On Turpentine Lane

L'ouvrage:
Faith Frankel achète la maison du 10 Turpentine Lane. Elle en parle à son petit ami, Stuart, mais celui-ci, parti faire une sorte de voyage spirituel, ne semble pas s'en préoccuper. D'une manière générale, la vie de Faith ne l'intéresse pas.
Le père de la jeune femme s'installe dans un studio, poussé par son envie de peindre.
Beaucoup de choses changent dans la vie de notre héroïne...

Critique:
Voilà un livre léger qui m'a plu. On peut écrire du divertissant et faire quelque chose de drôle (sans lourdeur) et de construit. C'est, à mon avis, ce qu'a fait Elinor Lipman. Certaines choses sont prévisibles, mais bien préparées et amenées. Par exemple, le lecteur (à l'instar de Joël, le frère de Faith) sait très vite qui partagera la vie de la jeune femme. Il aurait même été dommage que cela n'arrive pas. D'ailleurs, j'ai aimé que cela se produise bien avant la fin du roman. Comme je pinaille, j'ai trouvé que le dernier événement du livre était peut-être un peu trop rapide, mais c'était quand même sympathique.

Certains personnages pourraient paraître caricaturaux, comme Stuart. Ce pauvre garçon confit dans son égoïsme, mais pas méchant, fait plutôt rire. Il lui a fallu marcher sur les routes pour apprendre qu'il n'était pas aisé de vivre sans un sou en poche. Il a aussi découvert qu'il était très difficile d'écrire un livre (il écrit ses souvenirs de voyage) sur un Iphone. Cette remarque a provoqué mon hilarité, parce que j'imaginais Stuart tentant de taper frénétiquement ses brillantes considérations à propos de telle ou telle chose sur son téléphone.

La mère de Faith ne peut pas s'empêcher de se mêler de tout, entraînant sa famille à sa suite. Quand c'est elle que le destin frappe, elle est égale à elle-même: femme d'action qui suivra davantage sa colère que l'abattement. Elle est un peu pénible, mais sa manière d'affronter les aléas de la vie (parfois un peu brutale) m'a plu. Sa décision finale déroute Faith, mais elle va bien à cette femme au caractère bien trempé.

Quant au père de la narratrice, il est le seul ont je ne parvenais pas à prévoir le prochain mouvement. Il a un comportement versatile qui devrait lui attirer des soupirs d'exaspération. Cela m'a plutôt fait rire tout en éveillant quelque peu ma compassion. C'est lui qui sème la zizanie, et il se retrouve le dindon de la farce. Bien sûr, j'ai désapprouvé sa conduite, mais je n'ai pu m'empêcher de le plaindre. En outre, à part sa «crise», il reste sympathique.

Cette comédie familiale se complique lorsque l'héroïne trouve d'étranges photos dans son grenier, ce qui la pousse à se demander si un crime n'aurait pas été commis par l'ancienne propriétaire de sa demeure. Malgré la gravité de cette découverte et de certains autres faits inhérents à la maison, Elinor Lipman ne se départit pas de sa plume alerte et caustique. Par exemple, la scène où Anna réintègre son ancien domicile est quelque peu effrayante, mais également cocasse, parce que la vieille femme accuse à tort et à travers, et n'a pas l'air si menaçant.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Mia Barron pour les éditions Dreamscape.

Mia Barron est une comédienne dont j'apprécie le jeu. Ici, elle a pris un pari risqué: modifier sa voix pour beaucoup de personnages. Si cela m'a un peu agacée, j'ai trouvé qu'elle le faisait bien, et que certains changements de voix renforçaient le côté amusant des protagonistes. C'était le cas pour Stuart, Redgi et Anna.

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