À marée basse

L'ouvrage:
Miles O'Malley a treize ans. Il est passionné par la flore et la faune marine. Cet été-là, il découvre un calmar géant. C'est alors que les médias s'emparent de l'affaire. Miles s'en fiche un peu. Il est davantage préoccupé par l'éventuel divorce de ses parents, par la santé de sa meilleure amie, et par son amour transi pour Angie, son ancienne baby-sitter.

Critique:
Ce livre est un coup de coeur.
L'auteur sait planter un décor, distiller une ambiance estivale. C'est aussi une ode à la faune et à la flore marine. À travers Miles, ses connaissances, sa sagesse, le lecteur en apprend plus sur la mer tout en se divertissant. Je ne savais pas tout ça. Comme les informations sont données par le garçonnet, rien n'est pompeux ni jargonnant.
Malgré la gravité de certains événements qui se déroulent, j'ai ressenti un grand bien-être à la lecture de ce roman. À l'image de la mer, il nous raconte la vie et ses cycles. On s'aime, on se quitte, on meurt... Pour le lecteur, c'est normal; pour Miles, c'est comme un parcours initiatique. En effet, l'été de ses treize ans est décisif, car beaucoup de choses importantes lui arrivent.

Cette espèce de calme vient sûrement principalement du personnage de Miles. Adulte prisonnier dans un corps d'enfant (dixit son père)? Enfant surdoué? Je dirais plutôt amoureux et respectueux de la nature. Je dirais qu'il sait écouter la mer ainsi que les conseils qu'ont donné d'autres avant qu'il soit là. L'attitude légère de ses parents contribue peut-être aussi au fait qu'il soit si mature. Il comprend même le ridicule et la bêtise du blocage que son père fait sur les grandes tailles.
Le lecteur pourrait être surpris par ce petit garçon qui se préoccupe du sort d'une vieille amie malade, et de celui des créatures marines. Cet enfant qui n'est pas pourri par le monde de la consommation, qui voit où est l'essentiel, qui ne se monte pas la tête parce qu'il passe à la télé (ça l'agace, même), c'est comme une bouffée d'oxygène.

À côté de cette gravité, il y a des moments plus légers. Comment ne pas apprécier tout le piquant des conversations entre Miles et Phelbs? Lorsqu'ils parlent de sexe, ils redeviennent des adolescents hésitants: l'un semble intéressé et effrayé, et l'autre paraît avide d'expériences. Et puis, comment ne pas s'esclaffer lorsque Phelbs joue les lourds à propos de la plage qui parle à Miles, ridiculisant ainsi le journaliste qui écrivit cela.
D'ailleurs, le «couple» étrange formé par Miles et Phelbs est assez loufoque. Ils sont très différents, et pourtant, s'entendent bien. Ils semblent être complémentaires. Miles transmet un peu de son savoir à Phelbs (même si celui-ci se moque de lui), et Phelbs intéresse son ami à des choses plus triviales.

Outre Miles, les personnages sont intéressants. Chacun a un style, une manière d'être. Ils ont tous quelque chose à dire.
Après Miles, c'est sûrement Phelbs que je préfère. Pétulant, amusant, ami fidèle, mais aussi rêveur. Hé oui, lui aussi poursuit un idéal.

Éditeur: éditions des Deux Terres.La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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