L'aquarium

L'ouvrage:
Lors d'un repas entre voisins, Constantin annonce à la cantonnade que sa petite famille partira aux îles Fiji, cet été-là. La famille n'a pas l'argent pour se permettre un tel voyage. Tatiana, la femme de Constantin, aimerait démentir, mais elle n'y parvient pas. Au fil du temps, Constantin donne de plus en plus de détails, les trois enfants ont hâte... Il décide finalement qu'ils séjourneront dans la cave, afin de maintenir l'illusion auprès des autres.

Critique:
L'idée de départ est originale. L'idée de Constantin pour faire croire au voyage jusqu'au bout était intéressante, car on pouvait s'attendre à ce que la famille, obligée de se côtoyer en vase clos, finisse par être plus soudée ou par se briser. Ces quinze jours sont comme une espèce d'épreuve de laquelle chacun sortira changé, au cours de laquelle chacun sera confronté aux autres et à lui-même.
L'idée est bonne, mais elle n'est pas nouvelle. Cela ne serait pas grave si elle était correctement exploitée. Ici, on devine trop de choses dès le départ pour être vraiment surpris par ce que chaque personnage finit par montrer.

En outre, aucun personnage n'est vraiment sympathique, à part Vladimir. Constantin est profondément perturbé, et ce depuis longtemps. Tatiana est velléitaire. Elle a le bon sens de se le reprocher, mais cela vient un peu tard. Elle sait bien qu'elle aurait dû agir autrement, mais elle n'a su que le penser. Violette est assez terne. On peut supposer que son sommeil quasi perpétuel est une fuite: elle ressent inconsciemment le malaise de sa famille. Ensuite, elle se révèle sympathique, mais un peu plate. Quant à Kevin, c'est peut-être celui qui mûrit le plus. Il ne reste pas centré sur lui-même, et finit par se débrouiller pour s'en sortir.

La fin m'a déçue. D'abord, je voyais venir gros comme une maison le «coup de théâtre» qui, du coup, n'en était pas un pour moi. Cela peut être une bonne idée, mais c'est beaucoup trop prévisible. On me dira que l'auteur se devait de finir sur un rebondissement, mais je pense que cela n'était pas obligatoire, surtout que ce rebondissement a gâché ma lecture tant il est convenu.
D'autre part, la toute fin laisse le lecteur avec une foule de questions. Il y a des romans où c'est une bonne chose, ici, non. On a l'impression que l'auteur ne savait pas trop comment s'en sortir, alors, elle ne s'en est pas sortie. Elle n'a rien expliqué.

Ma bibliothèque classe ce roman à «humour-satire». N'ayant pas ri du tout, n'ayant pas vu de quoi l'auteur voulait se moquer (De ceux qui ne jurent que par le paraître?), je n'ai sûrement rien compris...

Éditeur: Plaisir de lire.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Nicollerat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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