Le temps de l'amour

L'ouvrage:
1872.
Alexander Kinross a quitté son pays, l'Ecosse, quinze ans auparavant. Il a amassé une grande fortune. Il demeure en Australie.
Il écrit à son oncle, James Drumond pour lui demander sa fille,Jenny, en mariage. James a renié Alexander, mais celui-ci lui ayant envoyé mille livres pour le voyage et la femme de chambre de la future épousée, l'appât du gain est le clus fort chez James. Jenny étant mariée, il envoie sa fille cadette, Elisabeth, seize ans, en Australie.

Elisabeth a été élevée dans la bigotterie, et dans la peur des foudres paternelles, et de celles de Dieu. Elle ne connaît pas grand-chose de la vie. C'est cette oie blanche que l'on envoie en Australie. C'est cette jeune fille désemparée qui se retrouve devant un inconnu de dix-neuf ans de plus qu'elle. Cet inconnu, à cause de son apparence et de sa barbe, lui évoque le diable.

Il l'épouse le soir même, la couvre de bijoux. Elisabeth n'aime pas les bijoux trop voyants. Elle préfère la simplicité. Elle accomplit son devoir conjugal sans enthousiasme, avec dégoût, même. Alexander ne sait pas éveiller ses sens. Ceci le blesse profondément.

Lorsqu'Elisabeth apprend que son mari continue de voir Ruby, la maîtresse qu'il avait avant son mariage, le fossé se creuse encore entre les époux.

Critique:
Ce livre est un livre d'été. Il nous plonge dans les aventures d'une famille. Il y a beaucoup de rebondissements. C'est une saga qui se respecte. Elle n'est pas trop mièvre, même si le lecteur averti voit venir certaines choses. Nous savons qu'Elisabeth s'éveillera à l'amour. J'ai même su quel homme serait le déclencheur de cela au moment où elle le rencontre. Je dois commencer à bien connaître les codes. Je trouve tout de même que l'éclosion de leur amour arrive un peu tard. On ne les voit pas assez ensemble, à mon goût. Les conditions dans lesquelles ils s'avouent leur amour, font, par contre, tout à fait partie des codes. Peut-être un peu trop, d'ailleurs. Là aussi, je me suis doutée, au moment où l'orage a éclaté, que cela se passerait ainsi.

D'autres choses sortent tout de même des sentiers battus. Par exemple, l'amitié entre Elisabeth et Ruby. Cette amitié dont le lecteur est loin de se douter au début, est raffraîchissante.

Le personnage d'Alexander est à la fois détestable et sympathique. Il s'est fait trop d'idées de son mariage. Il pense que lui, le mâle, le bon amant, saura éveiller les sens d'Elisabeth. N'y arrivant pas, il la dit frigide. C'est simple, comme ça! Ainsi, sa virilité est sauve.
Mais il aime sa femme. Le couple ne se comprend pas, mais Alexander aime sa femme. Mal, mais il l'aime. La façon dont il lui "rend sa liberté" est une preuve de cet amour. Bien sûr, il n'agit pas uniquement pour qu'Elisabeth soit libre de sa vie, mais cela entre dans ses motivations.

Le destin de l'un des personnages est triste. Il laisse un goût d'amertume. Ce personnage, malgré son handicap, avait bien commencé dans la vie. Enfin, aussi bien qu'on le pouvait, dans son cas. Malheureusement, à cause d'un homme égoïste, et même vicieux, ce personnage finit par s'étioler. Si j'ai bien compris, la frustration qui suit son expérience avec cet homme rend cette jeune fille méchante, car insatisfaite. On est donc obligé de l'éloigner de quelqu'un qu'elle pourrait finir par tuer. Cet exil doit être la goutte d'eau. Pauvre petite fille.
Quelque chose me laisse néanmoins perplexe. Une jeune fille de treize ans est-elle assez mature sexuellement pour ressentir du plaisir à faire l'amour?

Je ne peux pas parler de tous les personnages, de peur de trop en dévoiler.
Si vous aimez les grandes histoires familiales, vous aimerez ce roman.

Petit jeu qui ne fait rire que moi: saurez-vous retenir les prénoms des sept soeurs Wong?

Éditeur: Presses de la cité.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Danielle Piette pour la Ligue braille.

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