de Patricia Macdonald.

Une nuit sur la mer

L'ouvrage:
Shelby Sloan a quarante-deux ans, et a une bonne situation.
Cette semaine, sa fille, Chloé, et son mari, Rob, partent en croisière. C'est Shelby qui la leur a offerte. C'est elle qui gardera leur fils, Jeremy, pendant ce temps.
À trois jours de la fin de la croisière, Shelby reçoit un appel désespéré de Rob: Chloé a disparu. On pense qu'elle est tombée par-dessus bord.

Critique:
Après plusieurs déceptions, puis une bonne surprise avec «Une mère sous influence», voilà que j'ai encore été agréablement étonnée par Patricia Macdonald. Bien sûr, elle écrit des polars pas forcément très palpitants, mais elle sait renouveler le classique.

Dans ce roman, elle crée des personnages sympathiques, dans l'univers desquels on a tout de suite envie d'entrer. Shelby est attachante, mais l'auteur ne l'a pas inventée parfaite, ce qui m'aurait tapé sur les nerfs. C'est pareil pour Chloé, Rob, et Glenn.

Malgré sa disparition, Chloé continue d'être une énigme et une source de découvertes pour Shelby, et donc, pour le lecteur. J'avoue qu'elle ne m'a pas été forcément sympathique. Son sentiment d'insécurité permanent, sa compétition (consciente ou non) avec Liana, sa façon d'être avec Shelby, son incapacité à gérer certains problèmes, et à se confier à sa mère... tout cela réuni m'a agacée. Pourtant, c'est un personnage attendrissant, compréhensible, et dans le fond, très fragile psychologiquement. Toutes ses espèces de névroses sont expliquées par l'auteur. Il n'y a rien à redire: Chloé est un personnage qui a du corps. C'est seulement moi qui ai été agacée par elle.

J'ai aimé le flou qui plane un moment autour de Rob:. Il n'est pas vraiment soupçonné (donc l'auteur n'y va pas avec de gros sabots), mais Shelby, bouleversée, ne sait plus quoi penser. Toutes ses réactions ainsi que celles de Shelby à son propos sont compréhensibles, et le lecteur ressent bien comment et pourquoi l'une est perdue, et l'autre est triste et furieux.

J'ai bien aimé Glenn. C'est le personnage un peu atypique, celui qu'on ne pourra s'empêcher de remarquer. On dirait un éternel adolescent, mais il semble aussi très généreux.
J'ai eu plus de mal avec Talia. Je n'ai pas vraiment réussi à comprendre l'attachement indéfectible qu'elle vouait à sa mère, au point d'en oublier tout le reste, d'en être insensible à la souffrance d'autrui.
Je n'ai pas non plus accroché avec Liana. Elle n'a rien de spécialement terrible... dans les deux sens du terme. Magnifiée par Chloé, adulée par Harris, gentille avec tous... je l'ai trouvée fade.
Je lui ai préféré son mari...

L'auteur parvient à nouer une intrigue solide, avec des rebondissements assez inattendus et pas trop tirés par les cheveux. Elle ne nous traîne pas de fausses pistes en fausses pistes, ne brandit pas d'énormes ficelles racornies. Mais c'est surtout sa psychologie des personnages que je trouve particulièrement réussie. Ils méritent tous qu'on les observe, qu'on s'attarde sur leurs sentiments et leurs réactions. La disparition de Chloé fait resurgir des choses, fait qu'un fragile équilibre se brise. Mais finalement, il fallait peut-être cela, et les blessures qui en ont découlé pour que cette famille se déchire, puis tente de se réparer, comprenne quels liens l'unissent vraiment. Une tornade force certains de ses membres à se mettre à nu, et ce n'est pas plus mal.

La psychologie de la personne coupable est très intéressante. J'aurais d'ailleurs aimé que l'auteur la creusât davantage. Avec ce qu'elle en dit, on comprend très bien ce qui s'est passé, mais j'ai du mal à croire que cette personne ait franchi si aisément la frontière entre le bien et le mal. Il fallait un coupable à Patricia Macdonald, et en plus, un coupable que le lecteur ne soupçonnerait pas, soit. Mais j'aurais aimé que le «passage» du bien au mal (je n'ai pas d'autres façons de le dire) soit moins brutal, explicité de manière plus approfondie, même si j'en ai compris la raison la plus évidente...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marc Hamon et Isabelle Miller pour les éditions VDB.
Isabelle Miller interprète aussi bien que d'habitude. Elle parvient à jouer la mère éplorée sans trop en faire, avec la dose nécessaire de larmes et de rancoeur dans la voix.
Quant à Marc Hamon, je l'ai trouvé un peu mal à l'aise, au début, mais je pense que c'est une bonne recrue. Il réussit à allier jeu et sobriété.

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jeudi, 11 août 2011

Une mère sous influence, de Patricia Macdonald.

Une mère sous influence

L'ouvrage:
Morgane Adder se rend au baptême de Drew, le fils de sa meilleure amie, Claire. Elle trouve celle-ci profondément déprimée. En effet, depuis que Drew est né, Claire ne parvient pas à l'apaiser.
Pendant le baptême, un scandale éclate: la fille de Guy, Eden, débarque. Claire ignorait son existence.
Quelques jours plus tard, Morgane reçoit un appel désespéré de son amie: Guy et Drew sont morts... c'est elle qui les a tués.

Critique:
J'avais juré de ne pas lire d'autres Patricia Macdonald, après mes deux déceptions. Mais le résumé de ce livre m'intéressait, et je me suis souvenue des livres de cet auteur que j'avais aimés.

J'ai eu raison de lire celui-là. Si le livre reste dans la catégorie des polars que j'appelle classiques, il est bien ficelé. Le lecteur sait tout de suite que Claire n'a pas tué, mais l'auteur a été plus fine que dans certains autres romans, et on se demande comment les événements ont pu se dérouler. La solution est cohérente.

Il y a des rebondissements dont certains sont peut-être un peu attendus, mais ils arrivent au bon moment, et sont appropriés. On ne se traîne pas pendant des pages et des pages, à s'agacer parce que l'auteur piétine. Non. Ici, elle fait avancer son intrigue comme il faut.
La façon dont Morgane découvre les différentes clés de l'énigme n'est pas extravagante.
J'avais soupçonné la personne coupable à un moment. Malgré cela, l'auteur n'en fait pas trop, et tout est plausible, donc je ne lui en veux pas.
D'autre part, elle n'abreuve pas son lecteur de fausses pistes. Le roman est construit autrement, et c'est bien mieux.

La psychologie des personnages est assez creusée pour que tout se tienne. L'auteur insiste sur la dépression de Claire, mais je n'ai pas trouvé ça lourd. Au contraire, j'ai pensé que l'auteur creusait son personnage, expliquait son état et ses raisons.
Quant à Morgane, elle n'est pas une insipide gourde. Elle semble peut-être un peu trop parfaite, mais elle n'est ni niaise ni prétentieuse, donc ça va.
Ici, on ne trouve pas de méchants qui sont seulement méchants. Les motivations des uns et des autres sont plus complexes. Bien sûr, il y a des personnes peu aimables, mais rien n'est manichéen.

L'histoire d'amour n'est pas aussi invraisemblable que dans certains romans du genre. Bien sûr, on retrouve le gentil héros qui sauve sa belle, mais tout est moins tiré par les cheveux que dans d'autres romans de l'auteur. En outre, le couple ne se forme pas tout de suite.

Patricia Macdonald a introduit une originalité dans son roman: le personnage de l'avocate de Claire. C'est une bête de travail, comme le sont souvent les avocats dans les livres, mais elle est assez loufoque, et a des pratiques peu habituelles. C'est rafraîchissant.

Remarque annexe:
La grand-mère d'Eden s'appelle Ellen. En français, la prononciation est ressemblante. Les comédiens ne se sont pas trompés, alors que les deux prénoms étaient parfois employés dans les même passages.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Muranyi Kovacs et José Heuzé pour les éditions VDB.
J'apprécie ces deux comédiens qui jouent sans trop cabotiner. Dans ce roman, ils ont particulièrement bien joué. Par exemple, Muranyi Kovacs a su pleurer sans trop en faire. Elle a également su faire un petit accent naturel pour Astrid. En outre, ils n'ont pas tenté de prononcer les noms anglophones avec un horrible accent anglais.
Quant à José Heuzé, j'ai été contente de l'entendre... cela faisait un moment: sa voix et son jeu me manquaient.
Il y a juste une incohérence. Quand Eden arrive, l'auteur précise qu'elle a un accent du Sud. Du coup, la comédienne commence par lui faire un accent du Midi de la France, puis un accent racaille. Or, l'auteur étant américaine, il est évident qu'Eden vient du Sud des États-Unis, ce qui est confirmé par la suite.

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vendredi, 20 mai 2011

J'ai épousé un inconnu, de Patricia Macdonald.

J'ai épousé un inconnu

L'ouvrage:
Emma et David se connaissent depuis quelques mois. Ils ont eu le coup de foudre. Aujourd'hui, ils se marient. C'est le plus beau jour de la vie d'Emma.

Son beau rêve s'écroule lorsqu'elle est agressée, dans le chalet de l'oncle de David, où les jeunes mariés passent leur lune de miel. La police soupçonne aussitôt David, qui n'était pas là lors de l'agression, et qu'on a retrouvé dans les bois, peu après.

Critique:
J'avais décidé de ne plus lire de romans de Patricia Macdonald, car je trouvais qu'elle se rapprochait dangereusement de Mary Higgins Clark. Pourtant, dans les commentaires de ma critique de «Rapt de nuit», quelqu'un m'a dit que si «Rapt de nuit» n'était pas bien, «J'ai épousé un inconnu» était vraiment très bien. J'ai donc tenté l'aventure.
Mal m'en a pris! Quoi de plus classique, voire remâché, que l'intrigue? Bien sûr, il y a un rebondissement (un seul), mais outre qu'il se fait attendre (et que le lecteur se traîne péniblement d'agressions en découvertes macabres qui ne lui apportent rien, car il sait dès le début que quelqu'un en veut à la vie d'Emma), il est des plus communs. Je m'étais d'ailleurs doutée de quelque chose. Cet ingrédient a été utilisé à maintes reprises, et a perdu de sa saveur.
Et puis, le coup de foudre, c'est remâché aussi.

L'auteur nous lance trop vite sur la piste de David, puis elle nous fait soupçonner quelqu'un d'autre, puis la personne que soupçonne David, puis à nouveau David... c'est trop gros, et le lecteur sait très bien qu'il doit chercher le coupable ailleurs. Et puis, cette ficelle est tellement éculée que j'aurais honte de l'utiliser si j'étais l'auteur. Le lecteur sait aussi que quand un auteur répète trop une chose afin de la lui faire entrer dans le crâne, cette chose est souvent fausse. Je ne vous dirai pas quelle était la chose, ici, mais les personnages y font tellement allusion qu'elle m'a paru trop abordée pour être vraie.

Les personnages ne sont pas épais.
Emma est une gourde. Elle montre bien un peu de jugeote lorsqu'elle tente de découvrir d'où vient l'un de ses «cadeaux» de mariage, mais à part ça, elle est plutôt agaçante à pleurnicher et à s'apitoyer sur son sort, à juger les autres sans se regarder. Sa crise quant au contrat de mariage est particulièrement agaçante. Bien sûr, elle fait ce qu'elle veut, mais ce n'était pas la peine de jouer les outragées. Elle n'avait qu'à refuser calmement, point barre.


David n'est pas très épais non plus.

Bref, intrigue insipide, rebondissement attendu, longueurs à foison... je pense que la prochaine fois, je n'écouterai pas ceux qui me diront que tel livre de Patricia Macdonald est bon!

Éditeur: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Fanny Bieber pour la Ligue Braille.
Le seul plaisir que j'ai pris à écouter ce livre a été d'entendre cette lectrice que je ne connaissais pas. Elle a une voix et une façon de lire agréables.

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