Nécropolis Note: Je n'ai pas trouvé l'orthographe de tous les noms propres. N'hésitez pas à me signaler les fautes que j'aurais faites à ce propos.

L'ouvrage:
Paul Konig est médecin légiste en chef de la morgue de New York. Il est brillant. Il est apprécié et craint par certains, envié et détesté par d'autres.
L'un de ses employés, Carl Strang, a commis une faute professionnelle. La politique de la maison, c'est de couvrir la faute. Malgré la pression de l'adjoint au maire, Paul ne le dénoncera pas, et en tant que patron, affrontera les conséquences de cette faute.

D'autre part, Flynn, policier travaillant pour la morgue, a une nouvelle mission pour Paul et lui-même. Il a retrouvé des morceaux de cadavres atrocement mutilés. Il faut les reconstituer, et savoir pourquoi on les a tués avec un tel sadisme.

Paul n'est pas au bout de ses peines. Depuis cinq mois, sa fille, Lolly, vingt-deux ans, a quitté la maison. Avec l'aide du commissaire Francis Haggard, son meilleur ami, il la recherche.

Critique:
C'est l'histoire d'un homme qui a réussi sa vie professionnelle, et totalement raté sa vie familiale. Il a été un mauvais mari, et un mauvais père de bout en bout. Il est totalement responsable de la déchéance de sa fille. Lorsque celle-ci était enfant, il se consacrait entièrement à son travail, et ne la voyait presque jamais.
Ensuite, lorsqu'Ida, son ex-femme est morte, Lolly et Paul n'ont pas su se comprendre. Lolly l'accuse de n'avoir pas tout fait pour sauver Ida. Lolly est complètement perdue. Sa mère, la seule qui la comprenait, est partie, et son père et elle ne savent que s'affronter. Lolly se révolte, crie sa détresse, en s'en allant. Comme le fait remarquer Haggard, elle est majeure. Elle est dans son droit. Mais elle n'est pas armée pour la vie qu'elle va connaître dehors. Les rares fois où le lecteur la voit, ou entend parler d'elle, il se rend compte que c'est une victime. Paul sait bien qu'il n'a pas su élever sa fille. Il se montre odieux envers Haggard qui ne la retrouve pas assez vite, mais c'est avant tout lui-même qu'il flagelle et fustige.
La fin sonne terriblement juste. Paul aura raté sa vie familiale jusqu'au bout. Il sombre dans le désespoir. Seulement, son travail, ce à quoi il s'est toujours donné corps et âme, ce travail qui l'a hapé au point qu'il en néglige sa femme et sa fille, ce travail le sauvera. Il commence par refuser de s'y replonger. Il ne doit pas, il ne peut pas. Pourtant, la vie, et sa passion pour son métier finissent par reprendre le dessus.
La gaieté affichée par Flynn, (qui ne sait rien), à ce moment tranche avec le désespoir de Paul. Le lecteur ressent d'autant plus ce désarroi que Flynn est enjoué.

Les portraits de ce père et de cette fille sont très intéressants. On les comprend, on s'identifie à eux, leur psychologie nous touche.
Seulement, d'autres éléments du roman sont assez dérangeants. Il faut avoir le coeur bien accroché pour lire la description détaillée des cadavres, par exemple.
De plus, je pense que le livre aurait gagné en puissance et en profondeur, s'il y avait moins de gros mots et d'injures. Paul semble habitué à ce qu'on obéisse à ses moindres désirs, et quand tout ne va pas comme il veut, il insulte copieusement ceux qui n'agissent pas comme il l'a dit, et ceux-ci renchérissent. Les bordées d'injures sont trop nombreuses, à mon goût, et gâchent un peu la portée du livre.

C'est un bon livre, mais assez dur à lire. Il décrit sans complaisance une réalité crue, qu'on ne peut ignorer. C'est un livre sombre, où tout ne se termine pas bien, où le sadisme, la corruption, la violence sont décrits dans toute leur noirceur.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par François Berland pour les éditions Livraphone.

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