Jardin des neiges, la samba des diablotins

L'ouvrage:
Roland Lugon Moulin rassemble certains de ses souvenirs dans ce roman qu'il fait se dérouler sur sa dernière saison de patron des jardins des neiges. Les moniteurs qu'il dirige apprennent à skier aux enfants en vacances.
Le narrateur est Johan, son fils de six ans.

Critique:
Voilà un livre plein de bonne humeur. Le lecteur prendra plaisir à suivre cette bande de joyeux lurons qui aiment ce qu'ils font, s'entendent bien, et sont toujours prêts à rire. Bien sûr, ils ne sont pas tous comme ça. Certains moniteurs (ici, ce sont surtout des femmes), ne font pas cela par envie, et cela se voit. Que dire de celle qui fut surnommée Ouaf-ouaf et de ses deux acolytes? J'ai beaucoup aimé la réflexion intérieure du narrateur lorsque l'une d'elles fait sentir son nouveau parfum à la ronde.

D'autre part, l'auteur décrit l'attitude irresponsable de certains parents. Malheureusement, cela ne m'étonne pas. Et pourtant, lorsqu'on lit certaines anecdotes, on ne peut s'empêcher de bondir. Par exemple, les parents qui inscrivent leur enfant uniquement pour s'en débarrasser, et n'hésitent pas à mentir sur son âge, sachant que cela lui sera néfaste.

La plupart du temps, l'atmosphère est quand même à l'amusement, à la gaieté. Même lorsque les monitrices indisciplinées se font rappeler à l'ordre. En effet, c'est souvent assorti de réflexions drôles quant à leur comportement. C'est elle qui sont à l'origine de l'idée d'inventer une gifleuse automatique, idée que j'aime beaucoup! En outre, chacun est toujours prêt à faire une farce aux autres.

N'ayant jamais pris des cours de ski, j'ai apprécié de lire comment se déroulaient certaines séances: comment on débute, etc. J'ai aussi découvert que selon leur niveau d'apprentissage, les enfants étaient classés par couleur. Je me doute que c'est le plus facile pour savoir à quel groupe appartient quel enfant, mais cela m'a un peu agacée.

Il y a un moniteur mexicain qui s'appelle Alin (il doit même y avoir un accent sur le «i»). Alin parle avec un accent très prononcé. L'auteur a choisi d'écrire cet accent, par exemple: «Yé souis content.» Je n'aime pas cette façon de faire, car elle oblige celui qui enregistre le livre à marquer l'accent... Ici, la lectrice le fait, mais elle parvient à ce que ce ne soit pas désagréable.

Éditeur: À la carte.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Noëlle Bardy pour la Bibliothèque Sonore Romande.
Marie-Noëlle Bardy a une voix très sympathique. Sa lecture est fluide. Elle sait jouer sans surjouer.