Le syndrome Copernic

L'ouvrage:
Ce matin-là, Vigo Ravel va chez son psychiatre. En effet, il souffre de schizophrénie, il entend des voix, et voit un psychiatre pour cela.
Alors qu'il va entrer dans l'immeuble où travaille le médecin, il entend une phrase sibylline. Cela l'effraie. Il bat en retraite. A ce moment, l'immeuble explose, victime d'un attentat. Vigo fuit, puis revient sur ses pas. Il voudrait des nouvelles de son psychiatre. On lui apprend qu'il n'y a aucun survivant, et qu'aucun psychiatre ne travaille dans cet immeuble. Vigo se demande si tout cela ne fait pas partie de l'un de ses délires. C'est alors que commence une course-poursuite.

Critique:
J'avais un a priori sur ce livre, car j'ai lu une critique de «Le testament des siècles», et ça ne m'a pas donné envie de découvrir cet auteur. J'ai été agréablement étonnée. Je me suis même surprise, je l'avoue, à me demander: "Bon, alors, quand est-ce que ça va devenir bateau et inintéressant?"

Bien sûr, l'auteur inclut quelques longueurs dans son roman. Mais sa subtilité est que ces longueurs sont les moments où Vigo se demande s'il est en plein délire, si une partie de ce qu'il vit existe, si rien n'est vrai, et donc qui il est, et même où il est vraiment. Le lecteur prend plaisir à se perdre dans les circonvolutions de la tête de ce pauvre Vigo. En outre, comme tout est vu par les yeux de ce personnage, le lecteur est aussi perdu que lui. Il y a tout de même des moments où le lecteur prend de la distance, et ne peut s'empêcher de s'esclaffer à la lecture des suppositions de Vigo qui se croit hors du temps. D'un autre côté, on ne peut que se sentir désolé pour cet homme qui ne peut compter sur rien ni personne.
Le récit est émaillé de certaines des notes prises par Vigo: certaines de ses pensées, des définitions de mots... Cela ajoute également des longueurs, mais ces notes sont des pauses détendantes, des îlots de paix. Elles arrachent le lecteur à l'histoire haletante de Vigo, et lui permettent de souffler tout en lisant des choses divertissantes.

Il est intéressant de se confronter aux théories de l'auteur: un homme "neuf" devient l'opposé de ce qu'il était. Je ne suis pas tout à fait d'accord avec l'auteur. Je ne pense pas que l'amnésie puisse effacer la personnalité de quelqu'un. Mais si on va plus loin, on peut penser que la personnalité première de Vigo a été façonnée, préconditionnée, qu'il a agi ainsi pour faire plaisir à quelqu'un dont je tairai le nom, et que son amnésie l'a libéré de ses chaînes, lui a permis d'être lui-même.

Mis à part l'intérêt que le lecteur éprouve pour les personnages, l'intrigue est bien menée, et ce que nous découvrons est effrayant. Bien sûr, cela ne surprend pas quant à la nature humaine.

Il est, par ailleurs, amusant que le livre contienne 88 chapitres, vous verrez pourquoi en le lisant. Bien sûr, l'auteur l'a fait exprès. Si ça se trouve, il a intercalé les notes de Vigo pour pouvoir arriver à faire 88 chapitres.

Allez, un petit reproche qui m'est habituel: l'histoire d'amour est un peu téléphonée.

Attention: si vous n'avez pas lu le livre, ne lisez pas la phrase suivante!
Quelqu'un pourrait-il me dire si je surinterprète, ou si comme moi, il pense que Vigo est le fils de Farcas? Merci!

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Christian Fromont pour les éditions Audiolib.

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